Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre de demandeurs d'emploi reste stable en janvier

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi est stable par rapport à décembre. Le taux de chômage recule de 0,1 point sur trois mois, à 9,7%.

Après une hausse de 0,8% en décembre, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, reste stable sur un mois, à 3 467 900 en janvier, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce vendredi 24 février pour la France métropolitaine, avec tout de même 800 chômeurs de plus par rapport à décembre 2016. Un chiffre cependant en baisse sur un an, avec -2,5% par rapport à janvier 2016, ce qui représente 89 300 demandeurs d'emploi en moins.

Les chômeurs en France

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C progresse par rapport à décembre (+0,4%), à 5 486 400 chômeurs fin janvier 2017 (5 788 200 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 242 000 en France métropolitaine (6 578 400 pour la France entière). Il progresse ainsi de 0,3% sur un mois et de 1,4% sur un an (+86 100).

Le nombre de chômeurs en France métropolitaine depuis 1996. © JDN

Dans le détail, en proportion, seuls les demandeurs d'emploi de 50 ans ou plus pâtissent d'une hausse du chômage de catégorie A en janvier. Leur nombre progresse de 0,6% sur un mois (+2,8% sur un an), soit 8 600 chômeurs supplémentaires. Les moins de 25 ans observent quant à eux une baisse de 0,3% sur un mois (-8% sur un an), soit 2 400 personnes de mois. Le nombre de demandeurs d'emploi chez les 25-49 ans recule lui aussi avec -0,2% par rapport à décembre 2016 (-3,4% sur un an), soit 3 200 chômeurs en moins.

A noter que, ce mois-ci, les hommes subissent une hausse du chômage (+0,1%) moins alors que les femmes connaissent de leur côté une baisse (-0,1%), soit respectivement 1 900 chômeurs de plus et 1 100 chômeuses de catégorie A de moins.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

La répartition des demandeurs d'emploi français par catégorie. © JDN

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, la plus forte hausse concerne les chômeurs de catégorie C (+1,9%), c'est-à-dire ceux qui sont sans emploi et tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi. La plus forte baisse (-1,4%) est à mettre à l'actif de la catégorie D, qui regroupe les demandeurs d'emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi (en raison d'un stage, d'une formation, d'une maladie, etc.), y compris les demandeurs d'emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle.

Le chômage en France, selon la durée

Les demandeurs d'emploi en France selon leur ancienneté. © JDN

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 146% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 407 100 inscrits en janvier 2017. Sur un an, il recule de 2,6%, soit 65 600 personnes de moins.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" est, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Les motifs d'inscription à Pôle Emploi. © JDN

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C reculent de 1,4% sur un mois, à 567 300 en janvier 2017. 18,4% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD diminuent de 1,7% sur un mois, à 104 500 en janvier 2017 (-7,8% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique explosent sur un mois (+7%), à 13 800 fin janvier. Sur un an, elles bondissent de 3,8%. Les premières entrées sont quant à elles en nette baisse sur un mois (-9%) mais elles progressent sur un an (+3,2%).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En janvier 2017, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en janvier 2017
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 27 100 Indre-et-Loire 31 700
Aisne 38 600 Isère 60 800
Allier 18 600 Jura 11 100
Alpes-de-Haute-Provence 11 000 Landes 23 800
Alpes-Maritimes 76 200 Loire 39 600
Ardèche 19 800 Loire-Atlantique 66 800
Ardennes 17 500 Loiret 37 200
Ariège 10 000 Loir-et-Cher 16 000
Aube 21 500 Lot 9 000
Aude 25 800 Lot-et-Garonne 18 400
Aveyron 11 300 Lozère 2 800
Bas-Rhin 60 100 Maine-et-Loire 42 000
Bouches-du-Rhône 141 900 Manche 21 400
Calvados 37 400 Marne 30 500
Cantal 5 100 Mayenne 11 100
Charente 18 100 Meurthe-et-Moselle 40 300
Charente-Maritime 37 300 Meuse 9 800
Cher 17 200 Morbihan 37 500
Corrèze 10 600 Moselle 61 400
Corse du sud 10 600 Nièvre 9 500
Côte-d'Armor 29 600 Nord 181 100
Côte-d'Or 25 700 Oise 45 700
Creuse 5 500 Orne 13 600
Deux-Sèvres 16 200 Paris 132 300
Dordogne 23 400 Pas-de-Calais 92 100
Doubs 28 200 Puy-de-Dôme 32 800
Drôme 32 100 Pyrénées-Atlantiques 33 300
Essonne 59 700 Pyrénées-Orientales 39 100
Eure 33 200 Rhône 97 500
Eure-et-Loir 22 800 Saone-et-Loire 26 600
Finistère 45 700 Sarthe 29 900
Gard 54 800 Savoie 18 300
Gers 8 200 Seine-et-Marne 67 400
Gironde 94 900 Seine-Maritime 75 800
Haute-Corse 11 000 Seine-Saint-Denis 120 200
Haute-Garonne 81 300 Somme 35 800
Haute-Loire 10 000 Tarn  21 700
Haute-Marne 8 900 Tarn-et-Garonne 17 000
Haute-Pyrénées 14 700 Territoire de Belfort 8 500
Hautes-Alpes 6 700 Val-de-Marne 75 900
Haute-Saône 11 900 Val-d'Oise 72 700
Haute-Savoie 37 600 Var 69 200
Haute-Vienne 18 000 Vaucluse 41 800
Haut-Rhin 44 900 Vendée 30 900
Hauts-de-Seine 79 100 Vienne 19 400
Hérault 89 200 Vosges 21 400
Ille-et-Villaine 46 700 Yonne 17 300
Indre 11 500 Yvelines 64 800

En janvier 2017, c'est dans le Gers que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+9,3% par rapport à décembre). A l'inverse, les Hautes-Alpes sont les seules à ne pas voir leur nombre de demandeurs d'emploi augmenter : il reste stable entre décembre 2016 et janvier 2017. Aucun département ne connaît une baisse ce mois-ci.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 181 100 en janvier, un chiffre en nette hausse sur un mois (+5,1%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'inscrits progresse aussi par rapport à décembre (+2,1%), à 141 900 personnes. Paris arrive en 3e position avec 132 300 inscrits dénombrés fin janvier, soit une hausse de 0,5% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre augmente de 3,7% pour le premier, de 4,1% pour le second et de 5,8% pour le troisième. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au quatrième trimestre 2016, le taux de chômage en France recule de 0,1 point sur trois mois, à 9,7% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre également en baisse sur un an, avec 0,2 point de moins qu'au quatrième trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10% de la population active. Un taux lui aussi en hausse de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2016 (-0,2 point sur un an).

Les moins de 25 ans profitent de la plus forte baisse du taux de chômage (-1,7 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, les Français âgés de 50 ans ou plus connaissent eux aussi une embellie avec une baisse de 0,4 point de leur taux de chômage. Ceux âgés de 25 à 49 ans subissent de leur côté la seule hausse (+0,2 point).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Le taux de chômage en France métropolitaine depuis 1975. © JDN

Les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, et de loin, avec un taux à 23,3% au quatrième trimestre 2016 (23,8% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,7% (6,9% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9% (9,3% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au second trimestre 2016.

Après avoir fait mieux que les hommes pendant dix-sept trimestres d'affilée, les femmes affichaient au troisième trimestre 2016 un taux de chômage égal à celui des hommes. Au quatrième trimestre, elles renouent avec une meilleure performance que leurs collègues masculins avec un taux de chômage de 9,5%, contre 9,8% pour les hommes.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2016.

Au 3e trimestre 2016, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,4%), l'Hérault (13,9%) et l'Aisne (13,7%). Dans le premier, le taux de chômage augmente de 0,1 point sur trois mois et recule de 0,5 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent le Cantal (6,3%), la Lozère (6,4%) et la Mayenne (6,8%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,7% en France métropolitaine au troisième trimestre 2016. A noter que le taux de chômage a progressé dans le Cantal (+0,1 point), en Lozère (+0,1 point) et en Mayenne (+0,2 point) par rapport au 2e trimestre 2016.

Le chômage sous les différents présidents de la République

chãžmage par prã©sident

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En février 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 7,1%, et même depuis juin 1983. C'est 2,5 points de moins qu'au troisième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

 Tous les indicateurs économiques

 

Indicateur économique / CDD

Annonces Google