Bridget Karlin (Intel) "Intel investira rapidement 100 millions de dollars dans des spécialistes de la voiture connectée et autonome"

La responsable de la stratégie IoT du géant américain de l'informatique dévoile les ambitions d'Intel sur le marché du véhicule intelligent.

Bridget Karlin est responsable de la stratégie IoT d'Intel. © Intel

JDN. Intel a annoncé en août dernier être en train de travailler sur sa propre flotte de véhicules autonomes. Quelle est votre stratégie sur ce marché ?

Bridget Karlin. Nous sommes très engagés dans l'IoT et l'automobile est l'industrie qui sera la plus bouleversée par l'arrivée de nouvelles fonctions connectées. C'est très excitant pour nous car la voiture connectée et autonome est la nouvelle génération d'ordinateur. Notre ambition est de proposer aux constructeurs une solution complète qui comprend l'ordinateur de bord, fort de notre expérience dans les processeurs, le système de communication, le data center ainsi que toutes les solutions de deep learning qui rendent les véhicules intelligents et sûrs.

 

Comment comptez-vous y parvenir ?

Nous n'allons pas seulement nous reposer sur nos acquis de recherche et développement. Nous voulons nous renforcer rapidement et nous positionner en leader du marché du véhicule autonome en multipliant les acquisitions. Nous avons déjà noué une quarantaine de partenariats avec des constructeurs automobiles comme BMW, des équipementiers spécialisés comme Mobileye et des géants des télécommunications comme Nokia, LG ou AT&T ou de l'Internet comme le chinois Baidu, qui a récemment présenté sa propre voiture sans chauffeur sur laquelle nous testerons la fiabilité de nos systèmes embarqué.

"Nous avons déjà noué une quarantaine de partenariats avec des constructeurs comme BMW et des équipementiers comme Mobileye"

Nous investissons aussi dans des start-up innovantes. Nous avons récemment racheté six jeunes pousses : Movidius, très innovant sur le marché de la vision par ordinateur, Altera, spécialiste des circuits logiques programmables, Arynga, qui sécurise les mises à jour logicielles à distance, Itseez, dont les compétences sur le machine learning et l'intelligence artificielle nous serons très utiles, Nervana, qui travaille sur le deep learning et Yogitech, la seule qui n'est pas américaine mais italienne, qui développe des systèmes de sécurité pour l'IoT.

 

Combien allez-vous investir dans le véhicule intelligent ?

Nous ne nous sommes pas fixé de limites ni de budget précis mais notre fonds d'investissement, Intel Capital, prévoit d'investir rapidement 100 millions de dollars dans des spécialistes de la voiture connectée et autonome. Nous ferons ensemble de nouvelles acquisitions dans les prochains mois et années.

 

Dans une récente publication, Intel affirmait que la 5G était indispensable au développement de la voiture intelligente. Pourquoi ?

C'est le réseau le plus rapide et le plus sécurisé pour assurer des communications vehicle-to-vehicle et vehicle-to-infrastructure suffisamment fiables. Il optimisera les capacités de l'ordinateur de bord et la couverture réseau sera meilleure. Nos modems 5G sont en cours de production et des premiers essais grandeur nature seront lancés en 2017 aux Etats-Unis avec nos partenaires, dont notamment AT&T, Ericsson, Nokia et Verizon.

 

Quand pensez-vous que le marché automobile sera prêt pour le véhicule autonome ?

Les premières voitures particulières totalement autonomes arriveront sur le marché en 2021. Avec nos partenaires, notamment BMW, nous allons créer une plateforme standardisée pour faciliter leur production en série. Le constructeur allemand sera le premier à l'utiliser pour iNext, sa première génération de voiture sans chauffeur qui arrivera sur le marché en 2021.

"Nous allons créer une plateforme standardisée pour faciliter la production en série de voitures sans chauffeur"

Des centaines d'ingénieurs travaillent déjà sur ce projet car nous pensons qu'il est indispensable d'avoir une plateforme logicielle indépendante et sécurisée sur laquelle tous les constructeurs peuvent se baser. C'est la condition sine qua non à l'arrivée sur le marché du véhicule autonome. Nous savons de notre expérience que ce n'est que par les standards qu'une technologie peut se démocratiser.

 

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