Infrastructure invisible : l'avenir de la production Live

Grâce aux technologies cloud qui modifient les méthodes de production, de distribution, de diffusion et de stockage du contenu, les diffuseurs et créateurs s'affranchissent rapidement des infrastructures physiques coûteuses.

Le visionnage d'une action qui se déroule en direct en un point donné du globe peut provoquer des émotions chez des millions de téléspectateurs où qu'ils soient dans le monde et ce, qu'il s'agisse d'un événement sportif, d'un divertissement ou d'une news. La Coupe du monde de football 2018 en est un bon exemple.

Près de 3,4 milliards[1] de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, ont regardé une partie voir l’intégralité des matchs de la Coupe du monde de football 2018 en direct devant leur téléviseur, ordinateur portable ou même smartphone. L'engouement des spectateurs pour le contenu en direct de haute qualité continue de s'accentuer, de même que les défis auxquels les médias sont confrontés lors de la prise de vue, de la distribution et de la diffusion de ces événements massifs.

Historiquement, les dispositifs de production live ont toujours été tributaires de l'infrastructure physique : connexions filaires, convois de cars régie, galeries mobiles et générateurs électriques, sans compter une armée de créateurs et techniciens. Quelle que soit la taille ou l'envergure de l'événement, la production live de haute qualité a toujours nécessité des équipements lourds et des investissements initiaux importants, et était donc jusque-là l'apanage de grands diffuseurs.

Vers une adoption généralisée avec le cloud

Grâce aux technologies cloud qui modifient sans cesse les méthodes de production (ou « workflows »), de distribution, de diffusion et de stockage du contenu, les diffuseurs et créateurs s'affranchissent rapidement de ces infrastructures physiques coûteuses. Le moteur de cette transformation ? L'augmentation des solutions de diffusion fiables, abordables et de haute qualité basées sur le cloud.

Ces solutions permettent aux entreprises de l’industrie du broadcast de réduire les dépenses et les ressources nécessaires à la production Live, tout en offrant une évolutivité répondant aux demandes toujours plus exigeantes de traitement de contenus numériques souvent volumineux et complexes. En définitive, elles permettent de simplifier les workflows de production et ainsi d'assurer aux spectateurs une diffusion plus rapide des contenus.

De nombreuses entreprises du secteur ont déjà migré avec succès une partie voire l’intégralité de leurs opérations dans le cloud et ce en adaptant leurs offres aux besoins des téléspectateurs plus jeunes. Ainsi, le diffuseur suisse SRG SSR utilise une plateforme de production de news basée sur le cloud dans tous ses centres de diffusion en Suisse. Nous pouvons également citer l’exemple de Disney/ABC Television Group qui a, dès 2015, déplacé toutes ses activités de diffusion vers une "régie centrale virtuelle" sur IP ou encore Netflix qui a terminé la migration de son système de streaming vers AWS, en janvier 2016. Bien que la production sur le cloud soit parfois considérée comme un système nouveau et expérimental, ces exemples montrent que des références du secteur ont déjà adopté ces méthodes.

Une nouvelle génération de solutions basées sur le cloud

La mise en place de solutions basées sur le cloud se poursuit, et les possibilités qu’elles offrent augmentent. Grâce à cette nouvelle génération d'outils, les principes du télétravail dont nous profitons au quotidien s'appliquent de plus en plus au monde de la production. En effet, les créateurs de contenu peuvent désormais créer et diffuser du contenu de qualité depuis n'importe quel pays du monde. Ils n'ont besoin que d'un ordinateur portable, de caméras et d'un mélangeur virtuel dans le cloud.

La possibilité de création et de partage du contenu en temps réel avec des équipes de production partout dans le monde offre un niveau de flexibilité qui était jusque-là impossible avec des méthodes de production classiques. Les workflows basés sur le cloud sont avant tout plus performants et plus économiques. Des organisations telles que le Festival international du film de Locarno ont adopté une telle solution et ont enregistré une réduction des coûts de 30 % par rapport aux workflows de production classiques. Red Bull a également déployé l’une d’entre elles pour filmer et diffuser en direct, sur son site internet et sur les réseaux sociaux, la course de moto Alpenbrevet qui se déroule sur plusieurs sites distants dans les Alpes suisses.

Un avenir radieux sur le cloud

Cependant, la fin de la production Live classique n'est pas encore actée. Les solutions basées sur le cloud n'offrent pas les mêmes performances pour les productions haut de gamme, notamment les grands événements sportifs. Néanmoins, cela ne durera pas éternellement. Les entreprises du secteur multimédia et les diffuseurs se trouvent à un tournant. Un choix doit être fait : s'adapter à l'évolution du paysage médiatique et adopter ces technologies innovantes ou conserver les infrastructures physiques, les workflows et les processus qui ont fait leurs preuves, mais qui deviendront bientôt obsolètes. Alors que les workflows physiques sont encore une référence incontournable dans ce secteur, le proverbe "celui qui n'avance pas recule" est plus vrai que jamais.

Nous sommes entrés dans une ère où les habitudes des téléspectateurs changent, la mondialisation des médias augmente de manière exponentielle, et les attentes des utilisateurs évoluent. Si elles veulent rester compétitives, les entreprises du secteur multimédia doivent se tourner vers de nouveaux services et de nouvelles technologies permettant d'augmenter la valeur du contenu et ainsi mieux capter l'attention du public. Bien que cette transition puisse apparaître comme un saut dans l'inconnu, les technologies cloud feront partie intégrante de la chaîne de production à l'avenir. Les entreprises de l’industrie du broadcast doivent commencer à adopter ces technologies dès aujourd'hui si elles veulent conserver leur place sur le marché et ainsi rester compétitives.

[1] Source : selon une étude de GlobalWebIndex, mars 2018.

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