Michel de Guilhermier (L'Accélérateur) "Avec L'Accélérateur je veux créer un Y Combinator français"

Le fondateur de Photoways et d'Inspirational Stores détaille son nouveau projet : L'Accélérateur. Un programme d'accompagnement de start-up qu'il lance mi-mars avec trois associés.

JDN. Quelle est la genèse de votre nouveau projet ?

Michel de Guilhermier. J'ai eu l'idée de ce projet il y a un peu plus de deux ans. Cela fait 15 ans que je suis maître de conférence à HEC Entrepreneur, que je fais du coaching, que j'investis dans des start-up .... Pour ce projet je me suis donc entouré de trois associés : Juan Hernandez, un ancien de Lagardère qui a une longue expérience de conseil en start-up ; Jonathan Lascar un entrepreneur qui a travaillé chez Internet Venture Capital ; et Guillaume Truttman un expert en stratégie ecommerce mais aussi entrepreneur et business angel. Nous avons tous la passion du coaching et de la pédagogie.

 

En quoi consiste L'accélérateur ?

Je m'inspire beaucoup de Y Combinator dans la Silicon Valley. Nous allons investir un peu d'argent dans chacune des start-up que nous accompagnerons, dès le départ afin d'aligner nos intérêts. Autour de 15 000 euros pour détenir autour de 5% de leur capital. Ce sera notre seule façon de nous rémunérer. Nous suivrons ensuite les start-up pendant quatre mois. Si nous faisons du bon boulot, si nous faisons les bons choix, nous pourrons nous rémunérer plus tard. C'est un modèle à la croisée des chemins, entre formation l'investissement.

 

Quelle aide apporterez-vous aux start-up ?

Les start-up auront un accès permanent et à volonté aux conseils des associés. Nous les aiderons autant qu'elles veulent et quand elles veulent. Nous les conseillerons sur tous les aspects : l'idée de départ, le business model, l'économie du projet et ses metrics, le juridique, le plan de financement... Par ailleurs, nous organiserons toutes les semaines des dîners avec des entrepreneurs expérimentés avec qui ils partageront leur expérience. Mais nous ne sommes pas un incubateur. Nous n'offrirons pas de locaux aux start-up. Si nous avons de l'argent, je préfère le mettre dans de la formation plutôt que dans des locaux qui n'apportent pas de valeur aux start-up. Après ces quatre mois d'accélération, nous organiserons une journée de rencontre avec des investisseurs devant lesquels ils pitcheront leur projet. Nous continuerons de les accompagner au bout de ces quatre mois, mais évidemment moins souvent. L'objectif est que les start-up qui participent à L'Accélérateur puissent lever des fonds dans les mois qui suivent leur départ du programme.

 

Quel profil de start-up allez-vous sélectionner ?

Nous accompagnerons des start-up qui ont déjà un projet à minimum abouti. Quelque chose de proche d'être commercialisé. Nous investirons évidemment dans des start-up Web car c'est le domaine dans lequel nous sommes le plus capables de former des entrepreneurs. Nous lançons le concept avec une première promotion mi-mars. Pour débuter, nous commencerons avec 5 start-up. En 2005, Y Combinator a commencé avec 8, aujourd'hui sa dernière promotion en compte 43. Pour le moment, nous étudions les dossiers que nous recevons, nous ferons notre sélection en février.

 

Comment avez-vous financé ce projet ?

Je ne peux pas vous donner de chiffres précis. Mais j'ai apporté personnellement les deux tiers de l'investissement, ce qui représente plusieurs centaines de milliers d'euros. Et en plus de mes trois associés, deux fonds d'investissement sont au tour de table. Un classique, Partech ainsi qu'un fonds d'entrepreneur, Jaina Capital, le fonds personnel de Marc Simoncini. Leur rôle sera à la fois d'aller à la rencontre des entrepreneurs qui participent à notre programme pour leur expliquer leur mode de fonctionnement, les améliorer dans leurs pitchs. Ils nous enverrons aussi des dossiers de projets trop jeunes pour leur cible d'investissement. Ils seront aussi privilégiés s'ils désirent investir dans les start-up de notre programme. Deux autres fonds nous rejoindrons dans les prochains jours. Un fonds classique et un autre fonds d'entrepreneurs.

 

A quel moment du développement des start-up comptez-vous sortir du capital ?

Je ne veux pas jouer à l'investisseur, nous sommes avant tout une école de formation pratique. Si un jour on attend avant de sortir du capital d'une start-up parce que l'on croit fortement au projet, que penserons les investisseurs si nous cherchons à sortir très tôt d'une autre ? Que l'on n'y croit pas ? Il faut que nous soyons clairs dès le début. C'est pourquoi nous sortirons en trois fois, lors de leurs trois premières levées de fonds, en revendant à chaque fois un tiers de notre participation.

 

 

Diplômé d'HEC en 1985, Michel de Guilhermier débute sa carrière chez Bain & Company comme consultant en 1987, avant de rejoindre Dole Food en 1990 comme directeur du développement puis Pepsi Cola en 1993 jusqu'en 1996. Il rachète ensuite le groupe Provifruits, à Lyon, une société d'une centaine d'employés réalisant 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, qu'il quitte en 1999. En 1998, il crée sa propre société de consultants spécialisée sur le marché du private equity. En 2000, il crée Photoways.com qu'il quitte en 2006 tandis que le groupe réalise un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros. Il crée ensuite la société de délégation e-commerce Inspirational Stores en 2007 qu'il fusionne avec Motoblouz.com. Il détient par ailleurs des participations et conseille plusieurs projets, dont le vendeur de champagne Plus-de-bulles.com et le marchand de chaussettes Dino & Dino.

Capital risque / Chiffre d'affaires