Même dans le football, la femme est l'avenir de l'homme !

Plus qu’hier et bien moins que demain, l’égalité des sexes sera un levier de développement économique si ce n’est déjà un enjeu « politique » pour le mouvement sportif. Malgré des indicateurs au vert, la couverture média du sport féminin est encore faible, voire inadéquate.

L’égalité hommes / femmes, c’est pour le moins un sujet d’actualité, renforcé par la nomination de 17 femmes au sein du nouveau gouvernement de la France. Au-delà de la France et de ses 51,4% de femmes à l’espérance de vie de 7 ans supérieur aux hommes, la dynamique démographique féminine se confirme au niveau de l’Union Européenne : le ratio hommes / femmes est de 0,96 quant à l’espérance de vie, elle reste de 6,5 ans en faveur des dames.
Avec 37% des citoyennes européennes déclarant pratiquer un sport au moins une fois par semaine et 50% prenant part à des activités physiques et sportives (Source : Eurobaromètre, Sport et Activités Physique, Mars 2010), on se dit que des businessmen avisés vont flairer la bonne affaire que représente le sport féminin.
En tout cas, force est de constater que la sphère médiatique et journalistique peine dans les faits à voir ce potentiel : plus de 85% de la couverture médiatique est dédiée à des sportifs masculins et selon l’étude  seulement 8% des articles sont signés par des journalistes de sexe féminin (Source : International Sport Press Survey 2011).
Depuis la Coupe du Monde en Allemagne, le football féminin tend à prouver sa véritable valeur marketing si ce n’est marchande. Des chaînes de télévision comme Direct 8 ou Eurosport, ont fait le pari du football féminin et connaissent déjà de très belles audiences. Qui aurait pût prédire il y a un an qu’un match de l’équipe de France féminine (France-Pays de Galles, 4 avril 2012) tiendrait un jour la dragée haute à deux quarts de finale de la Ligue des Champions en matière d’audience télévisuelle ? 
Qui aurait pu imaginer que depuis l’Euro 2008, il y a plus d’allemandes que d’allemands devant leur poste de télévision pour les matchs de l’équipe nationale ? Au niveau international, les hommes portent un grand intérêt toujours plus marqué au sport féminin : l’étude ISPS 2011montre un pourcentage plus élevé pour cet item que la moyenne de la télévision en générale.
Les décisions de l’UEFA de nommer une femme à son Comité exécutif et d’exposer la finale de la Champion’s League féminine dans la même ville que celles des hommes, marquent certainement un tournant majeur que le football, sport souvent moqué pour le sexisme ambiant dans quelques tribunes. Ce 17 mai 2012, ils étaient plus de 45.000 spectateurs à avoir acheté un billet pour assister à l’opposition entre le FFC Frankfurt et l’Olympique Lyonnais.
C’est en soi, un premier succès pour le football féminin en général et soyons un peu partisan pour que cette soirée se ponctue par un triomphe pour les Lyonnaises, qui pourraient bien apportées un 2e trophée européen à Jean-Michel Aulas.
Espérons que cette nouvelle médiatisation du sport féminin soit à la fois un levier du développement de la pratique sportive et le point de départ d’une féminisation des instances dirigeantes du mouvement sportif national et international. Comme l’a brillamment exprimé l’eurodéputée Emine Bozkurt, Présidente du groupe informel « Friends of Football », néerlandaise lors du workshop « réseau Femmes et sport » de Sport et Citoyenneté (Nyon / UEFA – 10 mai 2012), en faisant sienne la phrase de Billie Jean King : « Je veux faire du sport un outil de changement social ».
Mesdames, à vous de jouer !

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