Mobile : le secteur explose en France mais les acteurs peinent à recruter

En France, le numérique mobile est le secteur qui enregistre les plus forts taux de croissance et présente les plus importantes perspectives de création d'emplois. Pourtant, les agences sont confrontées aux plus grandes difficultés pour recruter en France les talents qui leur permettront d'accompagner leur expansion.

Apparues dès le début des années deux mille, les agences mobiles interactives connaissent un essor spectaculaire depuis 2009 avec le lancement et l'incroyable développement des smartphones et des tablettes (iPhones, iPads, ...). Un nouveau cap est aujourd'hui en train de se franchir. Cantonnées à l'origine aux applications destinées aux particuliers, puis aux entreprises (applis de gestion de comptes pour les réseaux bancaires par exemple), elles sont désormais de plus en plus souvent associées dans la détermination puis la mise en œuvre de la stratégie numérique globale. Car aujourd'hui, le mobile avec ses smartphones et ses tablettes, est un élément central de la stratégie marketing et prépondérant dans les préoccupations des responsables marketing et des DSI. Pour les agences mobiles cela se traduit par des accords pluriannuels qui permettent de pérenniser leur business model. 

En France, le numérique mobile est ainsi le secteur qui enregistre les plus forts taux de croissance et, en conséquence, présente les plus importantes perspectives de création d'emplois. Des dizaines de milliers de recrutements seraient ainsi envisagés à horizon relativement proche. Dans cette optique, Clicmobile, agence mobile interactive spécialisée dans les projets à forte valeur ajoutée, ne cesse de se développer. Après l'ouverture d'une première filiale hors de l'hexagone, à New-York, l'agence a ouvert une deuxième filiale en Suisse alors qu'une autre devrait être implantée très prochainement à Amsterdam, qui couvrira le marché du Benelux. 

A chaque fois, ce sont autant d'emplois créés en France, car Clicmobile met un point d'honneur à traiter toute la production technique de ses contrats à partir de Paris, où elle est basée. Les effectifs de l'entreprise sont donc en constante et très forte augmentation: 12 salariés en 2009, 30 en 2011 et une cinquantaine prévus en 2012 ! Et c'est justement en cette année de développement sans précédent que l'entreprise se heurte à un paradoxe: en très forte croissance, elle est confrontée aux plus grandes difficultés pour recruter en France les talents qui lui permettront d'accompagner son expansion. 

Les agences mobiles interactives emploient principalement des ingénieurs qualifiés, ergonomes et designers. Certes, la France dispense des formations de très haut niveau, grandes écoles et universités, qui peuvent trouver des débouchés naturels dans le numérique (Ecole des Mines, EPITA, certaines formations universitaires, …). En revanche, aucune n'est à ce jour suffisamment  spécialisée pour fournir de jeunes diplômés immédiatement opérationnels dans ces domaines extrêmement spécialisés. Il serait bon qu'une réflexion soit menée pour faire face à une telle situation et que des formations adaptées soit rapidement mises en place pour répondre à cette forte demande.

Les agences se voient donc actuellement contraintes d'assurer leur formation elles-mêmes, ce qui présente un double risque: les jeunes recrues ne sont pas opérationnelles et ne peuvent de ce fait être impliquées dans les projets en cours pendant une durée variable mais qui peut atteindre 3 à 6 mois, occasionnant un important manque à gagner; par la suite, les agences ne sont pas à l'abri de voir les jeunes diplômés fraîchement embauchés et formés les quitter rapidement  pour valoriser leur savoir-faire dans des groupes plus importants, qui leur offriront de meilleurs niveau de rémunération et de visibilité sur les possibilités d'évolution de carrière.

Car même si le secteur est en cours de consolidation, la partie technologique et créative du numérique mobile reste fournie par une cinquantaine d'agences, souvent indépendantes, et de taille telle qu'elle ne sont pas toujours en mesure de recruter des cadres non opérationnels rapidement, puis de les retenir durablement. Pour limiter ces écueils, il semble également nécessaire d'imaginer un dispositif de soutien  spécifique, à l'image de ce qui fut fait avec le statut de Jeune Entreprise Innovante, qui a fait ses preuves mais à la durée trop limitée dans le temps.

Enfin, il apparaît que les grandes entreprises clientes sont souvent frileuses à autoriser les agences à communiquer pour « faire savoir leur savoir-faire » au plus grand nombre, notamment par le biais de communiqués commun. Une nécessité, pourtant, afin d'asseoir leur notoriété et attirer à elles les meilleurs talents. Il est ainsi surprenant de constater qu'en ces périodes de rareté d'emplois, les agences mobiles ne reçoivent que très peu de candidatures spontanées, du simple fait d'un  fort déficit de visibilité. Les autoriser voire les encourager à communiquer serait profitables à tous, en  apportant aux clients et futurs clients la garantie de services les plus sophistiqués, innovants et créatifs.

Voici quelques pistes de réflexion pour permettre aux agences mobiles d'envisager un développement harmonieux et citoyen en privilégiant les recrutements hexagonaux et en évitant autant que faire se peut  le recours à la délocalisation.

Autour du même sujet