Des propriétaires ont de quoi se réjouir. D'ici quelques mois, une modification réglementaire va automatiquement faire grimper la valeur de leur bien immobilier. A partir du 1er janvier 2027, un changement dans le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) améliorera le classement de certaines habitations. Cette évolution permettra à des logements d'obtenir une meilleure note sans que le propriétaire n'ait à lancer des travaux de rénovation, par exemple en remplaçant les fenêtres ou en améliorant l'isolation des murs.

La mesure s'inscrit dans le plan d'électrification présenté par le gouvernement en avril 2026. Un arrêté publié au Journal officiel le 26 août 2026 prévoit de réduire "le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire" utilisé dans le calcul du DPE. Concrètement, ce coefficient passera de 1,9 à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027. En clair, pour un kilowattheure (kWh) d'électricité consommé, le diagnostic retiendra donc 1,7 kWh d'énergie primaire, contre 1,9 actuellement. Le coefficient de l'électricité avait déjà été abaissé de 2,58 à 2,3 en 2021, avant de tomber à 1,9 en janvier 2026.

Certes la mesure est technique et complexe, néanmoins son impact sur le parc immobilier est très concret. Selon l'étude d'impact transmise début août au Conseil supérieur de l'énergie, environ 300 000 résidences principales quitteront le statut de passoires thermiques (note G ou F au DPE) au 1ᵉʳ janvier. Les biens concernés sont les passoires thermiques qui utilisent l'électricité comme mode de chauffage principal. Ces habitations vont voir leur évaluation s'améliorer pour atteindre la note E, voire D dans certains cas.

Les propriétaires possédant déjà un DPE pour leur logement n'auront pas à en réaliser un nouveau. Une attestation pourra être téléchargée gratuitement sur l'Observatoire DPE-Audit de l'Ademe. La démarche nécessite de transmettre le numéro du diagnostic déjà existant. Ce numéro est inscrit en haut à droite sur le rapport. Les propriétaires recevront ensuite la nouvelle étiquette énergétique de leur logement.

Cette évolution est une excellente nouvelle pour les bailleurs, car les logements classés F ou G au DPE subissent de lourdes pénalités. Depuis janvier 2025, les logements notés G sont interdits à la location, et ceux classés F le seront à partir de janvier 2028. Si les passoires thermiques sont déjà louées, le propriétaire ne peut pas augmenter le loyer car ce dernier est gelé. Par ailleurs, les passoires thermiques déjà louées sont soumises à un gel des loyers.

Le classement énergétique pèse également sur le prix du bien immobilier. Selon les données de l'association des Notaires de France, disposer d'un DPE noté F ou G fait perdre "entre 12 et 25% de valeur au bien immobilier par rapport à un logement similaire noté D".

Pour les locataires, en revanche, la nouvelle est moins réjouissante. Non seulement leur consommation d'énergie et leur facture ne baisseront pas, mais en plus le gel des loyers dont ils bénéficient sera levé. Peu de chances que leur bailleur ne saute pas sur l'occasion.