PME françaises : un bon échantillon ne garantit pas une bonne production en Chine

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PME françaises : un bon échantillon ne garantit pas une bonne production en Chine

Une PME française cherche un nouveau produit en Chine. Elle trouve plusieurs fournisseurs, demande des échantillons, compare les prix, teste les produits et finit par en valider un.

À ce moment-là, le dirigeant pense souvent que le plus difficile est fait.

Le produit est bon. Le fournisseur semble sérieux. Le prix est validé.

Il ne reste plus qu’à lancer la commande.

C’est justement là qu’il faut rester attentif.

Un bon échantillon montre que l’usine sait fabriquer une bonne pièce. Il ne prouve pas encore qu’elle saura produire 5 000 ou 20 000 pièces avec la même qualité.

Pour une PME, cette différence est essentielle.

Un échantillon n’est pas une production

Quand une usine chinoise prépare un échantillon pour décrocher un nouveau client, elle peut lui accorder beaucoup d’attention.

La pièce peut être vérifiée plusieurs fois. Une personne expérimentée peut intervenir. Un composant peut être sélectionné avec soin.

Sur quelques pièces, ce travail est relativement simple.

Mais quand la commande démarre réellement, les conditions changent.

Il faut produire vite. Plusieurs opérateurs interviennent. Les matières arrivent par lots. Certains composants viennent d’autres fournisseurs. Il faut respecter les délais et les coûts.

C’est à ce moment que les écarts peuvent apparaître.

La couleur change légèrement. Le poids baisse. Une finition devient moins régulière. Un composant est remplacé. Le packaging évolue.

Rien de spectaculaire.

Mais au final, le produit reçu en France peut être différent de celui qui avait été validé.

C’est particulièrement dangereux pour une PME

Une grande entreprise peut avoir une équipe achat, un ingénieur qualité, un bureau en Chine ou un prestataire qui suit la production.

Une PME française n’a souvent rien de tout cela.

Le dirigeant ou le responsable achats gère déjà dix autres sujets. Il échange avec l’usine par email ou WeChat, reçoit quelques photos et attend la marchandise.

Le problème est simple : quand le conteneur arrive en France, il est souvent trop tard pour corriger facilement.

Retourner plusieurs milliers de pièces en Chine coûte cher. Bloquer une livraison client coûte cher aussi.

C’est pour cela que le contrôle ne doit pas commencer à l’arrivée en France.

Il doit commencer avant et pendant la production.

L’échantillon doit devenir votre référence

Quand un échantillon est validé, il ne faut pas seulement dire à l’usine : « OK, sample approved ».

Il faut garder une référence claire de ce qui a été accepté.

Dimensions, poids, matière, couleur, finition, composants, emballage, fonctionnement.

Plus ces éléments sont précis, moins il y a de place pour l’interprétation.

J’ai déjà expliqué dans une précédente chronique que les incompréhensions avec un fournisseur chinois viennent souvent d’un cahier des charges insuffisamment précis.

Avec une PME, ce problème revient souvent.

Le dirigeant pense avoir été clair.

L’usine pense également avoir compris.

Puis, au moment de la production, on découvre que chacun avait une définition légèrement différente du produit.

Le premier lot est le moment clé

Le meilleur moment pour détecter un problème n’est pas à la fin.

C’est au début de la production.

Les premières pièces montrent rapidement si le produit peut réellement être fabriqué de manière stable.

C’est là que l’on peut voir si une matière pose problème, si une finition est irrégulière ou si un composant ne tient pas les performances attendues.

Pour une PME, faire contrôler le début de production peut éviter une erreur sur plusieurs milliers de pièces.

C’est beaucoup moins coûteux que de découvrir le problème une fois la marchandise livrée en France.

Il faut aussi regarder ce que l’on ne voit pas

Certains produits semblent identiques extérieurement alors que des composants ont changé.

Un moteur, une batterie, une carte électronique, une vis, un tissu ou une matière plastique peuvent être remplacés par une référence moins chère.

Visuellement, l’acheteur ne voit parfois aucune différence.

Mais les performances ou la durée de vie peuvent changer.

C’est pour cela qu’il ne faut pas seulement demander :

« Est-ce que le produit ressemble à l’échantillon ? »

Il faut demander :

« Est-ce que la production utilise exactement les mêmes matériaux et composants que ceux qui ont été validés ? »

Un bon fournisseur doit savoir répéter la qualité

Pour une PME française, le meilleur fournisseur n’est pas celui qui sait fabriquer un très bel échantillon.

C’est celui qui sait reproduire la même qualité commande après commande.

C’est moins spectaculaire.

Mais c’est beaucoup plus important.

Car en sourcing, le vrai défi n’est pas d’obtenir une pièce parfaite.

Le vrai défi est d’obtenir la même pièce parfaite plusieurs milliers de fois.

Agent terrain en Chine depuis 11 ans, Nicolas Allard est les yeux sur place des dirigeants qui font fabriquer loin de chez eux. Il les accompagne avec sa société EasybuyRPC.