Le SMS peut-il faire face au Tweet ? Est-il une espèce en voie d’explosion ?

Avec l'explosion des Tweets, des posts sur Facebook, des usages de Pinterest, Tumbler et aussi l'explosion des pages sur LinkedIN, les Français ont-ils encore le temps de s'envoyer des SMS ? Ce mode de communication est-il perçu comme ringard et dépassé ou a-t-il encore de beaux jours devant lui ?

Avec la multiplication de dispositifs techniques, les Français n’ont jamais autant twetté, interagi sur Facebook, posté de photos sur Instagram ou participé à des groupes Linkedin et pourtant ils trouvent encore le temps d’envoyer des SMS ! Au lieu de se cannibaliser, les usages se stimulent mutuellement et le traditionnel SMS n’est pas mort. Loin de là ! En effet, le dernier Observatoire des marchés des communications électroniques en France publié par l’ARCEP indique que le nombre de SMS émis au cours du premier trimestre 2013 s’élève à 49,4 milliards et continue d’augmenter à un rythme annuel à deux chiffres, avec + 11,5 % en un an. Les consommateurs envoient en moyenne 255 SMS par mois soit 20 SMS de plus qu’en 2012.

Comment peut-on expliquer que le SMS résiste aussi bien face à une concurrence sans cesse plus abondante ?

Les raisons sont nombreuses et toutes cumulatives :

  • Côté offre, les opérateurs ont renoncé à la manne financière que constituaient pendant longtemps le SMS et proposent désormais quasi systématiquement des forfaits illimités.
    Par conséquent, ceci lève la contrainte de la taille réduite à 160 caractères par SMS. On écrit tout de qu’on veut puisqu’on peut en envoyer un nombre illimité.
  • Par ailleurs, la fonctionnalité T9 qui aide à la reconnaissance des mots lorsqu’on écrit facilite grandement la rédaction qui devient alors aussi facile qu’un mail écrit depuis un clavier. Le SMS n’est plus laborieux mais ludique.
  • Enfin, la qualité des réseaux 3G permet un échange en temps réel et donc un usage ping pong synchrone sous tendant une conversation.
Cerise sur le gâteau : le smartphone classe maintenant les conversations par interlocuteur, permettant de garder une trace écrite des échanges et donc de prendre des décisions tracables et dont l’historique peut être relu. Le smartphone fait alors office de mémoire. Cette évolution technique du SMS ouvre alors à l’usage professionnel en substitut du mail. On peut ainsi échanger sur du fond et pas uniquement sur des messages courts de coordination ou de clin d’œil affectif.
La dernière révolution du SMS réside dans la fonction envoi multiple qui est à la fois facile à déployer et indolore financièrement. Elle permet aux jeunes de partager des contenus ludiques et d’interagir dans l’instant pour réagir à chaud sur des émissions ou des private jokes. Le SMS wagons enrichi des SMS des uns et des autres voit le jour. Il remplace le MSN de la génération précédente.
La propension des jeunes Y et Z à collaborer, interagir, partager sur des formats narratifs très courts visibles de leur groupe de pairs joue en faveur du SMS. Toujours à portée de mains, le smartphone via le SMS constitue plus que jamais le cordon ombilical qui relie les membres de la tribu.

Si le tweet est branché et distinguant, le SMS n’en reste pas moins une valeur sûre qui a encore de beaux jours devant lui.     

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