L’univers mobile sera hétérogène, au grand bénéfice des utilisateurs

Beaucoup en rêvent, certains l’espèrent, mais l’univers mobile ne se simplifiera malheureusement pas. En réalité l’atomisation du parc et des usages mobile va s’installer durablement.

A regarder les statistiques actuelles de ventes et d'usage mobile on pourrait se croire revenu aux heures de gloire du développement du PC, lorsque qu'une combinaison unique d'OS (Windows) et de Navigateur (Internet Explorer) envahissait le marché. Cette situation a le mérite de pousser de nombreux acteurs à sauter le pas et à explorer pour la première fois l'univers mobile en développant souvent une application iphone.

Pourtant il parait difficile d'imaginer que cette hégémonie restera inchangée.
De nombreux autres terminaux sont déjà en train d'être diffusés sur le marché. Pas une semaine sans un lancement annoncé d'un nouveau terminal embarquant une plateforme de service concurrente (Android, Nokia, Microsoft, Palm, RIM, ...),

  • Les éditeurs de services recherchent certes à simplifier la distribution de leurs offres, mais tentent de réduire leur dépendance vis-à-vis des contrôles et contraintes d'Apple,
  • Les consommateurs veulent pouvoir faire un choix différent de l'iphone, pour se différencier des leurs voisins ou parce qu'ils recherchent une solution plus adaptée à leurs usages et pratiques.

     

    Bien au delà de ces pressions de marché, les facteurs s'accumulent pour accélérer le morcellement du parc et des audiences :

  • Morcellement car les technologies évoluent vite et qu'au fur et à mesure des lancements, chez le même constructeur, sur le même OS, pour le même navigateur de nouvelles fonctions et caractéristiques apparaissent. Le Hero, dernier né sous Android d'HTC, offre une capacité de lecture du Flash qui n'est pas disponible dans le Dream ou le Magic pourtant lancés quelques mois auparavant. Faut-il se priver de cette fonction sous prétexte qu'elle n'est pas disponible sur tous les terminaux ? Faut-il offrir un service répondant au plus petit dénominateur commun ? Difficile à imaginer pour un utilisateur, dévalorisant pour le fournisseur du service.
  • Morcellement au sein même du terminal. Chaque terminal présente désormais deux espaces d'audience : son écran principal et son navigateur. Tout comme sur le web, le modèle "application sur l'écran principal" qui prévaut au démarrage semble challengé à terme sérieusement par le développement des services "au sein des navigateurs". Les barrières historiques au développement du navigateur sont en passe d'être levées y compris sur le mobile avec la diffusion des solutions d'enrichissement des interfaces (Flash, Silverlight...) et la gestion des modes déconnectés (ex : Google Gears). Applications et navigateurs coexistent aujourd'hui. Les services doivent pouvoir être présents sur l'un ou les deux de ces "écrans" du terminal en fonction des contraintes et des souhaits des utilisateurs.
  • Morcellement car le terminal mobile n'est plus unique. De nombreuses variantes de terminaux nomades apparaissent, du eeepc aux lecteurs multimédia portables (ipod touch, Archos..) en passant par les tablets, ebook ou écrans embarqués dans la voiture. Ils peuvent avoir en commun un OS et un navigateur, mais de nombreuses caractéristiques les différencient (écrans, claviers processeurs, mémoire, webcam...).
  • Morcellement enfin au cours du temps et de l'espace car les types de réseaux exploités par ces terminaux sont désormais multiples. Fini les binômes traditionnels téléphone + GSM et PC + Wifi. Aujourd'hui les eeepc embarquent des cartes 3G/3G+ nativement et les smartphones sont tous compatibles Wifi. Au fil de leurs déplacements les utilisateurs passent d'un réseau à l'autre, leurs offrant plus ou moins de débit, plus au moins de disponibilité.

     

    Le parc mobile est très hétérogène principalement par manque de socles communs aux 1500 terminaux multimédia dont sont équipés les clients. Alors certes certains socles de bases sont en train d'apparaître, mais une nouvelle hétérogénéité dynamique va voir le jour. L'utilisateur sera à un moment chez lui sur un lecteur multimédia, connecté en wifi, à un autre moment en déplacement sur son smartphone connecté en 3G. Les services vont devoir suivre et s'adapter en temps réel à la combinaison des préférences de l'utilisateur, des caractéristiques de son terminal et de son contexte d'utilisation.

     

    Loin de devenir un élément bloquant, cette hétérogénéité dynamique offre de fantastiques opportunités de différenciation et de progrès.

  • De différenciation, car le champ des possibles devient très large, ouvrant des perspectives pour faire preuve de créativité et d'excellence en inventant de nouveaux dispositifs clients,
  • De progrès car le nombre d'acteurs s'impliquant activement dans le mobile augmentent et la concurrence directe devient un moteur à l'innovation. Les évolutions résultantes aussi sur bien en termes de fonctions que d'ergonomie ou de facilité d'utilisation deviennent des accélérateurs du développement de l'adoption et des usages.

     

    Rédhibitoire pour beaucoup il y a encore 12 mois, les coûts de déploiement sur le mobile deviennent acceptable étant donné le nombre d'utilisateurs et les audiences générées. Dans le futur, hétérogénéité et valeurs iront de pair, justifiant un accroissement des investissements associés au mobile. Les couts d'entrée aujourd'hui sont relativement faibles et permettent d'explorer petit à petit ce nouvel univers du mobile, et de rechercher sur le terrain, au contact du client des relais de croissance pour demain.

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