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 LA TRIBUNE DE ALAIN GARNIER 
Est-ce le début de la fin des Digg-Likes ?
Les Digg Like atteignent leur limite en terme de crédibilité et d’indépendance. Zoom sur une grève d’un site Web qui pose les questions mais donne t-il les bonnes réponses ?
(27/10/2008)
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En surfant sur Blogasty.com, je suis tombé par hasard sur une grève virtuelle. A la place du service éponyme, un texte sous forme d'image était placardé où l'on pouvait y lire un message du fondateur de Blogasty, Christophe Lefevre : "Blogasty fait la GREVE contre l'abus de l'exploitation des Digg-likes dans le but de recevoir plus de trafic sur son blog  [...]" et l'auteur en appelle à une grève générale pour tous ceux qui souhaitent que la situation change si la communauté souhaite encore avoir des articles de qualité.

 

Cet événement est tout d'abord étonnant dans l'univers du Web. Une grève ? Il s'agit bien là d'une habitude de la vraie vie, et jusqu'à présent Internet s'était tenu loin de ces méthodes jugées trop rustres pour leur préférer le dialogue et la convergence. L'histoire rattrape le Web qui devient mature et se dote donc des outils de dialogue de la maturité. La grève en est un. On peut le déplorer, mais c'est un tropisme naturel que celui là. On peut alors légitimement se demander : à quand une guerre sur Internet ?

 

 

Ensuite, et c'est bien là le fond du problème, on ne peut que s'interroger sur la pertinence des résultats produits par les Digg-like.

Rappelons tout d'abord comment ils fonctionnent. Un Digg-like est un site ou les internautes proposent des articles, site ou pages en les agrémentant - selon les sites - de tags, de catégories et de courtes descriptions. Ensuite, les visiteurs du site votent pour donner une appréciation aux articles proposés : soit de manière univoque en donnant un point aux articles, soit en qualifiant en "plus" ou "moins". Ainsi, c'est l'idéal démocratique qui est mis au service de la collectivité pour donner le meilleur du Web à un instant T.

 

Là aussi, on retrouve l'angélisme habituel du Web de ses débuts. Car pour autant, il est clair qu'une communauté positive sans intérêts personnels peut jouer le rôle de régulateur - et encore faut il définir la valeur de jugement d'un groupe non qualifié sur une information qui l'est - autant, quand certains internautes ont des intérêts dans l'affaire alors le processus devient totalement faussé.

 

Il l'est de plusieurs manières. Tout d'abord, celui qui propose un contenu (site, blog , média...) a bien entendu intérêt à être lu. Que ce soit pour des raisons financières ou simplement narcissiques. Il aura donc à coeur de pousser son oeuvre.

C'est là que l'e-Ver est dans l'e-Fruit du Net. Car sur Internet comme dans certaines républiques bananières, on peut voter plusieurs fois, faire voter son cousin, son frère, sa soeur, ses collègues, voire payer des gens pour le faire à sa place. Bref, rien de très démocratique pour peu qu'on soit un tantinet organisé ou qu'on en ait les moyens.

 

Aussi, l'idée selon laquelle c'est le bon peuple qui propose et met en avant les meilleurs contenus du Web est depuis quelques temps une gentille fable qui permet à tous de continuer à faire du trafic sous couvert d'un système démocratique donc obligatoirement positif.

 

La grève est un cri du coeur qui revient à dire : le modèle des Digg-like n'est pas "bon" et "convergent" par essence. Il l'est si et seulement si la communauté qui l'anime est éduquée, autonome et pas en recherche d'avantages personnels. Voilà un aveu d'impuissance pour ces sites qui ne peuvent donc garantir la pertinence de leurs résultats.

 

Il ne faut pas pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain ! Car ce qu'apportent ces sites, c'est avant tout la capacité de mettre en lumière ce qui est nouveau sur le Net, de pouvoir l'extraire de la masse immense que constitue le Web en croissance. Or cette fonctionnalité est essentielle et elle perdurera sous une forme ou sous une autre.

 

La fin de la naiveté 2.0 peut-être ? Souhaitons le.



 

 

Ressources :

Liste - non exhaustive - des Digg like francais http://unearaigneeauplafond.fr/digg-like-francophones

La grève prise sur le vif : http://www.spawnrider.net/blogs/2008/10/19/blogasty-en-grve/

 

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VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES 

Est-ce le début de la fin des Digg-Likes ?

  (Olivier)

Au fond, le problème central est celui de la confiance. Peut-on faire confiance aux votes de personnes qu'on ne connait pas. Le faible nombre de votants (quelques centaines le plus souvent) permet des manipulations faciles.
Voila pourquoi pendant longtemps encore on favorisera beaucoup les recommandations de ses proches, quel que soit le moyen de les recueillir. (28/10/2008)

Est-ce le début de la fin des Digg-Likes ?

  (Robin)

Comme pour la démocratie qui est le moins pire des systèmes ? Voter sur le Net c'est quand même ce qui se fait de mieux... (31/10/2008)

Est-ce le début de la fin des Digg-Likes ?

  (Frank Tek)

Bonjour,

Je ne comprends pas le problème d'utiliser les Digg-like pour recevoir des visiteurs? J'utilise Digg France qui m'envoie beaucoup de monde et cela se passe très bien.

Cordialement. (10/11/2008)

Re : Est-ce le début de la fin des Digg-Likes ?

  (Raphael Rousseau)

Frank, je crois que vous n'avez pas suivi le fond de l'article : il ne s'agit pas de dire que les Digg-like ne ramènent pas de visiteurs, au contraire !

Alain Garnier regrette par contre le mode de fonctionnement de ces sites qui ne donnent aucune assurance sur l'identité des votants, donc concernant la pertinence d'un score élevé.

En gros : que signifie que votre article soit noté 250 (par exemple) ?
Eh bien, dans le meilleur des mondes : que 250 personnes l'ont trouvé pertinent, intéressant. C'est le principe de base.

Alain Garnier avance l'idée que ce fonctionnement a été perverti et que, dorénavant, certains jouent sur la mesure de cet indicateur (en votant plusieurs fois, en faisant voter d'autres personnes de leur connaissance) de manière à augmenter artificiellement ce score. Donc l'essence-même de ces systèmes serait dévoyée.

Par contre, ce que ne dit pas Alain Garnier, c'est qu'il est lui-même à la tête d'une entreprise qui propose une approche différente des Digg-like et ayant pour vocation de s'y substituer. On pourrait accuser M. Garnier, en tant que partie prenante, d'être réfutable en tant qu'expert sur le sujet. On parle dans ce type de cas de "conflit d'intérêt".

D'ailleurs je ne sais pas au Journal du Net comment se passe L'écriture/relecture/sélection/validation des articles, mais je suppose que les "experts" proposent leurs articles, non ? Dans tous les cas, les responsables de la publication auraient dû (et devraient toujours) être vigilants sur de tels biais. Je ne vais pas demander à Bill Gates de faire un article critique concernant Linux, ni à Richard Stallman une présentation de Windows Vista, si ?
Eh bien, si, parfois, mais en mettant explicitement en présentation de l'auteur son appartenance à un groupe dont les intérêts sont opposés à ceux du produit, service ou personne qu'ils présentent. Cela n'a pas été le cas ici.

Enfin, ce fut malgré tout pour moi l'occasion de découvrir Jamespot, qui est un système prometteur ne souffrant sans doute pas des travers des Digg-like, puisque les gestionnaires des spots sont clairement identifiés ainsi que les contributeurs.

Malgré tout, il sera toujours possible de truander des systèmes basés à 100% sur Internet. À un moment, il faudra se résoudre à traverser la barrière entre le "on-line" et le "off-line". Cela pourrait passer par des cercles de confiance (ring-of-trust) et GnuPG ou des certificats émis par des autorités comme Verisign ou de nouveaux acteurs. (14/11/2008)

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