Gregers Kronborg (Northzone) "Les réseaux sociaux donnent un second souffle aux modèles disparus avec la bulle Internet"

Présent à Oslo, Stockholm, Copenhague et plus récemment à Londres, le dirigeant du fonds d'investissement nordique Northzone présente son activité.

Quels types d'investissements réalise Northzone ?

"Nous investissons en moyenne de 6 à 10 millions d'euros par société"

Depuis 1996, Northzone a investi dans près de 75 sociétés et principalement en early stage. Ces dernières années, nous avons également réalisé des investissements en expansion pour accompagner nos sociétés plus matures et équilibrées à l'international. Dans l'ensemble, nos deals se répartissent à 50% en early stage et à 50% en capital-croissance. Par conséquent et dans un cycle complet, nous investissons en moyenne de 6 à 10 millions d'euros par société, en comptant un premier tour de table qui débute autour de 2 millions d'euros. Nous réalisons de six à huit  investissements chaque année.

 

Quel genre de sociétés avez-vous à votre portefeuille ?

Dans l'e-business nous avons par exemple récemment investi dans le Square européen iZettle et sommes également actionnaires de l'eBay russe Avito. Nous sommes aussi au capital de sociétés spécialisées dans le multimédia comme doubleTwist, Videoplaza et Tobii, des spécialistes de jeux vidéo sociaux Playdo et Funcom ainsi que du réseau publicitaire mobile Widespace. Je suis également au conseil d'administration de Trustpilot qui est en quelque sorte un Tripadvisor pour les produits autres que touristiques et qui opère notamment en France. Northzone est également actif dans les cleantech et le hardware et enfin, nous sommes l'un des premiers investisseurs de Spotify.

 

Northzone a également réalisé le premier investissement dans une application Spotify...

Nous avons en effet investi près de 2,5 millions d'euros dans Sounddrop, une application présente au catalogue Spotify fondée à Oslo et qui permet d'écouter de la musique en ligne avec des amis. La société souhaite accompagner les labels dans leur manière d'approcher leurs fans.

 

Etes-vous toujours actionnaire de Spotify ? La société va-t-elle rentrer en bourse ?

"Nous détenons toujours 10% de Spotify"

Nous avons investi entre 7 et 8 millions d'euros lors du premier tour de table de Spotify et nous avons jusque-là défendu nos actifs. Nous détenons donc toujours 10% de la société.

Je considère que cette société a aujourd'hui toutes les opportunités qui s'offrent à elle, dont une potentielle IPO. Mais c'est aux fondateurs d'en décider.

 

Vous avez récemment embauché un directeur d'investissement à Londres. Pourquoi ?

"Il y a un réel problème générationnel dans le capital-risque"

D'une part la Grande-Bretagne est un marché très attractif et nous avons également recruté Lea Bajc pour apporter un nouveau souffle à Northzone. Notre équipe est très sénior et je dois dire que nous avions besoin d'intégrer des membres plus jeunes pour nous apporter de nouvelles perspectives. Nous devons en effet reconnaître qu'il y a un réel problème générationnel dans le capital-risque. Dans le domaine des réseaux sociaux par exemple, je ne suis pas certain que nous sommes à même de tout comprendre. Recruter quelqu'un de plus jeune est également un moyen de se rapprocher des entrepreneurs et donc d'appréhender certains marchés plus rapidement.

 

Quels sont les secteurs sur lesquels vous capitalisez le plus ?

Il y a encore beaucoup à faire dans les nouveaux médias, l'e-commerce, les réseaux sociaux et dans le cloud computing. L'émergence de ces deux derniers secteurs permettent aux business models qui sont morts dans l'œuf à l'époque de la bulle Internet de se développer. D'une part parce que l'exécution est aujourd'hui plus rapide et donc la capacité d'une société à générer des revenus l'est également. Mais aussi parce que tout ce qui est fait dans l'industrie du Web vise désormais à améliorer le reach social et la viralité des informations, donc la croissance des revenus. Nous sommes donc dans une époque où l'on développe peut-être moins d'innovations technologiques mais davantage des modèles économiques viables, dépendants d'infrastructures palpables.

 

Diplômé de l'Université technique du Danemark et de l'école de commerce de Copenhague, Gregers Kronborg fonde la société Cocom en 1996 qui est spécialisée dans les réseaux câblés et acquise par Cisco en 1999, firme dans laquelle il restera jusqu'à juillet 2001. Business angel depuis 2001, Gregers Kronborg rejoint Northzone en 2003 comme associé. Il est également vice-président de l'association danoise de capital-risque et promoteur immobilier.