Que ce soit pour le chauffage, la cuisine ou pour avoir de l'eau chaude, 10,34 millions de foyers utilisent du gaz quotidiennement en France. Autant de familles qui vont bientôt voir leur facture s'alourdir. Selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), un ménage consomme en moyenne 9 112 kilowattheures (KWh) de gaz par an. Avec une telle consommation, la facture annuelle des abonnés au gaz s'élevait en moyenne à 1 418 euros en 2025.

Cependant, ce montant va de nouveau bondir à partir de juillet. Les différents fournisseurs de gaz, comme EDF, Engie, Total Energies, ou Eni, viennent d'avertir leurs clients par courrier : "la CRE a augmenté le prix repère du gaz de 7,4% au 1ᵉʳ juillet 2026". Ce dernier est passé de 152,86 euros à 164,21 euros TTC par mégawattheure (MWh). Deux facteurs sont à l'origine de cette hausse. D'une part, le prix du gaz sur le marché international a progressé sous l'effet des récentes tensions géopolitiques. D'autre part, le tarif de distribution du gaz a grimpé de 5,87% au 1ᵉʳ juillet dernier.

En clair, tous les ménages qui disposent d'une offre d'abonnement au gaz dont le prix est indexé sur le prix repère calculé par la CRE, soit 6 consommateurs sur 10, vont voir leur facture augmenter à la fin du mois. Toutefois, les ménages qui ont souscrit une offre à prix fixe, soit environ 40% des consommateurs de gaz, ne seront pas épargnés. Ils subiront quand même la hausse du tarif d'acheminement du gaz puisque cette dernière fait bondir le coût de l'abonnement au gaz. En effet, les offres à prix fixe protègent les consommateurs face aux variations du prix du gaz sur le marché, mais pas contre l'augmentation du tarif de l'abonnement. D'après la CRE, "la facture annuelle d'un foyer chauffé au gaz atteint désormais près de 1 790 euros, soit environ 280 euros de plus qu'à la même période l'an dernier".

Cette hausse n'est pas inédite. Les taxes et autres contributions, qui viennent gonfler le coût de l'abonnement au gaz, ne cessent de croître et représentent désormais près d'un tiers du montant total de la facture annuelle des consommateurs. Au 1ᵉʳ janvier 2024, le gouvernement a par exemple doublé la taxe d'accise sur le gaz, qui est passée de 8,37 euros à 16,37 euros par MWh.

Autre décision ayant engendré une augmentation du tarif des abonnements au gaz : un décret gouvernemental, publié en début d'année, impose une hausse de 27% du montant total des certificats d'économies d'énergie (CEE) que les fournisseurs d'électricité et de gaz doivent financer. Le système des CEE oblige les fournisseurs d'énergie à financer des actions favorisant les économies d'énergie, ce qui signifie que des entreprises comme EDF, Engie ou TotalEnergies sont contraintes d'aider l'État à financer des dispositifs tels que Ma Prime Rénov.

Avec ce décret, le gouvernement impose aux fournisseurs d'énergie d'augmenter leur contribution financière. Contribution que les entreprises du secteur répercutent sur le prix de l'abonnement au gaz. Selon une étude réalisée par l'association de défense des consommateurs Que Choisir Ensemble, l'entrée en vigueur du décret a engendré une hausse d'environ 50 euros sur le prix de l'abonnement annuel au gaz.

De plus, les frais d'acheminement du gaz et les coûts d'entretien du réseau ont également explosé ces dernières années. "Ils ont progressé de 40% entre 2016 et 2025", affirme la CRE. Le tarif de l'acheminement du gaz a par exemple bondi de 27,5% en juillet 2024, suivi d'une augmentation de 6,1% en juillet 2025, avant de bondir encore de 5,87% cette année. Alors qu'un ménage, avec une consommation moyenne, payait 291 euros par an de frais d'acheminement en 2016, il paye environ 431 euros depuis le 1er juillet 2026.