Facebook veut séduire Wall Street avec ses applications payantes

Mark Zuckerberg a annoncé ce printemps le lancement de son App store. Pour Facebook, qui sera introduit en bourse le 18 Mai 2012 à Wall Street, cette nouvelle fonctionnalité démontre une volonté d’affirmer sa rentabilité auprès de ses futurs investisseurs. De quoi les rassurer.

L'ouverture de cet "App Center" est une grande innovation pour Facebook puisque cet espace comprendra des applications payantes et viendra concurrencer les Google Play et autres App Store d'Apple.
En effet, à l'occasion de son introduction au NASDAQ, le géant des médias sociaux doit rassurer les marchés, les convaincre de sa solidité et qu'acheter des actions Facebook sera rentable.
Alors que Facebook assure aux internautes que l'utilisation de ses services restera gratuit, il lui est nécessaire de démontrer que son business plan repose sur un vrai modèle économique, capable de générer des revenus à la hauteur des attentes des investisseurs.
Augmenter ses revenus liés aux annonces, publicités, est la clé pour Facebook, le seul espace web capable de toucher 900 millions de consommateurs à travers toute la planète.

Une stratégie mobile à développer
Autre élément important pour Facebook : mettre de l'avant une vraie stratégie mobile. En effet, sur ses 900 millions d’utilisateurs, 500 millions d’entre eux utilisent leurs mobiles pour mettre à jour leur compte Facebook et publier, partager, liker. Face au développement sans précédent du mobile dans les habitudes de navigation des Internautes, la pérennité du géant des médias sociaux passe par la maîtrise du web mobile. Montrer qu'il est capable d'avoir une vraie stratégie pour les utilisateurs de mobile ne peut que rassurer les marchés.
Or, en développant une plateforme d'application, concurrente de l'App Store et de Google Play, Facebook donne un signal fort aux investisseurs, leur montre qu'il a bien compris l'enjeu d'une stratégie mobile et qu'il entend y occuper une place. Dès lors, cette nouvelle plateforme d’applications est au cœur d’une  stratégie de positionnement sur le web mobile dont le rachat d'Instagram par Facebook a été un des évènements les plus visibles et médiatisés.

Rumeurs persistantes
En plus de son App Center, des rumeurs confirment le poids stratégique du mobile pour Facebook. Depuis quelques temps, on parle du lancement d'un tout nouveau Facebook phone en partenariat avec Windows Phone et/ou HTC. Selon ces rumeurs, la date de sortie d'un smartphone Facebook interviendrait à la fin 2012, juste à temps pour les fêtes.
Autre rumeur persistance : le projet "buffy". Non, Mark Zuckerberg ne se lance pas dans la chasse aux vampires. En fait, avec ce projet, Facebook concevrait un système d’exploitation pour mobile concurrent d'Android et de Mac iOS !
La concurrence des plateformes d’applications relancée ?
Pourtant, Facebook s’y prend un peu tard dans le développement d'une stratégie mobile axée sur l'App Center. En effet, ses concurrents Google et Apple sont déjà bien implantés sur ce marché et équipent à eux deux la grande majorité des smartphones.
Pour contrer ce retard, Facebook joue le jeu de l'ouverture : l’App Center n’inclura pas seulement les applications Facebook traditionnelles, qui fonctionnent sur la plate-forme du réseau social. Les développeurs pourront aussi proposer des programmes pour Android et iOS. Ces applications auront simplement pour obligation de fonctionner avec Facebook Connect pour l’identification de leurs utilisateurs. L’accès aux applications devra, dès lors, passer par une identification sur le réseau social tandis que les commentaires postés par les utilisateurs pourront être reliés à leur page Facebook.
L'aspect social est le  clairement le point fort de l'App Center : un vrai espace de partage qui peut plus facilement viraliser une application, multiplier ses utilisateurs grâce au critère social.

Enjeux pour les entreprises et marques
Dans un contexte d'"applification" du web, la création d'un App Center par Facebook illustre l’importance du mobile et donc des applications. Pour les entreprises, il convient de prendre conscience du poids prépondérant que vont jouer les applications mobiles dans les stratégies d'engagement, de visibilité d'une marque ou d'un produit.
Pour les entreprises disposant déjà d'applications, l'ouverture de Facebook aux autres applications pour Android et Mac iOS est une bonne nouvelle. L'adaptation se fera facilement, pas besoin de tout reprogrammer pour que l'application fonctionne.

Une règle simple aux contours flous

Toutefois, dans les guidelines du nouvel App Center de Facebook, une menace pèse : « Seules les applications bien conçues, que les gens aiment seront disponibles et bien référencées », les autres seront tout simplement déclassées, oubliées. Cela veut dire que, si l'App Center est ouvert à tous, les développeurs devront tout de même faire un effort de création et d'imagination pour développer des applications qui plaisent aux utilisateurs Facebook.
Le design, l'intérêt de l'application et l'expérience utilisateurs seront donc au cœur du processus de sélection et de maintien des applications dans l'App Center.
Cette règle, si simple, ne peut avoir que des effets positifs sur la création d'applications et pousser les développeurs à se dépasser. De plus, elle ne peut que plaire aux utilisateurs auxquels on garantit des applications fonctionnelles. Ces mêmes utilisateurs seront au cœur du processus de sélection et de maintien des applications.
Pourtant, un doute... Facebook est peu connu pour sa transparence et sa communication claire à l'attention de ses utilisateurs. Les changements constants et peu visibles de ses CGU par exemple ne plaident pas en la faveur de ce réseau social.
Or, dans le cas de l'App Center, cette règle est floue.

Quels seront les critères pour dire qu'une application fonctionne bien et plaît aux utilisateurs ? Ne seront-ils pas appelés à changer sans préavis ?
Affaire à suivre...

Mark Zuckerberg