La transition des entreprises vers le cloud est bien réelle, portée par l’infrastructure as a service

Dans le IaaS, on relève une progression nette de 800 millions de dollars de la valeur annuelle des contrats. Une tendance qui est attribuable à l’impact de la transformation digitale.

Au premier trimestre 2018, les entreprises ont intensifié leurs dépenses infrastructure as a service (IaaS) de 1,4 million de dollars et réduit de quelque 600 millions de dollars leurs investissements dans les services de sourcing traditionnel d’infrastructure par rapport à l’année précédente. La progression nette de 800 millions de dollars de la valeur annuelle des contrats est attribuable à l’impact de la transformation digitale.

Les conclusions de l’ISG Index pour le premier trimestre 2018 confirment cette tendance vers le digital. La valeur annuelle des contrats d’externalisation (sourcing traditionnel et as-a-service) passe de 10,9 milliards de dollars, un niveau déjà élevé au premier trimestre 2017, à 12,2 milliards de dollars ce trimestre. La forte demande de solutions as a service constatée lors des trimestres précédents contribue grandement à la croissance et ne montre aucun signe de ralentissement. Ce premier trimestre, la valeur annuelle des contrats as a service atteint 5,9 milliards de dollars, en hausse de 40% par rapport à l’année précédente.

A l’échelle mondiale, le sourcing traditionnel maintient une valeur annuelle des contrats de 6,3 milliards de dollars ce trimestre et une activité contractuelle record, surtout concernant l’externalisation des applications. Les contrats sont d’une valeur légèrement inférieure mais en plus grand nombre.

Sur le continent américain, les chiffres du sourcing traditionnel sont très encourageants. La valeur annuelle des contrats progresse de plus de 30% par rapport au premier trimestre 2017, grâce aux contrats d’externalisation des applications et de restructuration. Les contrats as a service progressent de 32%, avec des niveaux record pour les contrats IaaS, qui affichent un bond de 38%, et SaaS (software as a service) en hausse de 19%.

A l’inverse, le sourcing traditionnel dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) a chuté de 40% sur la même période, même si c’est en comparaison avec l’un des trimestres les plus forts de l’histoire du sourcing enregistré l’an dernier. Les deux plus grands marchés régionaux, le Royaume-Uni et DACH, ont été à la peine ce trimestre, et les grandes industries de la banque et des finances, de l’énergie et des télécommunications se sont toutes effondrées. Le chiffre record de la valeur annuelle des contrats as-a-service à 1,7 milliard de dollars, en progression de 37%, n’a pas permis de compenser la chute significative du sourcing traditionnel.

La valeur annuelle combinée en Asie-pacifique affiche une puissante progression de 62% même si elle doit être comparée à un premier trimestre morose l’année précédente. La valeur annuelle des contrats as a service a passé le seuil du milliard de dollars pour la première fois et représente près de 70% du marché. Les deux marchés IaaS et SaaS affichent des valeurs record. Ceci s’explique en partie par la forte dynamique des marchés de l’Asie du Sud-est et de la Chine.

Le marché des contrats de développement et de maintenance d’applications (ADM) est porteur ce trimestre, autre indicateur de la croissance de l’économie digitale. Les trois régions affichent une progression en glissement annuel. Le continent américain et la région EMEA ont chacun signé un nombre record de contrats ADM et le continent américain enregistre une nouvelle hausse de la valeur annuelle des contrats ADM.

Les technologies digitales continuent de réduire les coûts et de changer les modèles économiques, ce qui encourage la croissance. Cette transformation doit beaucoup à la connectivité réseau. Selon nous, pour gérer les applications dans le cloud, les entreprises ont besoin d’une bande passante croissante et flexible. Elles se tournent donc vers les réseaux WAN définis par logiciel ou SD-WAN (Software Defined Wide-Area Network), garants de meilleures performances applicatives via le contrôle centralisé et en temps réel du routage pour un coût de transport réseau plus avantageux qu’avec les actuels réseaux MPLS.

Nous n’assistons pas encore à une grosse vague d’adoption des réseaux SD-WAN, mais nous attendons à une utilisation croissante de ces technologies. Les entreprises qui attendent trop longtemps pour opérer la transition risquent de ralentir leur transformation digitale. Il faut s’attendre à une plus grande dynamique de fusions et acquisitions dans le domaine des technologies réseau. L’actuel manque de standardisation des réseaux SD-WAN va générer un marché compétitif.

L’autre technologie montante de ce premier trimestre 2018 c’est la blockchain, qui sous-tend toutes les grandes crypto-monnaies, comme le bitcoin, et des technologies de traçabilité et de sécurité, par exemple dans les secteurs alimentaires et pharmaceutiques. On compte déjà plus de 2 000 start-up de la blockchain et près de 1 000 investisseurs avec le potentiel d’atteindre 50 milliards de dollars au cours des prochaines années. En ce qui concerne les fournisseurs de services, on peut considérer que la situation est comparable à celle de l’essor du cloud il y a quelques années : des applications déployées sur des plateformes à une échelle massive, donnant lieu au support de nouveaux modèles d’exploitation.

Nous pensons que ce début d’année solide est un signe avant-coureur de ce qui est à venir. Nous misons sur une croissance d’au moins 20% du marché as a service pour le restant de l’année. La valeur annuelle des contrats de cloud public (IaaS) devrait donner le ton avec plus de 30% de croissance, contre près de 15% pour le SaaS. De son côté, le sourcing traditionnel ne devrait afficher une croissance que de 2%.

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