Taux de chômage et chômeurs en France : le point en février

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi progresse de 0,8% par rapport à novembre. Le taux de chômage recule de 0,1 point sur trois mois, à 9,7%.

[Mise à jour du 23/02/2017 à 11h30] Le nombre de demandeurs d'emploi en France en janvier sera dévoilé par la Dares et Pôle emploi demain à 18h.

L'embellie tant espérée par le gouvernement prend fin. Après trois baisses consécutives de 1,9% en septembre, de 0,3% en octobre et de 0,9% en novembre, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, progresse de 0,8% sur un mois, à 3 473 100 en novembre, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce mardi 24 janvier pour la France métropolitaine, soit 26 100 chômeurs de plus. Un chiffre cependant en baisse sur un an, avec -3% par rapport à décembre 2015, ce qui représente 107 400 demandeurs d'emploi en moins.

Les chômeurs en France

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C recule par rapport à novembre (-0,1%), à 5 475 700 chômeurs fin décembre 2016 (5 777 300 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 239 700 en France métropolitaine (6 575 000 pour la France entière). Il reste ainsi stable sur un mois et augmente de 1% sur un an (+62 900).

Le nombre de chômeurs en France métropolitaine depuis 1996. © JDN

Dans le détail, en proportion, ce sont les demandeurs d'emploi de 50 ans ou plus qui pâtissent le plus de la hausse du chômage de catégorie A en décembre. Leur nombre progresse de 1,2% sur un mois (+2,2% sur un an), soit 10 600 chômeurs supplémentaires. Viennent ensuite les moins de 25 ans, qui observent une augmentation de 0,7% sur un mois (-8,8% sur un an), soit 3 400 personnes de plus. Le nombre de demandeurs d'emploi chez les 25-49 ans, lui, augmente de 0,6% par rapport à novembre 2016 (-3,7% sur un an), soit 12 100 chômeurs en plus.

A noter que, ce mois-ci, les hommes subissent une hausse du chômage (+0,5%) moins importante que les femmes (+1%), soit respectivement 9 300 chômeurs et 16 800 chômeuses de catégorie A en plus.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

La répartition des demandeurs d'emploi français par catégorie. © JDN

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, la plus forte hausse concerne les chômeurs de catégorie D (+1%), c'est-à-dire ceux qui sont sans emploi et tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi. Les demandeurs d'emploi de catégorie B, ayant exercé une activité réduite de 78 heures maximum par mois et tenus d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi, et C, qui regroupe les demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi et ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures au cours du mois, voient quant à eux leur nombre diminuer respectivement de 1,7% et de 1,1% en décembre.

Le chômage en France, selon la durée

Les demandeurs d'emploi en France selon leur ancienneté. © JDN

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 147% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 411 400 inscrits en décembre 2016. Sur un an, il recule de 2,4%, soit 58 300 personnes de moins.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" est, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Les motifs d'inscription à Pôle Emploi. © JDN

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C reculent de 1,3% sur un mois, à 544 300 en décembre 2016. 19,5% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD progressent de 3,2% sur un mois, à 106 300 en décembre 2016 (-5,3% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique progressent sur un mois (+0,8%), à 13 000 fin décembre. Sur un an, elles baissent de 3,7%. Les premières entrées sont quant à elles en baisse sur un mois (-7,1%) mais elles explosent sur un an (+16,9%).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En décembre 2016, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en décembre 2016
Département  Nombre de chômeurs  Département  Nombre de chômeurs 
Ain 26 200 Indre-et-Loire 30 400
Aisne 36 900 Isère 58 500
Allier 18 100 Jura 10 500
Alpes-de-Haute-Provence 10 700 Landes 21 900
Alpes-Maritimes 74 900 Loire 38 500
Ardèche 19 400 Loire-Atlantique 64 000
Ardennes 17 000 Loiret 35 000
Ariège 9 600 Loir-et-Cher 15 200
Aube 20 900 Lot 8 600
Aude 25 500 Lot-et-Garonne 17 500
Aveyron 10 800 Lozère 2 700
Bas-Rhin 56 100 Maine-et-Loire 39 800
Bouches-du-Rhône 139 000 Manche 20 400
Calvados 35 700 Marne 29 400
Cantal 4 900 Mayenne 10 500
Charente 17 800 Meurthe-et-Moselle 38 300
Charente-Maritime 35 600 Meuse 9 300
Cher 16 500 Morbihan 35 800
Corrèze 10 400 Moselle 58 300
Corse du sud 10 400 Nièvre 9 000
Côte-d'Armor 28 200 Nord 172 300
Côte-d'Or 24 500 Oise 44 100
Creuse 5 200 Orne 13 100
Deux-Sèvres 15 600 Paris 131 700
Dordogne 22 300 Pas-de-Calais 87 100
Doubs 26 800 Puy-de-Dôme 31 500
Drôme 31 100 Pyrénées-Atlantiques 32 000
Essonne 58 400 Pyrénées-Orientales 38 500
Eure 31 900 Rhône 94 900
Eure-et-Loir 22 000 Saone-et-Loire 25 200
Finistère 43 600 Sarthe 28 100
Gard 54 000 Savoie 17 800
Gers 7 500 Seine-et-Marne 65 700
Gironde 92 800 Seine-Maritime 72 900
Haute-Corse 10 700 Seine-Saint-Denis 118 200
Haute-Garonne 78 600 Somme 34 200
Haute-Loire 9 600 Tarn  20 800
Haute-Marne 8 500 Tarn-et-Garonne 16 200
Haute-Pyrénées 14 300 Territoire de Belfort 8 000
Hautes-Alpes 6 700 Val-de-Marne 74 900
Haute-Saône 11 400 Val-d'Oise 71 200
Haute-Savoie 36 700 Var 68 000
Haute-Vienne 17 400 Vaucluse 41 200
Haut-Rhin 42 300 Vendée 29 600
Hauts-de-Seine 78 900 Vienne 18 600
Hérault 87 900 Vosges 20 500
Ille-et-Villaine 44 500 Yonne 16 600
Indre 11 000 Yvelines 64 200

En décembre 2016, c'est dans le Tarn-et-Garonne que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+3,8% par rapport à novembre). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -23% entre novembre et décembre 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 172 300 en décembre 2016, un chiffre en légère baisse sur un mois (-0,2%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'inscrits recule par rapport à novembre (-0,1%), à 139 000 personnes. Paris arrive en 3e position avec 131 700 inscrits dénombrés fin novembre, soit une baisse de 0,2% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre augmente de 3,8% pour le premier et reste stable dans les deux autres. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au quatrième trimestre 2016, le taux de chômage en France recule de 0,1 point sur trois mois, à 9,7% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre également en baisse sur un an, avec 0,2 point de moins qu'au quatrième trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10% de la population active. Un taux lui aussi en hausse de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2016 (-0,2 point sur un an).

Les moins de 25 ans profitent de la plus forte baisse du taux de chômage (-1,7 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, les Français âgés de 50 ans ou plus connaissent eux aussi une embellie avec une baisse de 0,4 point de leur taux de chômage. Ceux âgés de 25 à 49 ans subissent de leur côté la seule hausse (+0,2 point).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Le taux de chômage en France métropolitaine depuis 1975. © JDN

Les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, et de loin, avec un taux à 23,3% au quatrième trimestre 2016 (23,8% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,7% (6,9% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9% (9,3% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au second trimestre 2016.

Après avoir fait mieux que les hommes pendant dix-sept trimestres d'affilée, les femmes affichaient au troisième trimestre 2016 un taux de chômage égal à celui des hommes. Au quatrième trimestre, elles renouent avec une meilleure performance que leurs collègues masculins avec un taux de chômage de 9,5%, contre 9,8% pour les hommes.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2016.

Au 3e trimestre 2016, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,4%), l'Hérault (13,9%) et l'Aisne (13,7%). Dans le premier, le taux de chômage augmente de 0,1 point sur trois mois et recule de 0,5 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent le Cantal (6,3%), la Lozère (6,4%) et la Mayenne (6,8%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,7% en France métropolitaine au troisième trimestre 2016. A noter que le taux de chômage a progressé dans le Cantal (+0,1 point), en Lozère (+0,1 point) et en Mayenne (+0,2 point) par rapport au 2e trimestre 2016.

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En février 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 7,1%, et même depuis juin 1983. C'est 2,5 points de moins qu'au troisième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

 Tous les indicateurs économiques

 

Indicateur économique / CDD

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