Displair : l'écran qui risque de révolutionner l'affichage pub

Displair Un écran qui projette des images à partir d'un flux d'eau et de particules d'air, doté d'un système de reconnaissance gestuelle ? Bientôt, ce ne sera plus de la science-fiction.

Cette scène de Minority Report au cours de laquelle Tom Cruise fait défiler des photos sur un écran virtuel risque de bientôt sortir du cadre de la fiction pour s'installer dans notre quotidien. La "faute" à un ancien étudiant russe en physique, Maxim Kamanine qui, fort d'une levée de 3,8 millions de dollars réalisée sur la base d'un premier prototype, s'apprête à commercialiser le premier écran interactif projetant des images sur un flux d'air et de particules d'eau. Une révolution qui a pour nom "Displair", présentée au grand public pour la première fois lors du CES de Las Vegas, et qui permet aux utilisateurs de manipuler les images diffusées et sentir les objets projetés.

"Grâce à un espace réservé à des capsules spéciales, il est également possible d'évaporer une odeur dans l'air qui projette les images. Pour les marques et les annonceurs, c'est un tournant", expliquait à Influencia Karina Lawrence, directrice générale d'InspiRational, la société en charge de la distribution du produit aux Etats-Unis. Les opportunités pour les agences digitales, bien sûr, mais également tout un pan de l'industrie allant de la santé au cinéma en passant par la musique ou l'hôtellerie, sont nombreuses. Quelques médias se sont d'ailleurs fait l'écho de l'intérêt supposé de L'Oréal pour l'outil, dans le cadre de la promotion de l'un de ses parfums, sans que pour l'instant plus d'informations ne filtrent. 

Maxim Kamanine l'a bien compris, qui a installé le siège de sa société à San Francisco pour se rapprocher de ses clients potentiels, sur un marché où il espèrerait atteindre les 3 000 ventes d'ici fin 2013. Il faut dire que son appareil ne manque pas d'atouts, à commencer par son poids qui, de l'ordre de la dizaine de kilos, est sensiblement inférieur à celui de ses concurrents, situé entre 80 et 200 kilos. Surtout, ces derniers ne disposent pas du système de reconnaissance gestuelle "multi-touch" (grâce à une caméra infrarouge qui capte les gestes de l'utilisateur et les retranscrit sous forme d'action au PC ou smartphone connecté) qui permet, comme son nom l'indique, à plusieurs personnes d'interagir avec l'écran en même temps. De sorte que les perspectives "business" de Displair sont beaucoup plus nombreuses, ne se cantonnant pas au seul marché du "BtoB".

Reste que la société n'en est encore qu'au stade de la commercialisation. Le prix de vente vient d'être fixé à 15 500 dollars auquel s'ajoutent d'éventuelles taxes de transport. Il serait d'ailleurs également possible de louer Displair lorsque celui-ci sera opérationnel. Car l'appareil, doté d'un écran de 60 x 45 cm (30 pouces), ne semble pas encore totalement finalisé. Sont pointés du doigt sa forte consommation en eau (1 litre par heure) et la nécessité de le préserver du soleil, l'écran fonctionnant par rétroprojection. 

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Exemple d'application possible dans un aéroport. © Displair

Maxim Kamanine en est, de fait, encore au stade de la séduction des partenaires, lui qui s'est lancé dans un roadshow américain début août, à la recherche de distributeurs mais également d'investisseurs de la Silicon Valley susceptibles de lui permettre de passer à la vitesse supérieure. Il a également donné une conférence de présentation à Dubaï, au cours de laquelle il a affirmé que le Moyen-Orient était un marché absolument stratégique. Ne doutons toutefois pas qu'il trouvera des oreilles attentives à un projet qui pourrait, à terme, ringardiser la réalité augmentée telle que nous la connaissons actuellement.

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