L’avenir du secteur médical est dans le cloud

Le secteur médical a rapidement adopté le modèle des logiciels "à la demande". Un des principaux avantages du SaaS est qu’il permet aux établissements de santé de contrôler quand et comment utiliser les applications.

Quand on pense au monde du SaaS (Software-as-a-Service), on pense le plus souvent aux applications et aux fournisseurs de services cloud. Au cours des dernières années, la croissance du cloud, les progrès de la technologie mobile et de la virtualisation, ainsi que l’augmentation du nombre d’applications hébergées en ligne, ont conduit de nombreuses industries modernes à abandonner purement et simplement l’achat de logiciels.

Fait intéressant, le secteur médical a rapidement adopté ce modèle de logiciels « à la demande ». En France par exemple, le financement des hôpitaux a été récemment revu avec un projet de budget 2018 de la Sécurité Sociale qui incite les professionnels de santé à trouver des moyens toujours plus efficaces pour gérer leur budget et faire face à tous les postes de dépenses en capital classiques. En effet, les pouvoirs publics prennent conscience que les achats, qui constituent aujourd’hui le 2e poste de dépense des établissements hospitaliers après celui de la masse salariale, jouent un rôle essentiel dans leur budget. Ils représentent à eux seuls un total de 18 milliards d’euros en dépenses annuelles, dont 60% d’achats médicaux. Dans l’ensemble, ils sont égaux aux achats de l’État qui s’élèvent, eux, à 17 milliards d’euros, hors armement.

Avec la montée en puissance des appareils connectés, des modèles de paiement à l’utilisation et des services cloud innovants, apparaissent de nouveaux moyens pour maintenir et même étendre les niveaux de service, sans nécessairement augmenter les budgets d’investissement. Historiquement, les établissements de santé ont conservé leurs systèmes informatiques sur-site, craignant que l’utilisation du cloud ne compromette leur sécurité ou n’entraîne des problèmes de conformité, de fonctionnalité et de mise en œuvre. Cependant, la promesse d’efficacité accrue et de réduction des coûts a fait évoluer la situation. Selon Peak 10, fournisseur américain d’infrastructures informatiques, l’utilisation du modèle SaaS dans les établissements de santé a augmenté d’un tiers depuis 2014. La société de technologie médicale Stryker l’utilise déjà, en proposant un modèle basé sur les services, afin de répondre aux besoins actuels des hôpitaux et des chirurgiens face à la réduction des budgets d’investissement. Mais comment le modèle SaaS peut-il aider l’industrie médicale ?

Relever les défis numériques du secteur de la santé

Un des principaux avantages du SaaS est qu’il permet aux établissements de santé de contrôler quand et comment utiliser les logiciels. Par exemple, un hôpital peut posséder un équipement médical hautement spécialisé qui n’est utilisé que quelques fois par an. Bien qu’il lui soit indispensable de disposer de cet appareil, il n’est pas judicieux de payer une licence annuelle pour accéder à son logiciel. En revanche, payer pour accéder au logiciel au cas par cas permet de réduire les coûts. Cela vaut également pour une utilisation saisonnière : un hôpital peut avoir plusieurs appareils de radiographie, mais ne les utiliser tous qu’en hiver, lorsque la neige provoque une augmentation du nombre de fractures.

Lorsque les fabricants commenceront à concevoir des équipements sur un modèle SaaS, plusieurs avantages seront offerts aux établissements de santé. Par exemple, un hôpital pourra acheter un appareil, tel qu’un tomodensitomètre qui offre plusieurs fonctions pour balayer différentes parties du corps, et choisir de ne payer que l’accès aux fonctions dont il a besoin à un moment précis. S’il a besoin d’utiliser une autre fonction de l’appareil, l’hôpital aura la possibilité de l’activer. Cela réduit le montant de ses investissements en matériel nécessaire et donc les coûts, tout en économisant les frais de mise à jour du matériel.

En outre, le modèle SaaS permet aux hôpitaux de tester et d’activer de nouveaux logiciels et de nouvelles fonctionnalités instantanément ; ce qui réduit considérablement le temps nécessaire pour identifier la meilleure solution à leurs besoins. Mais les bénéfices ne sont pas que financiers. En effet, le modèle SaaS permet aussi aux patients d’avoir accès en permanence aux solutions dont ils ont besoin à la demande.

SaaS et cybersécurité  

Le modèle SaaS offre bien plus aux hôpitaux que la maîtrise de leur budget, il leur permet également d’assurer leur cybersécurité. La récente attaque WannaCry a clairement montré que les établissements de santé sont des cibles fréquentes et souvent faciles. En France, en 2016 uniquement, le ministère de la santé a dénombré plus de 1 341 attaques informatiques, tous types et tous niveaux de gravités confondus, contre des établissements de santé. Selon l’AP-HP (hôpitaux de Paris), les ransomwares constituent actuellement « la principale menace » pour les établissements. En effet, on dénombre dans l’Hexagone environ cinquante responsables sécurité des systèmes d’information pour mille hôpitaux. Et la situation n’est pas plus enviable dans les structures privées.

Si un hôpital possède plusieurs appareils reliés à internet mais rarement utilisés, il est probable que leurs systèmes de sécurité soient dépassés, n’ayant pas été mis à jour avec les correctifs appropriés. Ainsi, l’établissement se retrouve exposé aux menaces externes. En revanche, avec une solution SaaS, le fabricant serait en mesure de vérifier que son appareil est mis à jour à chaque utilisation, réduisant ainsi considérablement les menaces de piratage.

En outre, l’industrie de la santé doit respecter une réglementation stricte en matière de protection des données, telle que le code de la santé publique, code de la sécurité sociale et code pénal. Le RGPD également vise à protéger les données de santé. Les entreprises comme Fitbit, Doctolib ou encore KcalMe (une application pour calculer le nombre de calories ingérées) affirment déjà respecter la loi. Mais d’autres applications doivent encore faire leur preuve. En 2014 par exemple, une société de suivi de régime en ligne, a reçu un avertissement de la part de la CNIL pour différents manquements dans le cadre de la collecte des données personnelles. Heureusement, la plupart des éditeurs de logiciels sont déjà en conformité avec ces lois ; ce qui signifie qu’utiliser leurs solutions SaaS permet de garantir que les équipements qui les exécutent sont également conformes. Cela réduit la charge de travail des organisations pour assurer leur conformité avec les différentes réglementations de l’industrie.

Aujourd’hui, le SaaS contribue largement à la transformation numérique des établissements de santé. Avec des budgets de plus en plus serrés, les hôpitaux recherchent des solutions qui réduisent leurs coûts, notamment en diminuant leurs investissements en matériel. En particulier, les logiciels jouent un rôle considérable dans cette quête d’économies. Ils permettent aux établissements de ne payer que les services qu’ils consomment (paiement à l’utilisation), contrairement au modèle à l’abonnement avec des frais réguliers ou un coût initial élevé. En adoptant le modèle SaaS, le secteur de la santé améliore son efficacité, sa rentabilité, mais aussi sa sécurité et son agilité.

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