Noms de domaine : Melbourne IT cède sa division B2B pour €120 millions

C'est l'une des plus grosses opérations du secteur des noms de domaine. Une des plus inattendue également. L'Australien Melbourne IT vient de vendre sa division B2B à l'Américain CSC.

Les spécialistes de fusion acquisition dans l'industrie des noms de domaine n'en reviennent toujours pas. Melbourne IT, registrar australien et l'un des quatre grands sur le secteur de la gestion d'identité numérique pour les entreprises, vient de céder son activité B2B à un autre membre de ce quatuor de tête, l'Américain Corporation Services Company ou CSC.
Au-delà de la transaction en elle-même, c'est son montant qui étonne. 152,5 millions de dollars australiens (environ 120 millions d'euros), un prix de vente jugé tout simplement "sensationnel" par certains analystes financiers. Il faut avouer que le chiffre a de quoi étonner, surtout si on le replace dans le contexte général de Melbourne IT avant vente.
Historiquement, Melbourne IT est un registrar grand public assurant son développement par le biais de revendeurs. Mais depuis quelques années, Melbourne IT avait poussé sur le secteur à forte marge de la gestion des noms de domaine des entreprises. En 2008, il achète la division "digital brand management services" (DBMS) de Verisign. Cette société américaine, a en effet souhaité se recentrer sur son activité principale, celle de gestionnaire unique du .COM.

A l'époque, Melbourne IT a payé un peu plus de 38 millions d'euros pour Verisign DBMS…

Un joyau au prix fort

Fortement investi dans les nouvelles extensions, marché sur lequel la société aidait les candidats potentiels à monter leurs dossiers mais dont les vrais retours sur investissement ne sont pas attendus avant 2014, Melbourne IT était depuis quelques temps chahuté en bourse.
A tel point que la vente à CSC représente 95% de la capitalisation totale de Melbourne IT, qui s'élevait à 160 millions de dollars australiens juste avant l'opération !
Si les difficultés de Melbourne IT étaient connues, personne ne s'attendait à voir l'australien céder ce qui était considéré comme le joyau de sa couronne. Mais l'offre de CSC aura été tout simplement trop belle pour être refusée.

Consolidations

Sur ce secteur niche des services à valeur ajoutée aux entreprises, les trois acteurs restants se sont également tous construits par croissance externe, avec des opérations d'envergure sur les deux dernières années.
En 2011, NetNames Group s'appelait encore Group NBT lorsque le fond d'investissement britannique HG Capital l'a racheté pour 153 millions de livre (175 millions d'euros). Et l'année suivant, c'est le troisième major de ce secteur, l'américain Mark Monitor, qui a été racheté par Thomson Reuters, spécialiste de l'information aux entreprises et un groupe géant de 60 000 employés dans le monde.

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