Un phénomène climatique majeur est en train de se former au cœur du Pacifique. Au cours des prochains mois, il pourrait gagner en intensité, et avec lui, les conditions météorologiques d'une grande partie de la planète pourraient basculer. Dès cet été, certains pays pourraient commencer à en ressentir les effets. Parmi eux, une destination qui attire des millions de touristes. Rien que cette année, plus de 6 millions de Français ont envisagé d'y voyager, selon un sondage Ipsos.
Cette destination, ce sont les États-Unis. Pourquoi faut-il éviter le pays de l'Oncle Sam ? A cause du phénomène El Niño. Tous les deux à sept ans, El Niño perturbe les températures océaniques dans le Pacifique, ce qui dérègle les régimes de vents et de précipitations à l'échelle tropicale puis, par téléconnexions, à l'échelle mondiale. Si ses effets les plus intenses se manifestent généralement en hiver, en saison estivale on peut déjà observer certains phénomènes violents.
La plus redoutable et la principale menace : une recrudescence des ouragans dans le Pacifique central. Lors des épisodes El Niño intenses, les scientifiques observent des niveaux d'activité cyclonique "dramatiquement élevés" dans cette région. Hawaï se retrouve alors directement dans la trajectoire et le Sud-Ouest des États-Unis peut être touché. Quant aux effets plus locaux (sécheresses, feux de forêt, perturbations des précipitations), ils restent difficiles à anticiper avec précision. Mais El Niño peut agir comme une bombe à retardement et déclencher des effets en cascade qui ne toucheront les Etats-Unis que l'été prochain.
Pour l'expliquer simplement, si El Niño peut avoir des conséquences importantes dans un an, c'est parce que ses effets les plus puissants prennent place généralement à l'automne et en hiver dans l'hémisphère Nord. En cette fin d'année, le Nord-Ouest américain pourrait basculer vers des conditions anormalement douces et sèches. Résultat : les précipitations tombent sous forme de pluie plutôt que de neige et l'été prochain, le manque de neige en altitude réduit considérablement le ruissellement et la fonte estivale.
Cela a pour effet de limiter l'approvisionnement en eau, favoriser la sécheresse et le risque d'incendies de forêt. Mais reste que toutes ces menaces ne sont que des probabilités. Il est difficile de prévoir avec précision quels phénomènes météorologiques violents se produiront plusieurs mois à l'avance.
D'autant que les conséquences d'El Niño ne se limitent ni aux États-Unis ni à la seule saison estivale. Ce phénomène agit à l'échelle planétaire en modifiant les échanges de chaleur entre l'océan et l'atmosphère. Une fois installé, ses effets peuvent se faire sentir pendant plusieurs mois, voire plus d'un an, et tendent souvent à se renforcer à mesure que l'épisode atteint son pic d'intensité, entre la fin de l'automne et l'hiver. Et cette année, des agences climatiques l'annoncent : cet épisode d'El Niño pourrait être l'un des plus violents depuis 70 ans.