Faire des paiements une activité rentable pour les banques, mission impossible ?

Les transactions bancaires sont désormais considérées avec tout le respect qu’elles méritent : source de revenus durables, elles sont également un outil essentiel de mise en relation avec les clients.

Les transactions bancaires sont désormais considérées avec tout le respect qu’elles méritent : source de revenus durables, elles sont également un outil essentiel de mise en relation avec les clients.
De fait, en 2009, les revenus générés par les paiements au niveau mondial se sont élevés à 900 milliards de dollars – soit le double de ceux générés par les compagnies aériennes. Malgré cela, les établissements financiers se heurtent encore à des obstacles importants sur le chemin de la rentabilité. En effet, l’environnement mondial des paiements se caractérise par une mosaïque de pratiques et de systèmes locaux qui ont évolué au fil du temps. La maintenance de ces systèmes est coûteuse tandis que ces derniers n’offrent pas la flexibilité nécessaire pour créer de nouveaux services de manière rapide et efficace.

Par ailleurs, alors que les initiatives législatives, comme le SEPA, visent à promouvoir l’harmonie et la concurrence, celles-ci pourraient en fait, dans la pratique, accroître les coûts d’exploitation. L’enjeu consiste donc à réduire les coûts tout en renforçant la flexibilité. Pour y parvenir, les établissements financiers doivent adopter une nouvelle approche.

Ce faisant, les banques doivent étudier différents paramètres comme les moyens de réaliser des économies d’échelle, l’efficacité du traitement et la possibilité, pour un établissement financier, d’enrichir son offre de paiements de base avec des services à valeur ajoutée. Cibler les composantes des paiements à valeur ajoutée favorise la différenciation des services et procure souvent un avantage compétitif de premier ordre. Les banques doivent maîtriser, dans les détails, la structure de leurs activités de paiements afin d’identifier les comptes qui génèrent de la liquidité et ceux qui la consomment. Cette démarche nécessite un examen approfondi de tous les processus et systèmes de l’entreprise.
Il est également essentiel que les systèmes puissent répondre aux besoins tactiques et aux objectifs stratégiques. Cependant, en cherchant à répondre à ces deux objectifs en même temps, les banques risquent de créer un environnement de systèmes compartimentés dont il est peu probable qu’il soit commercialement viable à long terme.

Pour répondre à ces enjeux, les établissements financiers ont de plus en plus recours aux plateformes de paiements. Une plateforme de paiements agile se caractérise par sa flexibilité, le traitement des transactions en temps réel et par lots, au moyen de multiples instruments de paiements ; elle permet le suivi, la gestion et la personnalisation, en utilisant des processus et des messages normalisés.

Les initiatives législatives sont une autre opportunité d’innover. Le SEPA, notamment, peut également être un pivot du développement de l’activité. Le renforcement des législations et de la mondialisation a remis en cause les modèles d’entreprise traditionnels et les relations d’affaires. S’agissant des banques, un dispositif normalisé offre un cadre solide pour les transactions, qui permet de compléter l’offre par des services pour lesquels les entreprises clientes sont disposées à payer.
En ce sens, il est essentiel que les banques comprennent la façon dont les entreprises clientes utilisent leurs services et la façon dont ceux-ci s’intègrent dans leur stratégie globale d’entreprise. Par exemple, dans le cas de la gestion de la liquidité au sein d’une entreprise, les clients souhaitent obtenir un reporting en temps réel sur le statut des paiements dans un environnement multidevises.

Au fil du temps, les banques transactionnelles doivent concevoir des modèles d’exploitation flexibles pouvant assurer un niveau de service mondial homogène sur tous les segments afin de tirer parti des transactions bancaires. Les banques seront jugées sur leur capacité à répondre à ces enjeux sans déstabiliser les processus d’entreprise existants. Toutefois, peu de banques pourront y parvenir sans assistance ; elles ne pourront pas non plus réussir en dupliquant purement et simplement des solutions qui se sont révélées efficaces pour d’autres. Alors que les banques peuvent beaucoup apprendre les unes des autres, et compte tenu de la complexité actuelle de l’environnement des paiements, la mission principale de la fonction informatique sera de garantir leur rentabilité.
Les éditeurs de logiciels internationaux seront des acteurs essentiels du développement et de la mise en œuvre des meilleures pratiques en matière de paiements, conçues pour aider les banques à atteindre leurs objectifs commerciaux, de rentabilité et de pérennité. 

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