Yves Weisselberger (Snapcar) "Uber a adopté une attitude provocatrice et a tout fait pour énerver les taxis"

Le député Thomas Thévenoud, à l’origine de la loi de 2014 régissant l’activité des taxis et des VTC, a convié mardi organisations de taxis et VTC à une réunion de concertation. Yves Wesseilberger, CEO du service de VTC Snapcar, était présent.

Yves Weisselberger, fondateur et CEO de Snapcar. © Snapcar

JDN. L’annonce de la mise en garde à vue des dirigeants d’Uber est tombée en même temps qu’avait lieu la concertation organisée par Thomas Thévenoud à l’Assemblée nationale. Des représentants d’Uber étaient-ils présents ?

Yves Weisselberger. Cette garde à vue, c’est un peu du théâtre. Il y a un côté "donner des gages pour calmer les taxis", mais les dirigeants vont bien vite rentrer chez eux. En tout cas, Uber n’avait pas été invité par Thomas Thévenoud. Il ne veut pas parler avec des personnes qui sont dans l’illégalité et refusent de se soumettre à la loi. 

Etaient présents des représentants des VTC (syndicats traditionnels de voitures avec chauffeurs ainsi que des représentants d’applications, moi-même et LeCab) et plusieurs syndicats de taxis, même si certains, comme la CGT, ont refusé de venir. Les taxis étaient en position de dialogue avec les VTC, ce que je n’avais pas connu jusque-là. On a pu se parler sans invectives même si une certaine tension était perceptible. On ne peut cependant pas parler de pacification totale : les taxis continuent d’être très critiques vis-à-vis de certaines pratiques des VTC, parfois à raison. L’interdiction de stationner aux aéroports et aux gares sans réservation préalable n’est pas respectée par tous les VTC, par exemple, tout comme le fait d’être bien enregistré comme société de VTC, d’être assuré convenablement… Snapcar respecte la loi Thévenoud, mais ce n’est pas le cas de tous les VTC. Cette démarche nous distingue du choix d'Uber qui a adopté une attitude provocatrice et a tout fait pour que les taxis soient énervés.

Invitation de Thomas Thévenoud aux taxis et VTC. © Snapcar

Que pensez-vous du service Uberpop et des critiques des taxis à son encontre ?

Je peux dire qu’il y a eu convergence des acteurs de la réunion sur l’idée qu’en l’état, Uberpop pose problème. Je ne pense pas que le service doive forcément être définitivement interdit, mais il n’est pas possible que des particuliers puissent générer des revenus sans charges sociales, nets d’impôts, sans contrôle aucun… Le service ne peut pas demeurer tel quel.

 

Après les incidents de la semaine dernière, dans quel état d’esprit sont les taxis ?

L’intersyndicale des taxis sera reçue vendredi par Bernard Cazeneuve. Ils expriment une attente forte vis-à-vis de gestes concrets du gouvernement. Ce que j’ai ressenti, c’est qu’il ne faut pas grand-chose pour que les incidents de la semaine passée repartent de plus belle si les choses n’avances pas. C’est ce que les bases demandent aux syndicats, sans même trop leur laisser le choix.

 

Diplômé de l’Ecole Polytechnique, Yves Weisselberger a cofondé Klee, un intégrateur spécialisé dans les technologies avancées et les solutions développées au forfait pour le compte de grandes entreprises. L’entreprise compte aujourd’hui 400 ingénieurs et Yves Weisselberger fait toujours partie de son Conseil d’Administration. Il a ensuite créé KDS, spécialisé dans le voyage d’affaires en ligne et le traitement des notes de frais, qui emploie aujourd’hui 150 personnes et dont il est président. En 2012, Yves Weisselberger s’associe à Dave Ashton pour lancer Snapcar, application de Voitures de Tourisme avec Chauffeurs (VTC).

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