Ce que BNP Paribas prépare pour dominer la banque de demain

Ce qui se trame chez BNP Paribas pour dominer la banque de demain Le groupe se méfie des géants de l'Internet et des start-up de paiement sur mobile. Pour les contrer, il mise sur l'innovation.

"Nos concurrents ne sont plus les banques", mais Paypal, Google et Amazon. C'est par ces mots que Béatrice Cossa-Dumurgier, directrice des opérations chez BNP Paribas Retail Banking – la branche du groupe dédiée à la banque de détail – a ouvert le bal de la présentation à la presse le 4 avril dernier des innovations mises au point par le géant bancaire.

C'est que "la banque d'un monde qui change" l'a bien compris : pour rester dans la course, voire la dominer, il lui faut désormais composer avec la présence de concurrents qui, jusque-là, n'en étaient pas. Les start-up qui développent des moyens de paiement sur mobile sont un exemple parmi d'autres. BNP Paribas s'est d'ailleurs offert l'une d'entre elles, FLASHiZ, en partenariat avec le groupe international de services financiers Fexco, à l'automne 2013.

Mais l'établissement mise surtout sur ses propres innovations et se targue d'en lancer pas moins de 500 par an. Le JDN en a sélectionné quelques-unes, déjà sorties ou à venir.

Des robots vendus avec des assurances

Une offre couplée contrat d'assurance dépendance-robot de compagnie, il fallait y penser. BNP Paribas Cardif, la filiale assurance du groupe, teste pour cela Nao, un prototype capable de gérer un pilulier, d'identifier une fuite d'eau ou encore de prévenir une personne en cas d'urgence.

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Pour l'offre couplée contrat d'assurance dépendance-robot qu'il envisage de sortir, l'assureur BNP Paribas Cardif teste Nao, fabriqué  par la société Aldebaran. © Ed Alcock

Ce petit être bionique a vu le jour en 2006 grâce à la société tricolore Aldebaran, celle-là même qui a fait mouche en mars 2014 en présentant au salon de la robotique de Lyon son dernier né, Romeo, un humanoïde de 140 centimètres (contre 58 pour son petit frère).

La future offre permettra à l'assureur de poursuivre une stratégie de différenciation déjà conduite en Italie, où il commercialise un duo contrat d'assurance habitation-Homebox. Cette fois-ci, le système électronique ne veille plus sur le souscripteur mais sur le logement de celui-ci en son absence et déclenche une alarme si ses capteurs détectent des signaux de fumée, un début d'inondation ou encore une coupure de courant.

Pour répondre aux nouvelles attentes de ses clients, à la recherche d'un service de plus en plus personnalisé, BNP Paribas mise aussi sur le réaménagement de ses points de distribution. Ci-contre l'exemple de Bank of the West, la filiale américaine du groupe, qui met déjà des tablettes en libre-service dans six de ses agences. Clients comme prospects peuvent aussi bien se connecter à Facebook que se livrer à une simulation de crédit.

Un jeu virtuel pour les conseillers bancaires

Qui a dit que l'apprentissage ludique était réservé aux enfants ? Certainement pas BNP Paribas Investment Partners (BNPP IP), la branche du groupe dédiée à la gestion d'actifs, qui a développé VIP, un jeu virtuel de construction de portefeuille à destination de ses collaborateurs en 2013. Les conseillers bancaires choisissent les fonds dans lesquels ils investissent leur capital virtuel en fonction de plusieurs paramètres : niveau de risque, classes d'actifs, conjoncture macroéconomique... L'objectif ? Leur permettre de mieux connaître les fonds de BNPP IP et donc de mieux répondre aux exigences de leurs clients. Et cocorico, ce sont les équipes parisiennes de BNPP IP qui ont lancé VIP, auquel seuls les conseillers bancaires français et italiens jouent pour l'instant.

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