Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 1,4% en août

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi progresse de 1,4% par rapport à juillet. Le taux de chômage recule de 0,3 point sur trois mois, à 9,6%.

L'embellie tant espérée par le gouvernement n'aura pas duré. Après une baisse de 0,5% en juillet, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, a progressé de 1,4% sur un mois, à 3 556 800 en août, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce lundi 26 septembre pour la France métropolitaine, soit 50 200 chômeurs de plus. Un chiffre toutefois en baisse de 0,3% sur un an, ce qui représente 10 900 demandeurs d'emploi en moins.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C augmente par rapport à juillet (+1,4%), à 5 518 200 chômeurs fin août 2016 (5 739 800 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 275 800 en France métropolitaine (6 611 300 pour la France entière), en hausse de 1,5% sur un mois (+93 500 inscrits) et de 2,7% sur un an (+167 200).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Dans le détail, en proportion, ce sont les jeunes de moins de 25 ans qui profitent le plus de la hausse du chômage de catégorie A en août. Leur nombre progresse de 2,3% sur un mois (-3,5% sur un an), soit 11 600 chômeurs supplémentaires. Viennent ensuite les 25-49 ans, qui observent une augmentation de 1,3% sur un mois (-0,8% sur un an), soit 27 600 personnes de plus. Le nombre de demandeurs d'emploi chez les 50 ans ou plus, lui, augmente de 1,2% par rapport à juillet 2016 (+2,8% sur un an), soit 11 000 chômeurs de plus.

A noter que, ce mois-ci, les femmes bénéficient d'une baisse du chômage (-1,9%) plus forte que les hommes (-1%), soit respectivement 31 400 chômeuses et 18 800 chômeurs de catégorie A en moins.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, la seule baisse concerne les chômeurs de catégorie B (-1,4%). Pour toutes les autres, la tendance est à la hausse. Les plus touchés sont les demandeurs d'emploi de catégorie D (+5,3%), c'est-à-dire ceux tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi en raison d'un stage, d'une formation, d'une maladie, etc.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 148% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 422 600 inscrits en août 2016. Sur un an, il grimpe de 0,7%, soit 17 600 personnes supplémentaires. A noter que ce chiffre progresse pour la première sur un mois pour la première fois depuis février 2016 (+0,5%, après -0,7% en juillet et -0,9% en juin).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C reculent de 0,3% sur un mois, à 570 000 en août 2016. 20% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD reculent de 2,5% sur un mois, à 114 000 en août 2016 (-0,2% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique baissent sur un mois (-2,8%), à 13 900 fin août. Sur un an, elles progressent de 9%. Les premières entrées sont quant à elles en hausse sur un mois comme sur un an, avec respectivement +11,9% et +45,3%.

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En août 2016, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en août 2016
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 28 700 Indre-et-Loire 31 500
Aisne 37 700 Isère 63 500
Allier 18 200 Jura 11 100
Alpes-de-Haute-Provence 9 700 Landes 18 900
Alpes-Maritimes 67 900 Loire 41 200
Ardèche 17 800 Loire-Atlantique 69 200
Ardennes 17 400 Loiret 38 400
Ariège 9 500 Loir-et-Cher 15 700
Aube 21 500 Lot 8 100
Aude 24 100 Lot-et-Garonne 17 400
Aveyron 10 800 Lozère 2 500
Bas-Rhin 59 000 Maine-et-Loire 43 600
Bouches-du-Rhône 138 200 Manche 20 400
Calvados 35 000 Marne 31 900
Cantal 4 700 Mayenne 11 900
Charente 18 800 Meurthe-et-Moselle 39 800
Charente-Maritime 32 800 Meuse 9 700
Cher 16 800 Morbihan 35 200
Corrèze 10 600 Moselle 59 800
Corse du sud 6 400 Nièvre 9 300
Côte-d'Armor 27 600 Nord 180 800
Côte-d'Or 26 000 Oise 45 500
Creuse 5 400 Orne 13 500
Deux-Sèvres 16 100 Paris 145 500
Dordogne 20 800 Pas-de-Calais 90 300
Doubs 28 700 Puy-de-Dôme 32 600
Drôme 31 100 Pyrénées-Atlantiques 31 000
Essonne 62 100 Pyrénées-Orientales 32 800
Eure 33 500 Rhône 105 200
Eure-et-Loir 23 000 Saone-et-Loire 27 100
Finistère 43 000 Sarthe 30 100
Gard 50 900 Savoie 21 000
Gers 8 200 Seine-et-Marne 69 400
Gironde 94 200 Seine-Maritime 76 400
Haute-Corse 7 900 Seine-Saint-Denis 124 900
Haute-Garonne 85 000 Somme 34 400
Haute-Loire 10 200 Tarn  21 900
Haute-Marne 9 000 Tarn-et-Garonne 15 500
Haute-Pyrénées 13 200 Territoire de Belfort 8 600
Hautes-Alpes 6 900 Val-de-Marne 79 700
Haute-Saône 11 800 Val-d'Oise 75 400
Haute-Savoie 38 800 Var 58 600
Haute-Vienne 18 700 Vaucluse 39 900
Haut-Rhin 42 800 Vendée 27 900
Hauts-de-Seine 85 800 Vienne 18 900
Hérault 82 400 Vosges 21 000
Ille-et-Villaine 49 000 Yonne 17 400
Indre 11 200 Yvelines 70 000

En août 2016, c'est dans la Marne que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+11,5% par rapport à juillet). A l'inverse, le Tarn-et-Garonne enregistre la plus faible hausse du nombre de demandeurs d'emploi : +2% entre juillet et août 2016. A noter que le nombre de demandeurs d'emploi ne baisse nulle part sur un mois en août 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 180 800 en août 2016, un chiffre en nette hausse sur un mois (+5,8%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, Paris, où le nombre d'inscrits progresse là aussi fortement par rapport à juillet (+9%), à 145 500 personnes. Les Bouches-du-Rhône arrivent en 3e position avec 138 200 inscrits dénombrés fin août, soit une augmentation de 6,1% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre progresse respectivement de 8,7%, 6,8% et 3,8%. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au second trimestre 2016, le taux de chômage en France recule de 0,3 point sur trois mois, à 9,6% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre en baisse sur un an, avec 0,5 point de moins qu'au second trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 9,9% de la population active. Un taux lui aussi en baisse de 0,3 point par rapport au premier trimestre 2016 (-0,5 point sur un an).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les moins de 25 ans connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,4 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, les Français âgés de 25 à 49 ans connaissent eux aussi une embellie avec une baisse de 0,2% de leur taux de chômage.

Les moins de 25 ans restent toutefois les premières victimes du chômage, et de loin, avec un taux à 23,7% au second trimestre 2016 (24,3% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,4% (6,6% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9% (9,3% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au 1er trimestre 2016.

Pour le dix-septième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,3% contre 10% pour leurs congénères masculins.

A quoi s'attendre d'ici la fin de l'année ? Le taux de chômage français devrait reculer de 0,4 point en 2016, à 9,8% de la population active (9,5% en métropole), selon la dernière note de conjoncture de l'Insee.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au premier trimestre 2016.

Au 1er trimestre 2016, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,4%), l'Aisne (13,9%) et l'Hérault (13,9%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,1 point sur trois mois et sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,4%), le Cantal (6,4%) et la Mayenne (6,8%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,9% en France métropolitaine au 1er trimestre 2016. A noter que le taux de chômage est resté stable en Lozère et dans le Cantal et a reculé de 0,1 point en Mayenne par rapport au 4e trimestre 2015.

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 2,8 points de moins qu'au deuxième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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