Windows Server 2012 : cap sur un OS Cloud

La nouvelle version a été lancée le 4 septembre. La gestion de la virtualisation serveur et réseau est nettement améliorée en termes de capacité, et simplifiée en termes d'administration. VMware est en ligne de mire.

Lancé le 4 septembre, Windows Server 2012 est présenté par Microsoft comme un OS Cloud. C'est le concept qu'a lâché Jérôme Trédan, directeur de la division Server & Tools de Microsoft France, lors de la conférence de presse organisée au siège de la filiale française à Issy-les-Moulineaux. Proposer un système serveur capable de s'intégrer à des architectures de cloud privé, cloud public (autour d'Azure en particulier) et/ou cloud hybride. Avec à la clé des applications reposant sur des ressources de calcul, stockage et réseau virtualisées et mutualisées pour plus d'agilité, mais aussi accessibles de partout (en tirant partie par exemple du VDI). Telle est la vision produit de l'éditeur avec cette nouvelle plate-forme.

Pour concrétiser cette vision, Microsoft propose un environnement de développement commun à Windows Server et Azure. "Visual Studio permet de développer une application une fois et la déployer sur le cloud de son choix, qu'il soit privé ou public. Et nous sommes aussi capables d'accueillir sur Azure des environnements PHP ou Java", souligne Jérôme Trédan. A cela s'ajoute un outil d'administration commun aux deux univers, System Center, mais aussi un annuaire unique de gestion des droits d'accès (Active Directory), tout comme une solution de virtualisation (Hyper-V) et une base (SQL Server), également commune. Objectif de Microsoft : proposer la meilleure passerelle possible aux DSI vers son offre de cloud public.

Mais cette passerelle peut-elle concerner également d'autres clouds publics ? "Elle ne se limite pas à Azure", lâche Stanislas Quastana, architecte au sein de la division Server & Tools de Microsoft France. "Pour l'activer, il suffit pour cela qu'un hébergeur qui s'adosse à Windows Server ait installé le composant Service Provider Foundation qui sera disponible dans quelques semaines avec le SP1 de System Center. Il sera alors en mesure d'accueillir sur son cloud des instances virtuelles Windows Server en provenance de ses clients."

Lors de la WPC, Microsoft avait préparé ce nouveau terrain en annonçant l'intégration à Windows Server de plusieurs services Azure utiles pour les hébergeurs : le service d'IaaS Hosted VM (permettant l'hébergement de machines virtuelles à la demande), la gestion du multi-tenant (avec Windows Azure High-density Web Sites), et un service de portail (Service Management Portal) pour gérer les opérations.

VMware : "concurrent principal" sur l'offre Windows Server 2012

Microsoft continue ainsi de bâtir un édifice dont on commence à saisir de mieux en mieux les contours. Le géant entend proposer aux DSI une plate-forme de Cloud intégrée, ainsi qu'un nouveau type d'écosystème de partenaires hébergeurs et éditeurs qui pourront également tirer de la valeur de sa nouvelle plate-forme de cloud hybride. Un positionnement face auquel VMware, qualifié de "concurrent principal" par Microsoft lui même, pourrait avoir bien du mal à avancer des contre-arguments.

Quand on se penche sous le capot, Windows Server 2012 propose plusieurs avancées intéressantes. La première d'entre elles ? C'est sans nul doute la capacité de migrer simultanément plusieurs machines virtuelles à chaud entre plusieurs serveurs hôtes. Le système de stockage correspondant pouvant, quant à lui, rester sur une baie, ou être migré également vers une autre baie ou un autre disque également à chaud. "Avec Windows Server 2008 R2, il était nécessaire de déployer une grappe de serveurs pour gérer ce processus", explique Stanislas Quastana. Les capacités d'Hyper-V (en version 3) montent par ailleurs en puissance : les instances supportent désormais jusqu'à 64 processeurs virtuels, contre quatre précédemment, et leur capacité passe à 1 téra.


hyper v
Evolution offerte par Hyper-V 3. © Microsoft


En s'adossant à Hyper-V, Windows Server 2012 introduit aussi un gestionnaire de plan de reprise d'activité. Avec à la clé la possibilité de paramétrer aisément un serveur de réplication, éventuellement basé sur un site distant, et définir des ponds de restauration.

Une baie stockage virtuel et le VDI


Au-delà de la virtualisation, Microsoft profite de Windows Server 2012 pour s'introduire sur deux nouveaux domaines. Le stockage d'abord, avec la possibilité de créer des instances de stockage virtuel, capable d'accueillir des disques supplémentaires à chaud. "Nous proposons ainsi l'équivalent d'une baie de stockage à bas coût", insiste Stanislas Quastana. Ensuite, Microsoft avance ses pions sur la génération de postes de travail virtuels, jusqu'ici chasse gardée de son partenaire Citrix : Windows Server 2012 facilite en effet la création d'instances clientes, la gestion de leurs configurations système et applicative, leur provisionning serveur, leur allocation à des groupes d'utilisateurs par type...


Beaucoup d'autres avancées sont mises en avant par Microsoft. On peut citer pêle-mêle : l'administration à distance de Windows Server (avec tableau de bord d'alertes, gestion d'inventaire, des configurations, reboot à distance...), 2 300 commandes PowerShell préparamétrées pour industrialiser les actions d'administration, une gestion plus souple des paramètres réseau (DHCP, DNS, adresse IP, serveur groupe...), un système de provisionning des certificats SSL, ainsi que la possibilité de créer des pools virtualisés regroupant plusieurs cartes réseau.

Pour l'heure, Windows Server 2012 est disponible en deux versions présentant les mêmes fonctionnalités : Standard et Datacenter. La première se limite à la prise en charge de deux machines virtuelles, alors que la seconde offre une capacité illimitée. Deux éditions supplémentaires, ciblant les PME, sont attendues d'ici la fin de l'année.

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