Il faut faire du Très Haut Débit une réalité en France

Lorsque Guy Roussel qui préside aux destinées d’Ericsson en France depuis 2003, m’a sollicité pour participer au lancement des Assises du numérique en mai dernier, j’ai été immédiatement convaincu par le caractère innovant et approprié de l’événement. La France aborde en effet un virage majeur en matière de développement de son industrie numérique.

A l'occasion des Assises du numérique, le Journal du Net a décidé de donner la parole à des élus, des grands patrons d'entreprises high tech et à des répresentants d'associations.

Les décisions, les orientations et les impulsions politiques et économiques qui découleront des discussions amorcées aux Assises, façonneront durablement (ou pas) le déploiement et l'usage des technologies de l'information et de la communication ainsi que l'accès au haut et très haut débit par l'ensemble des citoyens, des entreprises et des collectivités de ce pays.

Une étude publiée par le professeur Leonard Waverman, de la London Business School, souligne une intéressante corrélation. A chaque fois que la couverture mobile augmente de 10 %, cela correspond à une augmentation de 0,6 % du taux de croissance du PNB. A la lumière de ce chiffre, on saisit immédiatement l'occasion en or qui est offerte pour réduire la fracture numérique, augmenter la richesse des régions les plus reculées et leur apporter une palette considérable de services comme la télémédecine, la dématérialisation des documents administratifs ou encore l'éducation et la formation à distance.

Ericsson s'investit fortement depuis plusieurs années dans la réflexion stratégique menée par le gouvernement français. L'entreprise a d'ailleurs largement contribué à plusieurs commissions industrielles et gouvernementales dans le domaine des TICS.

En janvier 2008, un rapport du MEDEF sur l'économie numérique co-piloté par Guy Roussel, soulignait que les TICS peuvent faire gagner autour de 0,7 % de croissance à la France et constituer un incomparable gisement potentiel d'emplois.

Plus que jamais, nous entendons poursuivre notre implication dans l'atteinte des objectifs de couverture en haut et très haut débit annoncés en France pour la période 2008-2012. Technologiquement, Ericsson est à la pointe des avancées en très haut débit. Lors du Mobile World Congress à Barcelone en février 2008, nous avons réalisé la toute première démonstration mondiale d'un appel de bout en bout en utilisant une plate-forme prototype compatible avec la LTE (pour Long Term Evolution). Ce standard délivre entre 100 mégaoctets et 300 mégaoctets par seconde. En avril dernier, nous avons dévoilé la première plate-forme LTE qui sera disponible commercialement début 2009 au niveau mondial.

Un écosystème clair pour tous les acteurs

Parvenir avec succès à cette connectivité permanente et ce très haut débit performant implique en revanche nécessairement la création d'un écosystème réglementaire, financier et fiscal favorable. Il est capital de pouvoir disposer d'un cadre politique clair entre les différents acteurs de l'écosystème (en particulier les opérateurs et les collectivités locales) pour garantir au final, la réduction des fractures numériques au sein du territoire français.

Concernant les réseaux très haut débit mobile, Ericsson insiste notamment pour que des applications de télécommunications puissent accéder aux bandes de fréquences du Dividende Numérique libérées par la télévision analogique fin 2011, ainsi qu'à de nouvelles bandes de "capacité" telle que la bande 2.6 GHz.

De la même façon, pour le déploiement d'infrastructures de très haut débit fixes (comme la fibre optique), Ericsson estime primordial de mettre en place des règles autour de la mutualisation de certaines infrastructures (en particulier à l'accès) tout en préservant la concurrence et en favorisant l'investissement.

Un autre point ne doit pas être négligé dans le chantier engagé par les Assises. Il s'agit de l'éducation et de l'enseignement des TICS en France. Sans un développement consistant et accéléré des compétences, l'espoir de mettre en place les réseaux du futur risque de s'amenuiser très vite.

Actuellement, 50 % des étudiants choisissent la filière technologique en Chine. En Suède, nous sommes progressivement passés de 25 à 10 % et cette tendance se retrouve partout en Europe. Il est essentiel que les ingénieurs de demain soient formés en qualité et en nombre suffisants si l'Europe et la France veulent prétendre aux premiers rangs en matière d'économie numérique et de société du très haut débit.

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