Bill Johnson, le patron américain qui gagne 44 millions de dollars en une journée

Bill Johnson Duke Energy Il ne sera resté PDG de Duke Energy que quelques heures. Son éviction express lui  permet cependant d'empocher un joli pactole.

 

Ce devait être la belle histoire d'un mariage pacifique et triomphal. Le 3 juillet dernier, la fusion entre Duke Energy et Progress Energy, annoncée en grandes pompes en janvier 2011, donne lieu officiellement à la création du premier fournisseur d'électricité des Etats-Unis, avec plus de 7 millions de clients. Bill Johnson, l'ancien PDG de Progress Energy, est pressenti pour diriger la nouvelle entité, tandis que l'ex-PDG de Duke, Jim Rogers, doit lui servir de bras droit. Un contrat de trois ans a même été signé par Bill Johnson, censé prendre effet le 3 juillet, tandis qu'une série d'interviews est programmée, rapporte Associated Press.

Tout le monde est donc pris par surprise lorsque Duke Energy annonce le jour même de la fusion la lettre de démission soudaine de son tout nouveau PDG "par accord mutuel avec la direction". Un coup de théâtre qui rend furieux les ex-dirigeants de Progress Energy. Dans une lettre adressée le 5 juillet au Wall Street Journal, John Mullin, qui était le principal administrateur de Progress avant la fusion, décrit cette décision comme une "la pire trahison qu'il a vu durant toute sa carrière". Car le nouveau conseil d'administration à l'origine de l'éviction de Bill Johnson est dominé par d'ex-membres de Duke (11 contre 7 pour Progress Energy). "Cet acte prémédité est une violation majeure de l'accord. [...] Je ne pense pas qu'un seul des administrateurs de Progress aurait voté la fusion sachant que Jim Rogers allait devenir PDG", fulmine-t-il.

Bill Johnson devrait se consoler avec un généreux "parachute" de 44,4 millions de dollars, rapporte le Wall Street Journal. Celle-ci  comprend une prime de départ de 7,4 millions de dollars, un bonus de 1,4 million au titre de l'année 2012, une prime de "silence" de 1,5 million, lui interdisant de dire du mal de son ancien employeur et enfin la possibilité de vendre plus tôt que prévu les actions en sa possession. Il percevra aussi 30 000 dollars d'indemnités au titre de ses dépenses de déménagement.

Même s'il suscite des doutes sur le caractère parfaitement "amical" de la fusion, ce retournement de situation ne devrait pas affecter outre mesure la confiance des investisseurs, plutôt intéressés par les alléchantes perspectives économiques. Le nouveau géant américain, qui affiche une capitalisation boursière de 49 milliards de dollars, a promis 650 millions d'économies d'énergie à ses clients grâce aux synergies dans les cinq prochaines années.

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