iPhone & co: une appli ou pas?

Délivrer du contenu ou service sur les nouveaux smartphones? Oui mais applications ou site web mobile? Quelles questions se poser pour choisir l'un, l'autre ou les deux?

Apple, avec l'iPhone et son App Store a jeté un pavé dans la mare en focalisant l'attention sur les applications pour délivrer des services multimédia. Pourtant les applications ne datent pas d'hier et même les applications Java et natives ainsi que les stores ne sont pas nouveaux. Les portails des opérateurs (Orange, SFR, Bouygues...) et des constructeurs (Nokia, Sony Ericsson notamment) en proposent depuis des années et mettent même parfois en avant le top 10 de chaque catégorie dans une application embarquée.

Alors pourquoi cet engouement soudain du public pour les applications iPhone ? Est-ce que c'est le seul moyen de délivrer un service mobile efficacement sur les iPhones ? Sur les autres Smartphones (Series 60, Windows Mobile, RIM BlackBerry, Android, Palm...) ? Traditionnellement la plupart des services mobiles à l'exception des jeux étaient le plus souvent délivrés sous forme de sites Web optimisés pour les mobiles.

Or les navigateurs mobiles ont nettement progressé ces dernières années et les Smartphones permettent de plus en plus d'accéder aux mêmes versions des sites Web que sur son PC et a fortiori d'accéder à des sites mobiles de plus en plus sophistiqués. On notera d'ailleurs au passage la montée en force du navigateur WebKit qui est la base à la fois de Safari sur iPhone, du navigateur embarqué dans l'OS Series 60, dans Android, sur les derniers BlackBerry et sur le Palm Pré. Il est donc possible d'offrir des sites présentant un navigation facile et même des transitions et un aspect graphique proche d'une application, soit en complément d'une application, soit en substitution. Quand un site Web a vraiment été optimisé, on parle désormais parfois de Webapp.

Par défaut, c'est une option intéressante car elle permet potentiellement d'adresser les principales familles de Smartphones avec une seule et même version du service, qu'on peut mettre à jour à tout moment de façon transparente pour l'ensemble des utilisateurs et indépendamment de tout intermédiaire. A l'heure où la concurrence et l'esprit du Web poussent de nombreux services vers un modèle publicitaire pour séduire leurs utilisateurs, les marges sont serrées et optimiser au mieux ses coûts est important, surtout sur les marchés européens, aux tailles plus réduites que le marché nord-américain.

Il y a me semble-t-il principalement trois éléments permettant de justifier en les combinant d'investir dans une application aujourd'hui: le fonctionnel, la distribution & l'accés et la monétisation

Le fonctionnel
C'est potentiellement un point clé si certaines fonctions nécessitent une application pour pouvoir être intégrées au service, par exemple l'accès à l'appareil photo, au gyroscope, au GPS ou pour fréquemment rappeler au client qu'il y a des éléments nouveau (mécanisme de notification).

Distribution et accès
La découverte d'un service peut à la fois passer par de la communication, du référencement dans les moteurs de recherche (SEO, SEM), de la pub mais aussi par un au catalogue d'applications dans lequel certaines applications sont mises en avant (les plus téléchargées, les dernières nouveautés, les mieux notées ou bien encore celles dont les éditeurs sont prêt à payer pour de la visibilité ...). Toutefois, sur un App Store dont l'affluence explose comme celui d'Apple, la visibilité offerte se trouve quelque peu réduite. Par ailleurs, une fois découvert, un service pour être utilisé doit rester accessible. Si les applications rendent le service accessible, l'iPhone permet également de « bookmarker » un site directement sur le homescreen avec une icône adaptée.

Monétisation
Faire payer un service dans le navigateur n'est pas chose aisée. D'une part il faut un mécanisme de paiement d'autre part il faut que les clients soient prêts à payer. L'App Store d'Apple a eu cette force de permettre à tous les utilisateurs (parce qu'ils avaient un compte iTunes associé à une carte de crédit) de pouvoir réaliser des achats pour de petites sommes de façon simple dans une expérience proche de celle proposée par les plus ergonomiques des sites Web de e-commerce.

Avec la concurrence et la montée des attentes clients, les montants perçus par application diminuent mais peuvent néanmoins constituer une ligne de revenus non négligeable pour un éditeur de services mobiles. Les autres App Stores bénéficieront-ils d'une expérience aussi fluide, notamment pour la brique de paiement ? D'autre part, si on peut imaginer qu'une application affiche de la pub au même titre qu'un site mobile, on peut aussi imaginer que des modèles plus traditionnels soient étendus en complément du modèle App Store (one-off fee), tels que le pass journée, semaine ou mois que l'on peut trouver sur des kiosques de services. A quand par exemple un Gallery>> qui fonctionne sur les Smartphones y compris en Wi-Fi pour permettre aux tiers de facturer leurs services offerts sous forme de webapps selon ce modèle ?

Les deux premiers éléments expliquent l'intérêt des clients. Si le troisième est intéressant pour les éditeurs, c'est plutôt un écueil périlleux sans beaucoup d'options qu'Apple a solutionné avec un outil global que la majorité connaissait déjà: iTunes.

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