"C'est le réflexe à prendre après un accrochage", selon cette avocate spécialiste du droit routier français
La vitesse est faible, mais l'impact résonne encore. On vient de vous accrocher par l'arrière en plein milieu d'un rond-point. Avec l'autre conducteur, les regards se croisent et vous vous arrêtez dès que possible.
Les premiers réflexes sont souvent les mêmes : vérifier que tout le monde va bien et inspecter l'état de la voiture. C'est le début d'un marathon administratif parfois laborieux : constat, discussion avec l'assureur, réparation et puis indemnisation. Oui mais voilà, une grosse erreur a été faite au départ de ce marathon.
Laureen Spira, avocate experte du Code de la route, livre au JDN un conseil précieux pour éviter cette grosse erreur - l'avocate parle même de "réflexe" à avoir après un accrochage.

"Il est essentiel de figer la scène", souligne la spécialiste du Code de la route. L'avocate conseille naturellement de prendre des photos, mais pas n'importe lesquelles. Il faut photographier la plaque d'immatriculation de l'autre véhicule, les dégâts sur votre véhicule, ceux de l'autre véhicule, "et surtout l'environnement. C'est que la configuration des lieux est déterminante : travaux, signalisation temporaire, position des panneaux, luminosité, éclairage public." Autant de détails qui, une fois consignés, peuvent peser lourd dans l'examen du dossier.
Mais une image ne suffit pas toujours à dire la vérité d'un choc. Après les photos, ce sont les voix qui prennent le relais. "Recueillir les coordonnées des témoins (nom, prénom et numéro de téléphone) est indispensable", affirme Laureen Spira. Dans un second temps, une attestation de témoin formelle pourra leur être adressée. L'avocate conseille également d'échanger ses coordonnées avec l'autre automobiliste impliqué dans l'accident.
Autre élément important : "de nombreuses personnes pensent qu'elles sont obligées de remplir un constat. C'est faux. Le constat amiable n'est pas une obligation légale. Il est utile lorsque les parties sont d'accord et que la situation est apaisée, mais personne n'est juridiquement contraint de le signer."
Lorsque l'accident est plus grave et qu'il y a des blessés, "la priorité est médicale. On ne déplace pas une personne blessée lorsque les lésions paraissent sérieuses. Les secours doivent intervenir, car manipuler un blessé peut aggraver son état." Les unités médico-judiciaires interviennent dans un second temps pour constater les blessures sur le plan pénal ou indemnitaire.
Laureen Spira donne un dernier conseil : photographier les blessures, y compris leur évolution. "Certaines ecchymoses n'apparaissent que plusieurs jours après l'accident. Ces éléments peuvent être très utiles pour l'indemnisation."