Les micro-créateurs sont en train de redessiner l'économie de l'influence

Creative Group

Alors que le marché des créateurs atteint des sommets, une réalité bouscule les idées reçues : la valeur ne se concentre plus chez les stars, mais chez des profils longtemps restés invisibles.

6,9 milliards d’euros. C’est aujourd’hui le poids du marché des créateurs en France. Une croissance de près de 20 % en un an, et une position désormais stratégique à l’échelle européenne. Les chiffres impressionnent, les projections encore plus. Mais derrière cette expansion spectaculaire se cache une réalité bien moins médiatisée, et pourtant essentielle pour comprendre l’avenir de l’influence. Contrairement à l’imaginaire collectif, ce marché n’est pas porté par quelques figures ultra-visibles. Il repose sur une base bien plus large, plus discrète, mais infiniment plus structurante.

Le mythe des créateurs stars

Pendant des années, l’économie de l’influence a été racontée comme une industrie dominée par une poignée de créateurs surmédiatisés. Ceux que l’on invite sur les plateaux, que l’on affiche dans les campagnes et que l’on érige en modèles de réussite. Or les chiffres racontent une autre histoire. Les plus grands créateurs français ne représentent qu’une part marginale de la valeur totale du marché. Cette dissonance révèle une mutation profonde : la notoriété n’est plus synonyme de performance économique. La visibilité ne garantit ni l’impact, ni la conversion, ni la rentabilité.

La création de valeur invisible

La majorité de la valeur est aujourd’hui générée par des créateurs que personne ne médiatise. Des profils situés entre 10 000 et 100 000 abonnés, souvent qualifiés de micro-créateurs, mais qui portent en réalité l’économie sur leurs épaules. Leur force ne réside pas dans la taille de leur audience, mais dans la qualité de la relation qu’ils entretiennent avec leur communauté, fondée sur la proximité, la cohérence et la crédibilité. Ces créateurs s’adressent à des publics engagés, attentifs et prêts à suivre leurs recommandations, ce qui explique leur efficacité auprès des marques.

La logique de système plutôt que de statut

Si les micro-créateurs performent, ce n’est pas par hasard. Leur réussite repose sur un positionnement clair, une production de contenu régulière et une compréhension fine de leur rôle dans l’écosystème. Ils ne cherchent pas à plaire à tous, mais à être utiles à quelqu’un. Ils privilégient la cohérence à la viralité et construisent des dispositifs durables, capables de créer de la valeur dans le temps. Cette approche marque un tournant : l’influence devient une discipline stratégique avant d’être une question de notoriété.

La revalorisation des créateurs dits “petits”

Le terme même de “petit créateur” devient trompeur. Car ce sont précisément ces profils qui font vivre le marché, en assurent la croissance et en renforcent la crédibilité. Ils ne constituent pas une alternative marginale aux grandes figures de l’influence, mais bien le socle économique du secteur. Reconnaître leur rôle implique de repenser la manière dont les marques investissent, collaborent et mesurent la performance, en acceptant que la valeur se construise souvent loin des projecteurs.

L’économie des créateurs repose moins sur quelques stars que sur une multitude de profils engagés, cohérents et structurés. Ceux que l’on appelle encore micro-créateurs ne sont pas en périphérie du système : ils en sont le moteur. Ils démontrent que la valeur ne dépend pas de la taille de l’audience, mais de la confiance construite dans la durée. Et c’est précisément cette dynamique qui redéfinit l’avenir de l’influence.