Objects connectés : ce qui va changer au quotidien

Il y a peu, parler de « voiture connectée », de « chaussures connectées » ou de « réfrigérateur connecté » relevait de la science fiction (ou du délire geek). C’est aujourd’hui une réalité promise à un bel avenir.

De plus en plus d’objets de notre vie quotidienne sont connectés à l’Internet, directement grâce à des capacités de communication embarquées ou indirectement via un smartphone.

De quoi s’agit-il exactement et en quoi est-ce intéressant ?
Prenons un exemple. Depuis quelques années, les constructeurs automobiles développent la connectivité des véhicules: une carte 3G, une antenne et une puce GPS sont intégrés à la voiture lors de sa construction. Les avantages pour l’utilisateur sont nombreux : à distance – via un smart phone – il est possible de contrôler la fermeture des portes, de consulter la jauge d’essence, de localiser la voiture sur une carte ou encore de démarrer le chauffage intérieur – bien agréable quand il fait froid ! La connectivité permet aussi d’offrir des nouveaux services, comme la protection antivol ou l’assistance routière : offre « On Call » chez Volvo, « Connected Drive » chez BMW ou « On Star » chez GM, par exemple. Grâce au GPS et à la 3G, une voiture volée peut être suivie à la trace ; en cas d’accident (automatiquement détecté) un call-center peut contacter directement le véhicule et dépêcher des secours si besoin, directement au bon endroit bien entendu.

Ces avancées en termes de sécurité et d’expérience client deviennent progressivement la norme. Mais pour les constructeurs, les stratégies de connectivité ne sont pas uniquement de nouveaux leviers de différenciation : il s’agit – ni plus ni moins – de la mise en place de nouveaux business modèles et de l’entrée dans l’ère du « Big Data ». A noter qu’en règle générale, les offres d’assistance sont incluses pour un ou deux ans lors de l’achat et sont facturés ensuite entre 10 et 30 euros par mois selon le constructeur et le niveau de service. Les fonctionnalités de contrôle à distance (connexion voiture-smart phone) restent quant à elles gratuites.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les constructeurs ont une connaissance très limitée de leurs clients : ils disposent de réseaux de revendeurs qui gèrent des marchés locaux, et ce sont ces revendeurs locaux qui ont le contact et la connaissance des clients finaux. Pour promouvoir un nouveau modèle, Volvo, GM, Peugeot et autres n’ont guère d’autre choix que de faire de la publicité dans les médias de masse, et ce de façon peu voire pas du tout personnalisée. Connaître le client final – et lui vendre directement des services (comme le « on Call » ou le « On Star ») – permet donc de générer de nouveaux revenus mais aussi de construire des bases de données client potentiellement gigantesques – et au potentiel tout aussi gigantesque – ouvrant ainsi de nouvelles possibilité en termes de ciblage marketing, de communications personnalisées, de développement de nouveaux produits parfaitement adaptés aux usages, etc.


L’exemple de l’automobile n’est pas un cas isolé. N’importe quel fabriquant de biens de consommation peut développer une stratégie de connectivité, dès lors que le prix de vente permet d’incorporer de la technologie dans le produit et que le bénéfice client est suffisant pour permettre une adoption massive.
C’est par exemple le pari qu’a réussi Nike avec sa gamme de produits connectés Nike+. Là encore, les tarifs pratiqués témoignent de la maturité des technologies : la « puce Nike+ » coûte 20€ et s’intègre dans n’importe quelle chaussure de la marque ; les autres produits de la gamme sont vendus à des tarifs similaires à la concurrence (montre GPS, etc.) ; l’application smartphone est gratuite, de même que les services en ligne associés. Aujourd’hui, la communauté Nike+ compte plus de quatre millions de membres, ce qui en fait la plus grande communauté de runners au monde.
En connectant les chaussures à Internet (via un téléphone), Nike a non seulement augmenté la valeur ajoutée de ses produits, mais a aussi développé une connaissance clients impossible à obtenir via le réseau de revendeurs. En 2009, un article publié dans le magazine Wired expliquait: « grâce à son système Nike+, Nike sait qu’aux États-Unis, en hiver, les gens courent plus souvent qu’en Europe ou en Afrique, mais sur des distances plus courtes. La durée moyenne d’un footing dans le monde est de 35 minutes, et ces temps-ci la chanson que les gens écoutent le plus quand ils courent est ‘Pump It’ de Black Eyed Peas ».

Le potentiel marketing est immense. Aujourd’hui, une puce GPS, RFID ou une carte 3G ne coûtent quasiment rien. L’explosion des réseaux sociaux, la « self médiatisation » ou de nouvelles tendances comme le « quantified self », sont autant d’opportunités pour les marques d’offrir de nouveaux services à leurs clients…et d’apprendre à mieux les connaître pour toujours mieux les servir.

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