Le plan gouvernemental France Numérique 2020 désigne la facture dématérialisée comme une priorité

La France reste encore très loin des niveaux de déploiement observés notamment en Europe du Nord, précurseur en matière de dématérialisation de la facturation.

On estime aujourd’hui en France que seules 10 à 15% des factures échangées en b2b sont dématérialisées. Comme dans la plupart des pays d’Europe, les grandes entreprises sont en pointe. Elles adoptent massivement les solutions e-invoicing depuis une dizaine d’années : plus de 40% d’entre elles seraient passées à la dématérialisation fiscale, principalement pour les factures entrantes. Elles ont su évaluer précisément les bénéfices de productivité générés par la rationalisation de leurs processus comptables.
Pour les PME, en revanche, l’adoption restait souvent limitée aux factures clients et principalement à la demande de ces derniers: elles ne se considéraient pas encore prêtes à recevoir leurs factures au format électronique. Or, depuis le début de l’année 2011, les choses s’accélèrent également sur le marché des PME et les affiliations se multiplient de manière très significative. La France reste cependant encore très loin des niveaux de déploiement observés notamment en Europe du Nord, précurseur dans ce domaine. L’une des raisons à cela : l’adoption de la facture électronique par le secteur public y est totale, ce qui n’est pas le cas en France.

On le sait, les enjeux financiers liés à la généralisation de la facture électronique sont considérables : plus de 150 millions d’euros d’économies annuelles au Danemark (1); un total estimé à 40 milliards d’euros par an à l’échelle l’Union (2). En regardant de plus près le déploiement de la dématérialisation fiscale à travers l’Union européenne, on constate que :
- la mise en place d’infrastructures techniques adaptées est nécessaire. Ces infrastructures englobent parfois la gestion de la facture électronique dans un ensemble fonctionnel plus vaste, «  de la commande au règlement »;
- la qualité des mesures d’accompagnement du changement, tant auprès des administrations que de leurs fournisseurs, est le facteur clef de la réussite du projet;
- les meilleurs résultats sont obtenus par des approches volontaristes, consistant à imposer par la loi la facture électronique aux fournisseurs et aux acheteurs. 

Le gouvernement français vient de franchir une étape supplémentaire dans ce domaine avec le plan France Numérique 2020, qui intègre le développement de la facture dématérialisée comme priorité. Cette volonté politique représente un véritable levier. Elle devrait permettre d’accélérer la généralisation de la facture électronique, en particulier si le secteur public passe à l’acte et s’affranchit des factures papier.
Nous sommes donc aujourd’hui en route pour que la dématérialisation fiscale devienne un standard en b2b. Nous constatons que les mentalités et les pratiques évoluent : plus aucune entreprise ne met en doute la pertinence de cette pratique. Il s’agit avant tout d’une question de temps et de ressources pour conduire le projet au sein des entreprises tout comme de l’administration française, le déployer à l’ensemble des fournisseurs et/ou clients et accompagner les services achats et comptables dans leur évolution.
L’expérience accumulée nous permet de les épauler efficacement dans l’optimisation de toutes ces démarches. Si cette dynamique s’accompagne d’une volonté politique, les taux d’équipement ne vont cesser d’augmenter dans les années à venir et nous permettre ainsi de relever le défi posé par le Ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique dans son plan France Numérique 2020.

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