Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre de demandeurs d'emploi recule de 0,6% en avril

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi recule de 0,6% par rapport à mars. Le taux de chômage est stable sur trois mois.

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, a reculé de 19 900 en avril 2016 par rapport à mars, soit une baisse de 0,6%, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce 25 mai pour la France métropolitaine. Cette baisse fait suite à un recul remarqué de 1,7% le mois précédent. Cela porte le nombre de chômeurs de catégorie A à 3 511 100, un chiffre en baisse de 0,6% sur un an, soit 22 500 demandeurs d'emploi en moins.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C recule de 1% sur un mois, à 5 397 000 chômeurs fin avril 2016 (5 694 500 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 099 700 en France métropolitaine (6 429 900 sur la France entière), en recul de 0,8% sur un mois (-51 700 inscrits) et en augmentation de 1,8% sur un an (+108 200).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Dans le détail, le nombre de chômeurs de catégorie A est en baisse de 1% sur un mois chez les moins de 25 ans (-7,6% sur un an) et de 0,6% chez les 25-49 ans (-1,2% sur un an). Soit respectivement 5 200 et 12 100 chômeurs de moins sur un mois. Le chômage recule également pour les seniors : les 50 ans ou plus observent une baisse du nombre d'inscrits de 0,3% par rapport à mars 2016 (+5,3% sur un an). Cela représente 2 600 demandeurs d'emploi en moins.

Les femmes profitent de la plus forte baisse du chômage en avril (-0,7% sur un mois). Les hommes observent quant à eux un recul de 0,4%. Sur un an, ce chiffre reste stable pour les femmes et baisse de 1,2% pour les hommes.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories confondues, la plus forte baisse est à mettre à l'actif des demandeurs d'emplois de catégorie C (-3,3%), c'est-à-dire qui exercent une activité réduite de plus de 78 heures par mois. Ceux de la catégorie D, c'est-à-dire qui ne sont pas immédiatement disponibles et non tenus d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi, enregistrent la plus forte hausse (+2,7%, soit +7 500 inscrits).

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 152% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 465 700 inscrits en avril 2016. Sur un an, il grimpe de 5,8%, soit 134 400 personnes supplémentaires. Un chiffre en recul de 0,7% sur un mois, soit 17 900 demandeurs d'emploi de moins. Du jamais vu depuis août 2013.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 0,2% sur un mois, à 510 000 en avril 2016. 21,4% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD reculent de 1,6% sur un mois, à 109 100 en avril 2016 (-7,4% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique grimpent sur un mois (+2,3%), à 13 600 fin avril, et reculent légèrement sur un an (-0,7%). Les premières entrées reculent elles de 5,5% par rapport à mars (+9,2% sur un an), une baisse inédite depuis mars 2012 (-6%).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En avril 2016, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en avril 2016
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 25 700 Indre-et-Loire 28 700
Aisne 36 600 Isère 58 000
Allier 17 200 Jura 10 200
Alpes-de-Haute-Provence 9 600 Landes 19 600
Alpes-Maritimes 68 000 Loire 38 100
Ardèche 17 600 Loire-Atlantique 59 100
Ardennes 16 400 Loiret 36 000
Ariège 9 400 Loir-et-Cher 14 700
Aube 20 300 Lot 7 800
Aude 24 300 Lot-et-Garonne 17 100
Aveyron 9 900 Lozère 2 400
Bas-Rhin 56 200 Maine-et-Loire 38 100
Bouches-du-Rhône 129 800 Manche 19 400
Calvados 33 300 Marne 29 300
Cantal 4 700 Mayenne 10 000
Charente 17 400 Meurthe-et-Moselle 38 000
Charente-Maritime 32 100 Meuse 9 300
Cher 16 000 Morbihan 33 700
Corrèze 10 100 Moselle 56 900
Corse du sud 8 000 Nièvre 9 200
Côte-d'Armor 26 200 Nord 170 500
Côte-d'Or 24 600 Oise 42 600
Creuse 5 200 Orne 12 400
Deux-Sèvres 15 100 Paris 129 500
Dordogne 20 900 Pas-de-Calais 89 200
Doubs 26 900 Puy-de-Dôme 30 600
Drôme 30 000 Pyrénées-Atlantiques 29 900
Essonne 57 000 Pyrénées-Orientales 34 700
Eure 31 200 Rhône 94 300
Eure-et-Loir 21 500 Saone-et-Loire 25 500
Finistère 40 400 Sarthe 27 600
Gard 50 200 Savoie 19 000
Gers 7 800 Seine-et-Marne 64 600
Gironde 87 500 Seine-Maritime 71 700
Haute-Corse 9 300 Seine-Saint-Denis 118 700
Haute-Garonne 78 600 Somme 33 900
Haute-Loire 9 500 Tarn  20 200
Haute-Marne 8 400 Tarn-et-Garonne 15 700
Haute-Pyrénées 13 300 Territoire de Belfort 8 200
Hautes-Alpes 7 200 Val-de-Marne 73 700
Haute-Saône 10 800 Val-d'Oise 70 700
Haute-Savoie 36 700 Var 58 200
Haute-Vienne 17 800 Vaucluse 38 500
Haut-Rhin 41 600 Vendée 25 700
Hauts-de-Seine 78 000 Vienne 17 900
Hérault 79 800 Vosges 20 900
Ille-et-Villaine 43 000 Yonne 16 200
Indre 10 700 Yvelines 62 400

En avril 2016, c'est en Corse-du-Sud que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus reculé sur un mois (-16,7% par rapport à mars). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent la plus forte hausse du nombre de demandeurs d'emploi : +16,1% entre mars et avril 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 170 500 en avril 2016, soit 5 400 chômeurs de moins qu'un mois auparavant (-3,1%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'inscrits régresse par rapport à mars (-3,4%), à 129 800 personnes, soit 4 600 chômeurs de moins. Paris arrive 3e, avec 129 500 inscrits dénombrés fin avril, soit une baisse de 2% sur un mois.

La Lozère, le Cantal et la Creuse restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre baisse respectivement de 7,7%, 4,1% et 5,4%. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au premier trimestre 2016, le taux de chômage en France est stable sur trois mois, à 9,9% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre en baisse sur un an, avec 0,1 point de mois qu'au premier trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10,2% de la population active. Un taux qui reste lui aussi stable par rapport au troisième trimestre 2015 (-0,2 point sur un an).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les 50 ans et plus connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,2 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, il progresse de 0,3 point pour les moins de 25 ans et de 0,1 point pour les Français âgés de 25 à 49 ans.

Les moins de 25 ans restent de loin les premières victimes du chômage, avec un taux à 24,2% au premier trimestre 2016 (24,8% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,5% (6,7% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9,3% (9,6% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au 1er trimestre 2015.

Pour le seizième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,4% contre 10,3% pour leurs congénères masculins.

A quoi s'attendre au 1er semestre 2016 ? L'Insee prévoit une légère baisse du taux de chômage à 9,9% (-0,1 point), selon sa dernière note de conjoncture. Il passerait ainsi sous la barre symbolique des 10% en métropole. L'institution explique cette embellie par une hausse de l'emploi (+63 000 postes) plus forte que celle de la population active (+50 000).

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2015.

Au 3e trimestre 2015, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (16%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,4%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,5 point sur trois mois et sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,5%), le Cantal (6,7%) et la Mayenne (7,2%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 3e trimestre 2015. A noter toutefois que le taux de chômage a augmenté dans ces trois zones par rapport au 3e trimestre 2014 (respectivement +0,5 point, +0,2 point et +0,5 point).

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,2 points de moins qu'au deuxième trimestre 2015. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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