Coût de la rentrée scolaire : l’Élysée, complètement déconnecté ?

Selon l’association de consommateurs Famille de France, les dépenses auraient encore progressé cette année de 2,17 %. Plus qu’une hausse, cette augmentation constitue un véritable plaidoyer pour l’allocation de rentrée scolaire, alors même que les chiffres du Gouvernement semblent très éloignés de la réalité.

Un « effort supplémentaire demandé aux familles »

Alors que 3 millions de familles se sont vues verser une allocation de rentrée scolaire le 19 août dernier, l’association de consommateurs Familles de France n’a pas tardé à publier son baromètre annuel sur le coût de la rentrée scolaire. Le coût moyen de ce début d’année scolaire a encore augmenté cette année, pour atteindre une moyenne de 189,09 euros pour un enfant entrant en sixième, soit une hausse de 2,17 % par rapport à l’année dernière.
Une augmentation qui peut paraître modérée, mais qu’il est important de mettre en relief avec les prix à la consommation. Selon les derniers chiffres de l’Insee, ceux-ci n’ont augmenté que de 0,5 % cette année. Comme quoi, certains secteurs, malheureusement souvent les plus primordiaux, paraissent plus touchés que d’autres. Les frais annexes par exemple comme les livres, la cantine, les transports ou même les clubs de sport figurent parmi les plus élevés aujourd’hui.
Car c’est bien pour les articles de sport que la hausse est surtout marquée (+ 4,5 %), représentant un budget de 46,33 euros. Les fournitures papetières et de classement (copies doubles et simples, agenda…) n’augmentent quant à elles « que » de 1,4 % pour atteindre 45,54 euros. Une somme importante que nombre de familles françaises ne peuvent malheureusement pas se payer sans la précieuse allocation de rentrée scolaire.

Quand le ministère de l’Éducation oublie l’inflation

Le ministère de l’Éducation avance quant à lui des chiffres plus que surprenants. Alors qu’il affirme se baser sur les chiffres de l’Insee et intégrer le frais de scolarité, non seulement il n’arrive pas à la même augmentation que l’association, mais il estime que les frais de cette rentrée scolaire 2014 ont baissé par rapport à l’année dernière, de 0,1 % en moyenne. Une vision déconnectée de la réalité, qui si elle se fie à des chiffres, oublie sûrement d’y incorporer les effets de l’inflation et les premières victimes sont sans surprise les foyers français, et plus particulièrement les classes moyennes.
Au-delà de ce coût sans cesse croissant, le budget des familles se replie d’année en année. Pour sa part, Familles de France a dénoncé le gel pour 2015 des prestations sociales hors minimas sociaux, qui viendra « resserrer le budget des familles » à la suite des abaissements du plafond du quotient familial. « Moins de familles payent des impôts, car les Français se paupérisent. Ce sont donc les classes moyennes qui vont devoir payer davantage », selon Thierry Vidor.
La Confédération syndicale des Familles va évidemment dans le même sens, affirmant que « si on regarde le coût de la rentrée pour un élève de CP ou de CM2, le montant de l’Allocation de rentrée scolaire qui leur est consacrée n’est pas suffisant pour faire face à d’autres dépenses comme les cantines, transports, assurances ou photos de classe », selon Perrine Bouhelier, chargée du secteur communication.
La rentrée occasionne des dépenses équivalentes à 30 % du SMIC pour une famille de classe moyenne avec trois enfants, ceci sans compter les frais habituels inhérents à la vie de famille. De quoi présager une sombre rentrée pour une grande partie des foyers français.

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