Stéphane Jaillette (Péoléo) "La puissance du média Web est encore sous-estimée"

Distinguée d'un Net20 pour sa création pour Leroy Merlin, l'agence interactive Péoléo veut sortir de l'ombre. Son nouveau directeur général nous livre sa vision de la publicité sur Internet.

Comment évolue votre activité depuis la création de Péoléo en 2001 ?

Stéphane Jaillette. Péoléo était à l'origine un studio de production. Mais nous affirmons notre positionnement en tant qu'agence autonome depuis 2006-2007 et nous ne nous contentons plus du rôle de prestataire de service pour d'autres agences de communication. Nous allons d'ailleurs mettre en ligne un nouveau site d'ici la fin du premier semestre 2010 qui donnera une meilleure vision du fonctionnement de l'agence. Une agence entièrement consacrée à Internet même si elle s'élargit pour accompagner les clients.

 

Qui sont vos principaux clients ?

Leroy Merlin pour qui nous avons réalisé la campagne "Plus belle ma maison" ou encore "Bien au chaud dans mes économies", Décathlon pour qui nous avons créé récemment le site événementiel Restezenforme.com, KFC avec notamment la campagne "Tastyworld", ou encore GDF Suez et Courtepaille depuis quelques temps. L'intérêt de travailler avec des marques fortes est qu'elles nous permettent de pousser plus loin des dispositifs. Les volumes d'investissement sont plus importants et elles savent aussi prendre des risques.

 

"Internet pris en amont des stratégies de communication peut jouer un rôle plus important"

Comment vous positionnez-vous sur le marché ?

Nous cultivons une position entre créativité et efficacité. Ailleurs, soit l'on trouve des contenus très créatifs, mais parfois un peu gratuits dans le sens où les publicitaires se font plaisir mais ne servent pas le produit, soit l'on trouve des publicités où l'efficacité l'emporte au détriment de la créativité. Chez Péoléo, au-delà de la créativité, nous nous appuyons sur une cellule de Web analytics qui permet d'intégrer dès le début la problématique du tracking. Nous suivons ainsi le comportement des internautes sur les sites que nous créons et leur posons également des questions pendant leur navigation. Les résultats sont ensuite analysés avec nos clients.

 

Comment jugez-vous l'intégration du Web dans les stratégies de communication des annonceurs ?

La route est encore longue car Internet est souvent considéré comme un canal marketing et pas comme un média, ou en tout cas un média secondaire. Les annonceurs le considèrent encore comme un relai de campagnes traditionnelles, et le mettent rarement au cœur de leurs problématiques de communication et de leur dispositif média. Il reste encore un gros travail de pédagogie à faire. Internet pris en amont des stratégies de communication peut pourtant jouer un rôle important.

Il faut dire que les médias traditionnels ont toujours un côté rassurant car ils correspondent à des schémas de travail bien établis entre acteurs tels que les régies et agences média. Et en interne il est plus facile de faire accepter une campagne en télévision ou d'affichage que sur le Web, faute d'expérience et bien qu'Internet soit moins cher et offre des résultats plus traçables. Pourquoi ? Parce que le Web pâtit encore d'idées reçues . A savoir l'idée que la connexion Internet pourrait être insuffisante chez les clients, que la cible serait limitée alors qu'au contraire le Web permet un ciblage beaucoup plus fin, ou encore que la publicité en télévision ou en affichage est forcément visible pour tout le monde, clients comme salariés, alors qu'il faut être consentant sur le Web. Des freins qu'il faut lever. Encore aujourd'hui, la puissance du média Web est encore sous-estimée.

 

Quels sont vos chantiers pour 2010 ?

Nous souhaitons poursuivre l'intégration de nouveaux métiers liés à l'interactif. Nous commençons à constituer un département création de trafic. L'enjeu est important en matière de maîtrise de la qualité et de la quantité de trafic, et donc de visibilité de nos dispositifs. Nous montons aussi un département planning stratégique pour accompagner le client dans sa stratégie digitale de manière complète.

Par ailleurs, nous travaillons depuis 2009 sur des applications iPhone qui vont bientôt sortir, comme par exemple celle de Courtepaille en avril. La demande est de plus en plus forte à ce sujet chez nos clients.

Enfin, Péoléo cherche cette année à être plus visible. Si nous n'avons pas vraiment souffert de la crise l'année dernière, nous voulons progresser et gagner de nouveaux budgets. L'accent sera donc mis sur la communication de l'agence en 2010.

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