Impression 3D : l’humain au cœur de l’“additivation” de l’industrie

Le salon 3D Print, qui a accueilli 300 exposants et environ 6000 participants, met en lumière deux choses : un intérêt croissant pour le potentiel des technologies de Fabrication Additive, et un besoin tout aussi croissant en informations de la part des entreprises.

La propagation d’une nouvelle technologie peut être à la fois naturelle au sein de la société, et longue à déployer dans le tissu industriel. Ce n’est en aucun cas une question de conservatisme industriel ou de rigidité structurelle. Pour cause, l’innovation, que ce soit de procédés, de matériaux, de produits, de technique, de technologie… fait partie de la routine des entreprises. Pourtant, face à une innovation aussi transverse que la fabrication additive, des freins apparaissent. Ils ne sont pas psychologiques, la plupart des dirigeants d’entreprise étant désormais conscients de ce que peut leur apporter la 3D, mais organisationnels.

L’impression 3D est utilisée à la fois pour du prototypage, du développement produit, des gains d’efficacité, ou de la réduction de coûts. Plus encore, des prévisions récentes pointent un important changement d’échelle dans l’utilisation des technologies 3D dans les années à venir. Pour autant, le tournant de la fabrication additive est encore complexe à amorcer pour un dirigeant d’entreprise. Ce type de transformation doit en effet s’inscrire dans la dynamique globale de l’entreprise, s’intégrer dans des processus de production, pouvoir être adopté par les équipes… Une somme d’impératifs qui crée une latence dans le déploiement de ces technologies. La gestion de ces problématiques ne peut être confiée qu’à quelqu’un qui en maîtrise les enjeux. Alors comment faire si je ne détiens pas cette compétence ? Faut-il former des personnes en interne ? Si oui, quel profil ? Des opérateurs ? Des managers ? Faut-il plutôt recruter quelqu’un qui a déjà la formation ou l'expérience pour prendre en main cette innovation ?

Le changement de mode de production peut avoir des répercussions sur l’organisation des entreprises, ses processus interne, mais aussi sur la façon de penser des employés En : le développement de l’additive mindset. Face à l’ampleur de ces changements, une question aussi opérationnelle que celle de l’augmentation des compétences peut paraître secondaire, mais elle est en réalité primordiale. Pourquoi ? Précisément parce que l’intégration de la 3D dans une entreprise requiert une stratégie impulsée par une ou plusieurs personnes ayant bénéficié de la formation adéquate. Sans cet état d’esprit, tout porte à croire que les équipes n’adhèreront pas au projet, et donc ne parviendront pas aux résultats visés.

Deux options s’offrent à vous afin d’acquérir les compétences qui vous manquent. La première consiste à recruter quelqu’un qui a une formation et une expérience dans la fabrication additive. Il apportera de la fraîcheur dans vos processus, et sera sûrement un atout pour une révision en profondeur de vos méthodes. Cependant, un tel recrutement vous confrontera à deux enjeux majeurs : développer une connaissance fine des métiers émergents de la 3D et des compétences nécessaires afin de répondre à votre besoin, et impulser l’additive mindset au sein de votre entreprise.

Une seconde option consiste à faire monter en compétence une personne en interne. Cette option n’apportera pas à vos méthodes du "sang neuf", mais un regard neuf. Lors de la mise en place de l’impression 3D, ce que nous avons appelé "l’Additivation", les personnes en charge porteront déjà votre culture d’entreprise.

Ces personnes ne sont pas forcément des cadres, comme ce ne sont pas forcément des techniciens. Une récente étude commanditée par la Fédération de la Plasturgie et des Composites parlait d’un besoin "de 40% pour les niveaux cadres et 60% pour les niveaux techniciens" à horizon 3 ans. Et en première ligne de cette transformation, on trouve les dessinateurs et designers en bureau d'étude, ainsi que les managers. Les premiers doivent connaître les design guides des technologies de fabrication additive et maîtriser les logiciels d'optimisation topologique, tandis que les seconds doivent acquérir la connaissance des technologies, savoir réaliser une étude d'intérêt, un POC ou encore maîtriser les aspects coûts / délais / qualité.

Des entreprises de tailles et de secteurs différents ont mis en place une stratégie d’additivation, et nous apportent des preuves tangibles du succès de la démarche. PSA, fleuron de l’industrie française, constitue un bon exemple. Lorsque la décision a été prise d’intégrer la fabrication additive dans la Direction des services et pièces du groupe, les objectifs étaient à moyen terme de remplacer certaines pièces des stocks au profit d’une fabrication à la demande, de développer de nouveaux produits en minimisant les investissements d’outillage, et de développer des outillages spécifiques pour la réparation automobile. Résultats : des projets ont déjà vu le jour, entraînant des gains multiples (prix, délai, ajout de fonctions…), et une ouverture d’esprit nouvelle sur les possibilités offertes par les technologies 3D.

Ce dernier point est déterminant pour toute entreprise pour qui l’impression 3D est un enjeu. Au-delà des questions de technologie à adopter ou de processus à adapter, ce sont vos ressources qui feront le succès de ce type de transformation. Plus encore, leur donner accès aux compétences qui vous manquent en fera des moteurs de votre entreprise et des sources d’innovation pour l’avenir sur les sujets 3D.

N’attendez plus, investissez dans vos équipes !

Impression 3D : l’humain au cœur de l’“additivation” de l’industrie
Impression 3D : l’humain au cœur de l’“additivation” de l’industrie

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