La croissance brésilienne pourra-t-elle survivre à des infrastructures qui se font attendre ?

Il existe un paradoxe brésilien. Le pays connaît une croissance économique fort enviable mais persiste à négliger ses infrastructures qui permettraient de consolider cette puissance en devenir. Un domaine où les Français pourraient se révéler des alliés fort utiles.

Soja, sucre, café, jus d’orange, viande bovine, volaille… c’est désormais la liste des matières premières pour lesquelles le Brésil détient la place de premier exportateur mondial.
Un palmarès impressionnant pour ce pays dont le PIB représentait 30 % de celui de la France en 1992, contre 80 % vingt ans plus tard.
Et effectivement cette réussite vaut à Brasilia d’occuper régulièrement la tête des classements consacrés au dynamisme économique. Pourtant cet essor pourrait être remis en question en raison du manque d’infrastructures performantes. Ainsi,
The Global Competitiveness Report  du World Economic Forum de Davos place le Brésil au 104ème rang mondial en ce qui concerne ses infrastructures (réseaux téléphoniques, routes, voies ferrées…). Une situation qui voit par exemple des centaines de bateaux patienter dans les ports du pays en attente de leur chargement, ou des embouteillages monstres de camions attendant de décharger leurs containers. Certaines files d’attente se comptant parfois en dizaines de kilomètres.
Ces retards peuvent jouer sur la qualité des produits exportés et, certainement, augmentent la facture finale. Le sujet des infrastructures est un serpent de mer de la politique brésilienne et occupe régulièrement la une des médias locaux. Ainsi, fin 2012, la présidente de la République Dilma Roussef a annoncé un plan en faveur des installations portuaires évalué à 21 milliards d’euros.
Ce contexte d’investissements de grande ampleur peut s’avérer très favorable aux entreprises françaises, car elles détiennent une réelle expertise en matière de construction et d’exploitation d’infrastructures. Quelques annonces heureuses récentes montrent d’ailleurs que c’est dès à présent que les places se prennent.
Ainsi Alstom Renewable Power a été retenu par Energias do Brasil, pour la fourniture de l'ensemble des équipements électromécaniques de la centrale hydroélectrique de Cachoeira Caldeirão (220 MW). Soit un marché d’environ 100 millions d'euros.
Par ailleurs, 
Technip a obtenu un contrat d'une valeur comprise entre 250 et 500 millions d'euros avec une filiale de Petrobras pour une unité flottante de production, stockage et déchargement (FPSO) pétrolière et gazière au large du Brésil. Et il est cohérent que Keolis, la filiale de la SNCF spécialisée dans le transport de proximité, ait choisi d’en faire un de ses pays prioritaires pour les années à venir.
Les états-majors des firmes françaises se doivent dès à présent de poser les jalons pour prendre la mesure des spécificités de ce pays vaste comme un continent. Le calendrier économique ne les attendra pas éternellement.

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