E-commerçants, quelle solution de paiement choisir ?

Une foule d'acteurs se positionnent sur le paiement en ligne, avec des offres adaptées à des profils d'e-marchands spécifiques. Tour d'horizon du secteur.

Qu'il est loin, le temps où les e-commerçants devaient négocier avec leur banque, ouvrir un contrat de Vente à Distance (VAD) et attendre trois semaines avant de pouvoir enfin accepter des paiements par carte bancaire en ligne. Aujourd'hui, pléthore sont les solutions qui permettent d'accepter des paiements en quelques clics, par carte bancaire ou via d'autres moyens de paiement. A tel point qu'il est difficile de s'y retrouver…  Aux traditionnels Ingenico ou Atos Worldline se sont ajoutés de nouveaux acteurs innovants comme Stripe, Adyen ou Braintree. Sans forcément viser la même clientèle.

Les Prestataires de Services de Paiement (PSP) historiques comme Ingenico ou Atos Worldine ne proposaient à l'origine que de gérer l'étape de "processing" du paiement, obligeant l'e-commerçant à faire appel à une "banque acquéreuse" en parallèle pour gérer les flux financiers. Certains acteurs, comme Cybermut ou Systempay, ont ensuite créé des offres plus complètes en s'associant avec une banque et en proposant donc de gérer à la fois le processing et le transit de l'argent (collecting). Ces offres "bundle" mises en place plus rapidement sont aussi plus chères que les services historiques.

Enfin, de nouveaux acteurs, comme Stripe, Braintree, HiPay ou Adyen, sont arrivés sur le marché en proposant des solutions full-service qui intègrent le processing et le collecting mais offrent aussi de multiples services, comme la réconciliation des comptes de l'entreprise et de la banque par exemple. Les acteurs historiques, face à cette nouvelle concurrence, proposent désormais eux aussi des offres similaires : c'est le cas d'Ogone Collect ou Global Collect d'Ingenico par exemple.

Certaines solutions n'acceptent que la carte bancaire

Outre la différenciation entre les PSP simples, les offres bundle et les full-services, un autre critère entre en compte pour différencier les solutions de paiement. Quand certaines ne permettent que de payer avec les cartes Visa et Mastercard, d'autres intègrent maintenant de nombreuses solutions alternatives (Paypal, Alipay, Apple Pay, Sofourth, Cofidis….). Ces dernières évitent à l'e-commerçant de devoir négocier des contrats en parallèle avec chacun des émetteurs et de gérer chaque intégration : il reçoit un seul virement par jour englobant tous les moyens de paiement. Le nombre de moyens de paiement acceptés par la solution, leur couverture géographique et leur notoriété jouent dans la décision de l'e-commerçant. Parmi ces solutions full-service acceptant de nombreux moyens de paiement, Adyen, Be2Bill ou encore HiPay. Limonetik, de son côté, travaille en complémentarité avec de nombreux PSP pour permettre d'accepter rapidement et simplement davantage de moyens de paiement.

Panorama des solutions de paiement destinées aux e-commerçants (cliquer sur la loupe pour zoomer) © Limonetik

Toutes ces solutions coexistent car elles s'adressent à des clients différents : les e-commerçants aux gros volumes, par exemple, se tournent davantage vers une solution faisant appel à un PSP pour le processing et à une banque acquéreuse assurant la collecte. Ces marchands ont souvent déjà de bonnes relations avec leur banque et se voient attribuer, vu leur poids, des équipes dédiées pour leur élaborer des offres personnalisées. Les start-up aux petits volumes, elles, préféreront les solutions globales, full-service, plus chères mais bien plus simples à mettre en place. Stripe, par exemple, propose une API facile à prendre en main et à tester.

Plus le service est global, plus le prix monte

Plus le service est global, bien sûr, plus le prix monte. "Un PSP qui ne gère que le processing prélève quelques  centimes par transaction puis la banque d'acquisition un pourcentage allant de 0,3 à 0,5%, explique Christophe Bourbier, CEO de la plateforme de paiement Limonetik. Un acteur "bundle" prélève par contre quelques centimes par transaction et un pourcentage plus élevé, qui varie selon les volumes. Si Stripe et Paypal sont très compétitifs aux Etats-Unis où les commissions prélevées par les banques sont élevées, leurs prix sont moins attractifs en France -Stripe, qui avait commencé par aligner ses prix sur les Etats-Unis, a d'ailleurs adapté sa tarification dans l'Hexagone. 

Click and mortar et marketplaces

Certaines solutions se renforcent en se spécialisant sur une catégorie d'acteurs aux besoins précis. Par exemple, les click and mortar, qui ont besoin d'accepter les paiements tant en ligne qu'en point de vente. Ingenico, Verifone ou encore Atos Worldline offrent des solutions qui adressent les deux problématiques. La start-up Adyen tente aussi d'accélérer sur le marché. Au contraire, d'autres prestataires de paiement visent les acteurs 100% Web, comme Paypal, Stripe, Braintree ou Payplug.

Suite à l'explosion des marketplaces, un nouveau besoin est né : celui de gérer non seulement le paiement de l'utilisateur vers l'e-commerçant mais aussi de redistribuer aux marchands de la plateforme, tout en gérant le KYC (Know Your Customer) de tous ces vendeurs. Les français full-service Mangopay ou Lemonway, par exemple, se spécialisent tout particulièrement sur le créneau. Faciles à intégrer, ils proposent une API et des fonctionnalités qui permettent de gérer des marketplaces, mais sont plus chers que d'autres offres : plus la solution est packagée et clé en main, plus elle est onéreuse. Si un gros acteur du retail décide de lancer une marketplace, il préférera donc demander à un acteur traditionnel comme Ingenico de lui attribuer des équipes pour créer une solution sur mesure, customisée, avec une commission moins élevée sur la transaction.

 

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