Les retraités vont payer plus de CSG si leurs revenus dépassent ces nouveaux seuils : le montant net de leur pension de retraite va baisser
Le montant net de certaines pensions de retraite va baisser à cause d'une hausse des prélèvements sociaux. Pour y échapper, les revenus des retraités ne doivent pas dépasser ces nouveaux seuils.
Les pensions de retraite augmentent et les taxes aussi. Le vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a certes validé une hausse de 0,9% de toutes les pensions de retraite, mais dans le même temps les prélèvements appliqués sur les revenus de certains retraités vont aussi évoluer.
La faute a trois petites lettres bien connues des séniors : CSG. La contribution sociale généralisée est un prélèvement obligatoire qui vient ponctionner les pensions de retraite versées tous les mois sur les comptes en banque des retraités. Il existe 4 taux de CSG différents : un taux d'exonération à 0%, un taux réduit à 3,8%, un taux médian de 6,6%, et enfin un taux normal de 8,3%. Chaque retraité se voit attribuer un taux précis en fonction de son revenu fiscal de référence (RFR) de l'année N-2. Pour 2026, c'est donc le RFR 2024 (mentionné sur l'avis d'imposition reçu en 2025) qui détermine le taux de CSG applicable cette année.
Or, en 2024, tous les retraités ont vu leur RFR fortement augmenter. Pour rappel, au 1er janvier 2024, le gouvernement avait réhaussé toutes les pensions de retraite de 5,3% afin de compenser l'inflation enregistrée en 2023. Automatiquement, certains retraités qui jusqu'à présent ne payaient pas la CSG vont devoir s'en acquitter pour la première fois cette année. D'autres qui bénéficiaient du taux réduit ou du taux médian vont passer au taux supérieur. Mécaniquement, le montant net de leur pension de retraite va diminuer.

Le PLFSS a néanmoins permis de revaloriser le barème des seuils de revenus qui déterminent le taux de CSG pour 2026. Mais cette hausse, est seulement de 1,8%, un chiffre correspondant au niveau de l'inflation constaté par l'Insee au cours de l'année N-2, en l'occurrence l'année 2024. En clair, le barème de la CSG a augmenté mais pas autant que le RFR 2024 des retraités. Voilà pourquoi de nombreux seniors risquent de voir leur taux de CSG augmenter cette année.
Concrètement, en 2026, un retraité vivant seul bénéficie d'une exonération totale de CSG si son RFR 2024 ne dépasse pas 13 048 euros par an. Pour un couple, ce plafond s'établit à 20 014 euros annuels. Le taux réduit de 3,8% s'applique aux retraités ayant un RFR inférieur à 17 057 euros pour une personne seule et 26 165 euros pour un couple. Le taux médian de 6,6% concerne les retraités dont le RFR reste sous la barre des 26 470 euros pour une personne seule et 40 604 euros pour les couples. Au-delà de ces montants, le taux maximal de 8,3% s'applique.
En plus de la CSG, les retraités doivent également s'acquitter de deux autres prélèvements sociaux : la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (CASA). Le taux de CSG appliqué sur la pension de retraite détermine également l'application ou non de ces deux contributions supplémentaires. Pour rappel, la CRDS représente un prélèvement de 0,5%, tandis que la CASA s'élève à 0,3%.
Les retraités totalement exonérés de CSG bénéficient également d'une exemption complète de CRDS et de CASA. Les retraités soumis au taux réduit de CSG doivent s'acquitter de la CRDS mais restent dispensés de CASA. Au total, ces retraités supportent un taux global de prélèvements sociaux de 4,3%.
Enfin, tous les retraités assujettis au taux médian ou au taux normal de CSG doivent payer à la fois la CRDS et la CASA. Un retraité soumis au taux médian voit sa pension réduite de 7,4% à cause des prélèvements sociaux. De son côté, un retraité avec un taux normal de CSG cumule 9,1% de prélèvements sociaux.