C'est un chiffre qui a fait les gros titres. En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a compté plus de décès que de naissances. Un basculement démographique particulièrement fort dans une commune du littoral. Elle détient le solde naturel le plus faible du pays : quatre fois plus de décès que de naissances.
Un paradoxe pour une ville qui attire chaque année. Rien que durant la saison estivale 2024, 8,5 millions de visiteurs ont foulé ses plages, son centre-ville et son port. Les Sables-d'Olonne, c'est le nom de la ville qui se trouve au pied du classement.
Parlons chiffres. L'année dernière, la Cité du Vendée Globe a enregistré 194 naissances pour 815 décès. Un déficit loin d'être récent. Le basculement a eu lieu entre 1975 et 1982, période où les courbes de naissances et de décès se sont croisées. Mais ce déficit s'est particulièrement accentué au début des années 2000 avec la hausse du taux de mortalité.
Aujourd'hui, ce taux est presque deux fois plus élevé que la moyenne nationale, et le vieillissement de la population locale l'explique en partie : en 2021, 40% des habitants de la commune avaient 65 ans ou plus, contre 21% en France métropolitaine. L'indice de vieillissement (le rapport entre les plus de 65 ans et les moins de 20 ans) atteint 2,66 aux Sables-d'Olonne, soit près de trois fois la moyenne nationale.
S'ajoute un autre handicap : les 25-39 ans ne représentent que 10,4 % de la population locale. Ce faible nombre réduit mécaniquement le potentiel de naissances et accroît le déficit. Reste à comprendre pourquoi les jeunes actifs ne s'installent pas.
C'est que la commune connaît une crise du logement qui freine l'installation des jeunes actifs. La Cité du Vendée Globe compte environ 40% de résidences secondaires, un chiffre qui monte jusqu'à 70% à 75% dans certains secteurs historiques et sur le Remblai. Avec un prix moyen autour de 4 000 euros le mètre carré, les logements locatifs à l'année sont devenus plus rares et plus coûteux.
Les entreprises en subissent aussi les effets : elles peinent à recruter des salariés, faute de logement pour les accueillir. C'est pourquoi la ville met en place diverses mesures, notamment le développement du bail réel solidaire pour inciter à la transformation de résidences secondaires en résidences principales.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, la population sablaise ne faiblit pas ; mieux encore, elle progresse grâce à l'arrivée de nouveaux occupants. Des habitants venant de France et d'ailleurs s'installent dans la cité, mais cette immigration ne résout pas le problème de la natalité : 37% des nouveaux arrivants qui s'installent dans la commune ont 55 ans ou plus.
L'arrivée continue de populations âgées accentue encore la part des seniors au sein de la commune, augmentant à terme le nombre de décès sans apporter de renouvellement par les naissances.