L’alternative à la protection sociale des indépendants existe : c’est le portage salarial !

Le projet de loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel prévoit d'élargir l'assurance chômage aux travailleurs indépendants dans des conditions très strictes. Mais ces derniers peuvent y avoir droit en optant pour le portage salarial. Un statut peu connu mais qui offre bien des avantages.

Le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel prévoit de renforcer la protection des travailleurs indépendants en cas de perte d’activité, par la mise en place d’un accès aux droits au chômage pour les travailleurs œuvrant sous ce statut. Si cette initiative fait l’unanimité, sa concrétisation s’annonce malheureusement d’ores et déjà complexe et réduite. Faute de financement par la catégorie de travailleurs concernés, elle pèse d’autant plus sur les comptes sociaux et créé probablement une inégalité entre la contribution à la solidarité nationale et son bénéfice.


Face à cette situation, il existe un dispositif encore trop méconnu qui permet d’aller plus loin que les mesures annoncées et pallier le dysfonctionnement engendré : il s ‘agit du portage salarial. En effet, celui-ci peut pleinement apporter sa contribution en permettant de faire évoluer le statut de l’indépendant tel que construit après-guerre (c’est-à-dire sans aucune protection sociale) et le rendre plus désirable par les travailleurs d’aujourd’hui.
Parfaitement encadré par le code du travail depuis 2015 et une convention collective nationale spécifique signée en 2017, le portage salarial instaure une relation tripartite entre un travailleur indépendant (le porté), ses clients et l’entreprise de portage. Ce service d’intermédiation permet ainsi aux travailleurs indépendants de concilier l’autonomie, qui est l’essence même de leur métier, et leur légitime aspiration à la protection sociale.

Le portage salarial, une libération administrative et une arme anti isolement

Quand il choisit d’être "porté", le travailleur indépendant confie sa gestion administrative à une société qui convertit ses revenus commerciaux en salaire. De fait, l’indépendant participe et accède de plein droit à l’ensemble de la protection sociale, dans les mêmes conditions que n’importe quel salarié. Il conserve sa totale autonomie, dans le choix de son activité, son développement, son rythme de travail et bénéficie d’un accompagnement et de services personnalisés, en complément des prestations administratives proposées par sa société de portage.
 
De leur côté, les sociétés de portage offrent de nombreux services pour aider les consultants à développer leur activité. Ce sont notamment des formations (à la prospection, à la négociation, à la communication digitale…), du conseil juridique, des outils (page de présentation personnelle, extranet de gestion…) et un accompagnement administratif, comptable et fiscal. Soulagés de nombreuses tâches périphériques et chronophages, les portés peuvent se concentrer pleinement sur leurs missions.  Parmi ses bénéfices, le portage permet aussi de rompre l’isolement souvent inhérent au travail indépendant. Proposant généralement à leurs consultants des espaces de co-working ou de réunion, les sociétés de portage organisent également des rencontres qui permettent d’échanger avec ses pairs et d’élargir son réseau. 
 
Un modèle de flexisécurité 
 
Pour les indépendants, le portage salarial offre donc à la fois un cadre propice à leur réussite professionnelle et la possibilité de bénéficier de la sécurité et de la protection sociale attachées au statut : prévoyance, sécurité sociale, retraite, assurance chômage... Le système du portage est juste et respectueux de la liberté de chacun. Pour les dizaines de milliers de Français de toutes professions qui ont choisi le portage salarial, la flexisécurité est d’ores et déjà une réalité. 

Plus généralement, le travail indépendant doit être encouragé, tant il est une solution incontestable à la situation de chômage persistante en France. Avec à peine 2,8 millions de travailleurs indépendants, soit moins de 10% de la population active, la France se place parmi les pays d’Europe où cette forme d’emploi est la moins répandue. Difficile de ne pas faire un lien entre cette situation et la saturation de l’emploi salarié engendrée de l’autre côté.
 

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