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INTERVIEW
Marc Menasé (MenInvest)
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| "Nos principaux efforts restent tournés vers la vente en ligne" |
Quels sont vos projets pour Menlook ?
Maintenant que nous avons une capacité de production interne, avec Estime et Saint Sens, nous pouvons, au même titre que le Bon Marché avec Balthazar ou les Galeries Lafayette avec Lafayette Homme, lancer notre propre marque, brandée Menlook. Une marque de distributeur, de bonne qualité mais moins chère, apportera une vraie rupture sur le marché e-commerce français. Notre première collection de vêtements et accessoires sera en vente sur le site à partir de juillet-août 2011, pour la saison automne- hiver 2011.
En dehors de la vente en ligne, que fait MenInvest ?
Nous avons monté un grand pôle média et régie, qui regroupe trois activités. Nous avons lancé en avril 2010 le magazine masculin Menly.fr. L'offre éditoriale est intentionnellement très large, afin de comprendre ce que les hommes lisent. De plus en plus, nous allons axer les contenus sur l'angle lifestyle. Les rédactions sont mutualisées avec la vente en ligne : ce sont les mêmes équipes qui rédigent ces articles et les pages marque sur Menlook.
La deuxième activité est la régie publicitaire, Menity, co-fondée avec l'ex-directeur commercial de MSN France, Cédric Vandervynckt. L'offre de la régie, interne et externe, repose sur trois piliers : l'auto-moto, le high tech et la mode masculine. Cette offre est transversale sur les hommes CSP+ de 25-49 ans et verticale sur ces trois centres d'intérêt. Nous touchons 4,5 millions de visiteurs uniques par mois. Une offre très puissante sur le marché.
Troisièmement, nous avons monté une joint venture avec les éditions Jalou, qui éditent entre autres l'Optimum, l'Officiel, la Revue des montres ou Jalouse. Une équipe MenInvest dédiée exploite leurs activités en ligne.
Nos principaux efforts restent toutefois tournés vers la vente en ligne : nous y adressons un marché de 1,8 milliard d'euros, alors que le marché du display homme se limite à 200 millions d'euros.
Avez-vous d'autres projets de lancements ou d'acquisitions ?
Nous allons continuer dans la même voie. Si nous n'avions pas racheté Saint Sens, nous n'aurions pas eu la légitimité nécessaire pour lancer Menlook. Plus j'ai de dents à mon râteau, plus je ratisse. De plus, chaque nouveau site nourrit Menlook. Par exemple, les montres vendues sur le site sont sourcées par Timefy et dans une semaine, on pourra acheter des chemises sur mesure sur Menlook qui seront fabriquées par Saint Sens.
Très concrètement, nous voulons que les consommateurs trouvent sur Menlook la même chose qu'aux Galeries Lafayette. Je suis donc intéressé par le segment des soins, cosmétiques et parfums. Ceci étant, nous avons planté beaucoup de graines en 2010. En 2011, nous allons surtout nous concentrer sur les actifs que nous possédons déjà.
Vous avez réalisé une levée de fonds assez modeste en début d'année auprès d'Axa Private Equity. Projetez-vous un nouveau tour de table ?
Plusieurs fonds nous ont approchés plus récemment et en effet, nous allons passer à la vitesse supérieure. Notre chiffre d'affaires mensuel a été multiplié par dix entre janvier et décembre de cette année. Le marché est en hypercroissance sur le masculin. Dès qu'on crée l'offre, on crée la demande.
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Quelles sont vos ambitions à l'international ?
Nous irons d'abord au Royaume-Uni et en Allemagne, parce que ce sont les plus gros marchés d'Europe. Paris est la capitale de la mode, ce qui nous donne accès à beaucoup de marques que les Britanniques et les Allemands n'ont pas sur le Web. Au Royaume-Uni, la cible masculine est bien plus adressée qu'en France, nous ferons donc face à la concurrence de Asos.com, My-Wardrobe.com, MrPorter.co.uk... Mais il s'agit d'un marché très important, ce qui compense largement l'existence d'une concurrence déjà établie. La version anglaise de Menlook est prévue pour juillet 2011.
Marc Menasé, 30 ans, est le PDG de MenInvest. TItulaire d'une maîtrise de science de gestion, il débute sa carrière chez Vivendi-Universal Networks à Londres en tant que responsable Web. Il rejoint ensuite Kelkoo au poste de responsable des partenariats e-commerce Europe, puis prend les fonctions de directeur marketing d'Opodo France. En 2003, il crée avec Loïc Fleury l'agence media interactive AddviseMedia, qui donne naissance au groupe Nextedia en 2005, revendu à Lagardère en 2007. En septembre 2009 il lance Estime.com, qui sert de base à la création du groupe MenInvest en février 2010.
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