Comme chaque mois, les 17,3 millions de retraités français attendent le versement de leur pension de retraite. Les anciens salariés du privé affiliés au régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco ont déjà reçu leur pension le 1ᵉʳ septembre dernier. Idem pour les séniors pensionnés auprès de la Carsat. Cependant, certains d'entre eux ont eu la mauvaise surprise de constater que le virement arrivé sur leur compte en banque était plus faible que d'habitude.
Cette baisse du montant de la pension de retraite risque maintenant de toucher les fonctionnaires à la retraite. Les anciens agents de la fonction publique d'Etat, les retraités de la fonction publique hospitalière, et ceux affiliés à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) doivent recevoir leur pension de retraite les 28 et 29 septembre prochains. C'est à ce moment-là qu'ils découvriront s'ils sont lésés ou non.
Les 15 millions de retraités qui attendent le versement de leur pension par la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV), devront attendre le 9 octobre 2026 pour savoir si leur pension va baisser. C'est à cette date qu'ils percevront leur pension de retraite du mois de septembre.
Mais quel est donc le problème avec les pensions de retraite versées à la rentrée ? Pour le comprendre, il faut remonter à cet été. Au cœur de la période estivale, certains retraités ont reçu un courrier ou un mail envoyé par le fisc leur annonçant que leur taux de prélèvement à la source allait changer en septembre 2026.
Ce prélèvement est appliqué chaque mois sur les pensions de retraite. Un retraité percevant une pension de 1 800 euros nets par mois (avant impôts) peut, par exemple, être soumis à un prélèvement de 3%. Sa pension sera alors amputée de 54 euros tous les mois.
Or, chaque année en septembre, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) recalcule ce taux après avoir analysé les déclarations de revenus remplies par les contribuables au printemps. Le nouveau taux entrant en vigueur en septembre 2026 est donc calculé à partir des revenus perçus en 2025. La DGFIP transmet ensuite ce nouveau taux aux différentes caisses de retraite qui l'appliquent directement sur le montant des pensions versées.
Si les revenus du retraité ont augmenté en 2025, le taux de prélèvement sera mécaniquement plus élevé, réduisant de fait le montant de la pension nette. Cette situation se produit lorsque les revenus complémentaires des retraités ont progressé, lorsqu'ils perdent un avantage fiscal comme un crédit d'impôt ou quand leur situation familiale change après qu'un enfant ait quitté le foyer.
Pour éviter de payer trop d'impôts, les contribuables peuvent demander au fisc de modifier leur taux de prélèvement. Pour cela il faut se rendre sur son espace personnel du site impots.gouv.fr et cliquer sur "Modifier mon prélèvement à la source". Si la modification entraine un écart d'au moins 5% entre le nouveau prélèvement et celui actuellement appliqué, l'administration fiscale accepte de diminuer le taux.
Toutefois, cette baisse prend fin le 31 décembre. Les contribuables souhaitant maintenir ce taux réduit doivent effectuer une nouvelle demande début décembre pour que l'ajustement perdure après le 1ᵉʳ janvier 2027.