LinkedIn devient profitable et s'implante en France

Le réseau social professionnel, qui compte entrer en Bourse, passe au vert pour la première fois en 2010. Il ouvre par ailleurs un bureau à Paris.

Un mois et demi après avoir annoncé son intention de s'introduire en Bourse, le réseau social professionnel américain LinkedIn publie de bons résultats 2010 (Lire "Combien et comment LinkedIn gagne-t-il de l'argent ?", du 28/01/11). De quoi convaincre un peu plus les investisseurs, qui ne connaissent toujours pas la date de cette IPO ni le prix de vente des actions. Selon le "Wall Street Journal", LinkedIn souhaiterait lever 200 millions de dollars, valorisant la société 2 milliards de dollars.


Le réseau social a de solides arguments à faire valoir, à commencer par sa croissance. Il a plus que doublé son chiffre d'affaires en 2010, à 243 millions de dollars. 42 % de ses revenus viennent des services de recrutement payants, 33 % de la publicité et 25 % des abonnements. Surtout, cette croissance s'accompagne d'un bénéfice net de 15,4 millions de dollars, contre une perte de 4 millions de dollars en 2009.


Même s'il est présent au Royaume-Uni, en Irlande, Pays-Bas, Australie, Canada et Inde, le réseau social garde une très forte empreinte américaine. Les Etats-Unis génèrent en effet 73 % de son chiffre d'affaires. Le Royaume-Uni suit avec 10 %. La société affiche cependant une ambition mondiale et cite les coûts liés à l'expansion internationale comme un des facteurs qui devrait la faire repasser dans le rouge en 2011.


La France est le premier pays responsable de cette baisse annoncée du résultat net. LinkedIn vient en effet d'y ouvrir un bureau commercial. Dirigé par Laurence Bret, une ancienne d'Orange et d'AOL, il sera chargé de faire connaître le réseau social au grand public comme aux entreprises. Sur le marché historique de Viadeo, LinkedIn souffre "d'un manque de notoriété", reconnaît Laurence Bret. Première action, une campagne de publicité est lancée aujourd'hui.


LinkedIn revendique une audience en France de 2 millions de visiteurs uniques en janvier. Autant y seraient désormais inscrits. "Cela représente une pénétration de 20 %, le point d'inflexion pour les réseaux sociaux. A partir de là, l'effet réseau se déclenche", assure Laurence Bret.

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