Taux de chômage et chômeurs en France : le point en janvier

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi baisse de 0,9% par rapport à octobre. Le taux de chômage augmente de 0,1 point sur trois mois, à 9,7%.

L'embellie tant espérée par le gouvernement continue. Après deux baisses de 1,9% en septembre et de 0,3% en octobre, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, recule de 0,9% sur un mois, à 3 447 000 en novembre, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce lundi 26 décembre pour la France métropolitaine, soit 31 800 chômeurs de moins. Un chiffre également en baisse sur un an, avec -3,4% par rapport à novembre 2015, ce qui représente 122 600 demandeurs d'emploi en moins.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C progresse par rapport à octobre (+0,3%), à 5 475 800 chômeurs fin novembre 2016 (5 778 000 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 238 400 en France métropolitaine (6 574 100 pour la France entière), en augmentation de 0,4% sur un mois (+23 500 inscrits) et en hausse de 1,5% sur un an (+93 900).

Les chômeurs en France

Le nombre de chômeurs en France métropolitaine depuis 1996. © JDN

Dans le détail, en proportion, ce sont les jeunes de moins de 25 ans qui profitent le plus de la baisse du chômage de catégorie A en novembre. Leur nombre recule de 2,3% sur un mois (-9,2% sur un an), soit 10 900 chômeurs en moins. Viennent ensuite les 25-49 ans, qui observent un recul de 1,1% sur un mois (-4,1% sur un an), soit 23 100 personnes de moins. Le nombre de demandeurs d'emploi chez les 50 ans ou plus, lui, augmente de 0,2% par rapport à octobre 2016 (+1,6% sur un an), soit 2 200 chômeurs en plus.

A noter que, ce mois-ci, les hommes bénéficient d'une baisse du chômage (-1,1%) plus forte que les femmes (-0,7%), soit respectivement 20 600 chômeurs et 11 200 chômeuses de catégorie A en moins.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

La répartition des demandeurs d'emploi français par catégorie. © JDN

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, la plus forte baisse concerne les chômeurs de catégorie A (-3,1%) c'est-à-dire ceux tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi. Viennent ensuite les demandeurs d'emploi de catégorie E (-1,9%). La catégorie C, qui regroupe les demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi et ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures au cours du mois, subit quant à elle la plus forte hausse (+5,3%) en novembre.

Le chômage en France, selon la durée

Les demandeurs d'emploi en France selon leur ancienneté. © JDN

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 148% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 421 400 inscrits en novembre 2016. Sur un an, il recule de 1,2%, soit 28 600 personnes de moins.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" est, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Les motifs d'inscription à Pôle Emploi. © JDN

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 1,1% sur un mois, à 551 700 en novembre 2016. 18,7% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD reculent de 1,8% sur un mois, à 103 000 en novembre 2016 (-10% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique reculent sur un mois (-3,7%), à 12 900 fin novembre. Sur un an, elles baissent de 1,5%. Les premières entrées sont elles aussi en baisse sur un mois (-2,5%) mais elles explosent sur un an (+30,1%).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En novembre 2016, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en novembre 2016
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 26 400 Indre-et-Loire 30 000
Aisne 37 100 Isère 60 000
Allier 18 000 Jura 10 300
Alpes-de-Haute-Provence 10 900 Landes 21 100
Alpes-Maritimes 75 000 Loire 38 900
Ardèche 19 400 Loire-Atlantique 64 900
Ardennes 16 700 Loiret 35 000
Ariège 9 600 Loir-et-Cher 15 100
Aube 20 900 Lot 8 500
Aude 25 900 Lot-et-Garonne 17 000
Aveyron 10 700 Lozère 2 600
Bas-Rhin 55 200 Maine-et-Loire 39 300
Bouches-du-Rhône 139 200 Manche 20 600
Calvados 35 200 Marne 29 500
Cantal 4 900 Mayenne 10 600
Charente 18 300 Meurthe-et-Moselle 38 300
Charente-Maritime 36 400 Meuse 9 200
Cher 16 300 Morbihan 36 800
Corrèze 10 300 Moselle 57 500
Corse du sud 10 300 Nièvre 9 100
Côte-d'Armor 28 600 Nord 172 600
Côte-d'Or 24 300 Oise 44 400
Creuse 5 200 Orne 12 900
Deux-Sèvres 15 600 Paris 131 900
Dordogne 21 900 Pas-de-Calais 88 100
Doubs 26 300 Puy-de-Dôme 31 600
Drôme 31 400 Pyrénées-Atlantiques 31 300
Essonne 58 900 Pyrénées-Orientales 39 000
Eure 32 100 Rhône 96 400
Eure-et-Loir 21 900 Saone-et-Loire 25 300
Finistère 44 300 Sarthe 28 200
Gard 54 500 Savoie 22 200
Gers 7 600 Seine-et-Marne 65 700
Gironde 93 100 Seine-Maritime 73 200
Haute-Corse 10 700 Seine-Saint-Denis 119 200
Haute-Garonne 79 300 Somme 34 100
Haute-Loire 9 600 Tarn  20 800
Haute-Marne 8 500 Tarn-et-Garonne 15 600
Haute-Pyrénées 14 800 Territoire de Belfort 8 000
Hautes-Alpes 8 700 Val-de-Marne 75 200
Haute-Saône 11 200 Val-d'Oise 71 100
Haute-Savoie 39 300 Var 68 400
Haute-Vienne 17 500 Vaucluse 41 700
Haut-Rhin 41 300 Vendée 29 500
Hauts-de-Seine 79 300 Vienne 18 700
Hérault 88 500 Vosges 20 500
Ille-et-Villaine 45 800 Yonne 16 400
Indre 10 900 Yvelines 64 600

En novembre 2016, c'est en Corse du Sud que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+17% par rapport à octobre). A l'inverse, la Mayenne enregistre la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -3,6% entre octobre et novembre 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 172 600 en novembre 2016, un chiffre en légère baisse sur un mois (-0,5%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'inscrits progresse par rapport à octobre (+1,7%), à 139 200 personnes. Paris arrive en 3e position avec 131 900 inscrits dénombrés fin novembre, soit une baisse de 0,5% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre augmente de 4% pour le premier, de 2,1% dans le second et de 2% dans le dernier. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au troisième trimestre 2016, le taux de chômage en France progresse de 0,1 point sur trois mois, à 9,7% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre toutefois en baisse sur un an, avec 0,4 point de moins qu'au troisième trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10% de la population active. Un taux lui aussi en hausse de 0,1 point par rapport au second trimestre 2016 (-0,5 point sur un an).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Le taux de chômage en France métropolitaine depuis 1975. © JDN

Les moins de 25 ans subissent la plus forte hausse du taux de chômage (+1,2 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, les Français âgés de 50 ans ou plus connaissent eux aussi une hausse (+0,5 point) et ceux âgés de 25 à 49 ans connaissent quant à eux une embellie avec une baisse de 0,2 point de leur taux de chômage.

Les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, et de loin, avec un taux à 25,1% au troisième trimestre 2016 (25,7% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 7% (7,2% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 8,7% (9% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au second trimestre 2016.

Après avoir fait mieux que les hommes pendant dix-sept trimestres d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage égal à celui des hommes, à 9,7%.

A quoi s'attendre d'ici la fin de l'année ? Le nombre de demandeurs d'emploi en France devrait continuer à "baisser modérément" jusqu'à la fin de l'année (-0,1 point) selon l'Insee, pour atteindre 9,5% de la population active en métropole et 9,8% outre-mer compris, selon un point de conjoncture publié par l'institut.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au second trimestre 2016.

Au 2e trimestre 2016, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,2%), l'Hérault (13,6%) et l'Aisne (13,5%). Dans le premier, le taux de chômage recule de 0,2 point sur trois mois et de 0,4 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent le Cantal (6,1%), la Lozère (6,3%) et la Mayenne (6,6%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,6% en France métropolitaine au second trimestre 2016. A noter que le taux de chômage a baissé dans le Cantal (-0,3 point), en Lozère (-0,1 point) et en Mayenne (-0,2 point) par rapport au 1er trimestre 2016.

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 2,9 points de moins qu'au troisième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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