Les trois grandes tendances des réseaux d’entreprise

Les DSI doivent intégrer les innovations technologiques pour rester compétitives avec un budget qui diminue chaque année. Elles doivent protéger leurs investissements existants, en s’appuyant sur des standards ouverts.

Trois grandes tendances, au sein du réseau d’entreprise, sont abordées régulièrement par les responsables IT : la convergence, le Software Defined Network (SDN) et les réseaux distribués.
Ce qui caractérise et différencie les réseaux dans leur capacité à répondre à ces tendances est le fait que, contrairement aux serveurs, les prix n’ont pu être réduits par une architecture standardisée telle que l’x86 qui a ouvert et diversifié le marché. Malgré une plus forte préoccupation des dirigeants d’entreprises pour la réduction des coûts, le marché des réseaux d’entreprise est resté dominé par un seul acteur majeur qui a établi la tarification.
Cependant, des technologies nouvelles émergent et, avec elles, de nouvelles options sont possibles. Au moment où les dirigeants d’entreprises commencent à développer leur stratégie réseau et à profiter d’approches innovantes, de nouvelles alternatives aux architectures traditionnelles, originales et moins coûteuses, changent la donne.

La convergence

La convergence n’est pas qu’une question de réseaux mais son impact sur la façon dont ils sont gérés et, surtout, sur ceux qui les gèrent, ne doit pas être sous-estimée. Auparavant, l’informatique fonctionnait en silos, avec des administrateurs serveurs, stockage et réseau, gérant leur organisation de façon relativement indépendante. Lorsqu’une personne au sein de l’entreprise voulait disposer d’une nouvelle ressource, travailler avec les différents acteurs pouvait s'avérer complexe et difficile.
La virtualisation a facilité la résolution de ce problème dans une certaine mesure, grâce à sa capacité à passer à travers les domaines et à briser ces cloisonnements traditionnels. Cependant, cette avancée a créé un nouveau rôle, les « administrateurs de virtualisation », chargés de gérer la multiplicité des technologies proposées par un grand nombre de fournisseurs. Ces derniers ont construit leur infrastructure de virtualisation en sélectionnant de façon traditionnelle les meilleures plateformes individuelles (serveur, stockage et réseau) et en gérant l’infrastructure virtuelle à l’aide d’outils de gestion de système existants optimisés pour les plateformes individuelles et pour les environnements physiques.
Ces dernières années, un nouveau paradigme pour une infrastructure informatique virtuelle x86 appelée « infrastructure convergée » a obtenu un regain d’intérêt. Une infrastructure convergée idéale est un système intégré de calcul, de stockage et de réseau, géré par un seul outil logiciel et fournissant des pools de ressources virtualisées qui peuvent être utilisées pour exécuter des applications, une infrastructure de bureau virtuelle et des clouds privés.
Les vraies solutions d’infrastructure convergées devraient offrir quelques fonctionnalités-clés :

* Une infrastructure modulaire : des serveurs modulaires, des réseaux virtuels et des plateformes de stockage intelligentes et automatisées connectés à un réseau de stockage (SAN) fusionné et à des structures Ethernet.
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Une gestion convergée : des opérations d’infrastructure unifiées, pour des équipes d’infrastructure, à l’aide d’outils simples et intuitifs destinés à des tâches répétitives et courantes.
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Des modèles de livraison : des moyens flexibles pour permettre aux clients de déployer des systèmes convergés, allant de systèmes pré-intégrés jusqu’à une approche « do-it-yourself ».
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Des architectures de référence complètes : des plans directionnels flexibles pour déployer des applications d’entreprise, des interfaces de console virtuelles (VDI) et des solutions de cloud privés.

Les seuls désaccords touchent l’identité du propriétaire de l’infrastructure convergée. La plupart des fournisseurs réseau souhaitent, bien évidemment, garder le contrôle des administrateurs réseaux. Ces solutions permettront à un administrateur réseaux de gérer des serveurs mais pas nécessairement l’inverse.

Une solution réellement convergée doit offrir les deux options : les administrateurs serveurs doivent être capables de gérer le réseau et les professionnels des réseaux doivent avoir accès à l’infrastructure serveur. Des outils flexibles peuvent offrir cette fonctionnalité : soit une configuration correspondant à un domaine basé sur un réseau, soit le contrôle reste entre les mains des administrateurs serveur. Encore une fois, cette ouverture est la clé permettant de fournir la flexibilité nécessaire à l’entreprise.

Le Software Defined Network (SDN)

Bien que cette technologie en soit encore à ses débuts, le Software Defined Network (SDN) est largement évoqué comme une révolution des infrastructures réseau, de la même manière que la virtualisation sur le marché des serveurs. Les réseaux traditionnels ne sont pas capables d'offrir la flexibilité indispensable aux gestionnaires de réseau. Les développeurs disposent de peu, voire d’aucune capacité, de modifier ou de transformer les structures du Network pour fournir une intégration complète des applications à l’infrastructure réseau. Les commutateurs réseau ont toujours fonctionné sur base de processeur hardware pour acheminer des données, ce qui a donné relativement peu de moyen de contrôle à l’équipe informatique sur le trafic des données à travers le réseau.

L’émergence des réseaux SDN offre aux administrateurs réseau un contrôleur découplé du commutateur à partir duquel ils peuvent exploiter et contrôler le flux des données, sans avoir à configurer manuellement des éléments hardware du réseau. Les administrateurs peuvent prendre le contrôle de réseaux entiers de commutateurs à partir de ce commutateur offrant une architecture réseau virtuelle flexible adaptée aux besoins informatiques actuels. Cela permet une approche bien plus pragmatique de la gestion du réseau, qui élimine des heures de routage manuel, tout en offrant la possibilité de répondre beaucoup plus rapidement aux priorités métiers de l’entreprise.
Le SDN possède de nombreux avantages. Les administrateurs réseau vont pouvoir utiliser et configurer  du matériel moins coûteux, le SDN s’installant indifféremment sur toute plateforme réseau. 

Des architectures traditionnelles aux architectures distribuées

Les réseaux traditionnels centralisés et monolithiques, avec des commutateurs réseaux classiques, deviennent de plus en plus inadaptés aux besoins métiers actuels. Tout d’abord, parce que les employés sont de plus en plus dispersés et mobiles. La virtualisation et le cloud computing ont amené un trafic de serveur à serveur (Est/Ouest) beaucoup plus important qu'auparavant. Enfin, les entreprises ont désormais des volumes de données à traiter, stocker et analyser beaucoup plus importants.
Les réseaux monolithiques ne sont tout simplement pas bâtis pour gérer ce nouveau type de trafic « horizontal » dispersé. Les réseaux traditionnels sont conçus pour gérer un trafic « nord-sud » linéaire et sortant des datacenters. Faire évoluer ces réseaux est un processus coûteux et complexe, en particulier avec l’ajout de commutateurs d’un seul fournisseur jusqu’à ce que le châssis ne puisse plus en contenir, et la réalisation d’une mise à niveau drastique de remplacement, est potentiellement perturbatrice. Les commutateurs principaux constituent le cœur du réseau, c’est pourquoi les entreprises ont invariablement fini par se trouver « coincées » à long terme avec leur fournisseur de commutateurs.
Des approches alternatives distribuées, plus évolutives, commencent à émerger sur le marché. Comparé au design traditionnel, l’architecture principale distribuée peut évoluer par le biais de commutateurs Ethernet moins coûteux, tout en offrant une structure résiliente et redondante qui améliore la fiabilité en éliminant l’unique point de défaillance avec de meilleures performances pour tout flux de données.
Néanmoins, tous les réseaux distribués ne sont pas égaux et de nombreux fournisseurs réseaux ont entrepris des approches propriétaires pour la mise en place de réseaux avec une architecture distribuée, « enfermant » les clients avec un seul fournisseur tout autant qu'avec une approche monolithique. Le cœur de l’infrastructure peut être distribué mais, avec des normes, des protocoles et des systèmes d’exploitation propriétaires, le réseau doit être géré comme une seule entité, sans aucune portée pour atteindre l'interopérabilité. Cependant, une approche des architectures principales distribuées avec des normes ouvertes permet un plus grand niveau de flexibilité, permettant aux directions informatiques de panacher les composants en fonction de leurs besoins et de leurs possibilités financières.

Etre « ouvert » au succès

La voie du changement dans le réseau d’entreprise est passionnante et crée des opportunités de transformation. Pendant trop longtemps, les utilisateurs finaux ont été contraints de conserver des technologies et des cycles de coûts qui ont empêché l’innovation. L’ascension des standards ouverts, et la prise de conscience que les modèles propriétaires ne sont pas dans l’intérêt des clients, laissent la place à de nouvelles solutions et donc à de nouveaux défis.
Dans le monde du Networking, l’avenir est prometteur, l'avenir est « ouvert ».

 

 

 

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