Emmanuel Treny (Lombardi) "Malgré la crise, les projets BPM restent prioritaires"

Le SaaS fait une entrée timide mais prometteuse sur le segment de la cartographie des processus métiers. Un retour sur investissement rapide devient prépondérant.

Croyez-vous au développement des offres SaaS en matière de BPM ?

Nous ne croyons pas tellement au mode SaaS pour traiter l'ensemble des besoins BPM. On voit par exemple beaucoup de grandes entreprises qui préfèrent conserver en interne l'ensemble de leurs applications stratégiques et cœur de métier dont le BPM fait partie. Elles se montrent donc réticentes à l'idée de perdre le contrôle et la mise en œuvre de leur solution.

Nous pensons également que seule l'analyse des processus et à leur cartographie peut être proposée en mode SaaS. Mais en aucun cas la brique qui permet l'exécution des processus eux-mêmes. C'est pourquoi nous proposons deux solutions complémentaires avec Teamworks 7 d'un côté, notre produit BPM historique, et Blueprint de l'autre, une offre SaaS dont nous avons débuté la commercialisation il y a bientôt 2 ans.

Cela étant, le segment de marché du SaaS est très stratégique pour nous bien qu'il ne représente pour le moment que 5% des revenus de nos licences globales. Mais cela nous permet d'avoir un pied dans les entreprises qui voudraient aller au-delà de la cartographie de leurs processus métiers. Celles qui choisissent Blueprint ne sont en revanche pas obligées de se tourner vers notre offre d'exécution. Elles peuvent très bien faire appel à une autre solution du marché, car toutes sont déployables en parallèle de Blueprint.   

L'intérêt pour elles n'est pas uniquement de cartographier les processus mais bien de les mettre

Les projets BPM sont-ils toujours au centre des préoccupations des entreprises en cette période de crise ?

Je ne pense pas que la crise verra un basculement des projets d'exécution des processus vers de la seule modélisation. L'intérêt pour les entreprises n'est pas uniquement de cartographier les processus mais bien de les mettre en œuvre. Ce qui compte avant tout, indépendamment du type de solution mis en place, c'est leur niveau de retour sur investissement. Il l'a toujours été mais devient aujourd'hui déterminant pour mener à bien ce type de projet.

Avec la crise, on se rend compte que les DSI sont nombreuses à annuler leurs projets. Mais sur les 5 projets prioritaires qu'elles décident de conserver, on trouve toujours un projet BPM. Pour un assureur par exemple, la crise n'influence pas sur le nombre de sinistres qu'elle a à gérer.

Au contraire même puisqu'elle cherche à optimiser ce processus métier en faisant appel à moins de personnes pour s'en occuper car elle rapatrie ses ressources vers d'autres tâches ou bien est amené à se séparer de certains profils, d'abandonner le recours à de la prestation.

Comment allez-vous traverser 2009 et quelles sont vos perspectives de croissance ?

Nous sommes une entreprise à capitaux privés et ne communiquons pas sur nos résultats. Ce que je peux vous dire c'est que les revenus issus de la vente de licences sont en hausse de 47% pour 2008 et que nos activités européennes ont pesé pour près du tiers de notre chiffre d'affaires.

Nous avons fait le choix de consolider notre offre et de nous structurer efficacement en Europe. Et nous avons toujours veillé à ne pas brouiller notre message vis-à-vis des entreprises en proposant une offre claire et transparente, ce qui n'a pas été le cas pour tous les éditeurs. Notamment d'Oracle, suite au rachat de BEA et de son moteur BPM, qui a proposé deux moteurs différents, ce qui a pu décontenancer des clients.  

Emmanuel Treny est vice-président de la branche services professionnels chez Lombardi.

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