Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre de demandeurs d'emploi recule de 0,5% en juillet

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi baisse de 0,5% par rapport à juin. Le taux de chômage recule de 0,3 point sur trois mois, à 9,6%.

L'embellie tant espérée par le gouvernement est finalement arrivée. Après une hausse de 0,2% en juin, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, a reculé de 0,5% sur un mois, à 3 506 600 en juillet, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce mercredi 24 août pour la France métropolitaine, soit 19 100 chômeurs en moins. Un chiffre en baisse de 1,2% sur un an, ce qui représente 44 100 demandeurs d'emploi en moins.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C augmente par rapport à juin (+0,1%), à 5 442 100 chômeurs fin juillet 2016 (5 739 800 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 182 300 en France métropolitaine (6 513 900 pour la France entière), en hausse de 0,2% sur un mois (+12 700 inscrits) et de 1,6% sur un an (+97 400).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Dans le détail, en proportion, ce sont les jeunes de moins de 25 ans qui profitent le plus de la baisse du chômage de catégorie A en juillet. Leur nombre recule de 0,9% sur un mois (-5,9% sur un an), soit 4 600 chômeurs en moins. Viennent ensuite les 25-49 ans, qui observent un recul de 0,6% sur un mois (-1,7% sur un an), soit 12 000 personnes en moins. Le nombre de demandeurs d'emploi chez les 50 ans ou plus, lui, baisse de 0,3% par rapport à juin 2016 (+2,8% sur un an), soit 2 500 chômeurs en moins.

A noter que, ce mois-ci, hommes et femmes bénéficient d'une baisse du chômage identique (-0,5%), soit respectivement 10 000 chômeurs et 9 100 chômeuses de catégorie A en moins.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, la seule baisse concerne les chômeurs de catégorie A (-0,5%). Pour toutes les autres, la tendance est à la hausse. Les plus touchés sont les demandeurs d'emploi de catégorie B (+2,3%), c'est-à-dire ceux tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi et ayant exercé une activité de 78 heures ou moins au cours du mois.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 147% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 411 300 inscrits en juillet 2016. Sur un an, il grimpe de 1%, soit 23 100 personnes supplémentaires. A noter toutefois que ce chiffre recule pour la cinquième fois consécutive sur un mois (-0,7%, après -0,9% en juin et -0,6% en mai).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C progressent de 3,9% sur un mois, à 572 000 en juillet 2016. 20% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD augmentent de 1,2% sur un mois, à 116 900 en juillet 2016 (+6% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique augmentent sur un mois (+2,1%), à 14 300 fin juillet. Sur un an, elles progressent de 12,6%. Les premières entrées sont elles aussi en hausse sur un mois comme sur un an, avec respectivement +15,3% et +25,7%.

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En juillet 2016, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en juillet 2016
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 26 300 Indre-et-Loire 28 700
Aisne 35 600 Isère 58 600
Allier 17 100 Jura 10 400
Alpes-de-Haute-Provence 9 300 Landes 18 100
Alpes-Maritimes 64 000 Loire 38 100
Ardèche 16 400 Loire-Atlantique 62 200
Ardennes 16 400 Loiret 36 200
Ariège 9 000 Loir-et-Cher 14 600
Aube 19 300 Lot 7 500
Aude 22 700 Lot-et-Garonne 16 700
Aveyron 10 000 Lozère 2 300
Bas-Rhin 56 400 Maine-et-Loire 39 200
Bouches-du-Rhône 130 200 Manche 19 100
Calvados 32 900 Marne 28 600
Cantal 4 400 Mayenne 10 800
Charente 17 200 Meurthe-et-Moselle 37 900
Charente-Maritime 30 000 Meuse 9 200
Cher 15 600 Morbihan 32 600
Corrèze 9 800 Moselle 57 000
Corse du sud 6 000 Nièvre 8 700
Côte-d'Armor 25 900 Nord 170 900
Côte-d'Or 24 200 Oise 42 400
Creuse 5 200 Orne 12 600
Deux-Sèvres 14 600 Paris 133 500
Dordogne 19 600 Pas-de-Calais 86 500
Doubs 27 400 Puy-de-Dôme 30 100
Drôme 28 600 Pyrénées-Atlantiques 29 300
Essonne 57 900 Pyrénées-Orientales 30 700
Eure 31 400 Rhône 96 400
Eure-et-Loir 21 700 Saone-et-Loire 24 900
Finistère 39 500 Sarthe 27 600
Gard 48 200 Savoie 19 600
Gers 7 700 Seine-et-Marne 65 100
Gironde 84 900 Seine-Maritime 72 500
Haute-Corse 7 500 Seine-Saint-Denis 118 600
Haute-Garonne 79 200 Somme 32 900
Haute-Loire 9 500 Tarn  20 400
Haute-Marne 8 400 Tarn-et-Garonne 15 200
Haute-Pyrénées 12 800 Territoire de Belfort 8 100
Hautes-Alpes 6 600 Val-de-Marne 74 700
Haute-Saône 11 200 Val-d'Oise 70 900
Haute-Savoie 36 400 Var 54 700
Haute-Vienne 17 600 Vaucluse 37 200
Haut-Rhin 40 700 Vendée 25 100
Hauts-de-Seine 79 800 Vienne 17 400
Hérault 77 600 Vosges 20 100
Ille-et-Villaine 44 300 Yonne 15 900
Indre 10 500 Yvelines 64 500

En juillet 2016, c'est en Mayenne que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+6,9% par rapport à juin). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -9,6% entre juin et juillet 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 170 900 en juillet 2016, un chiffre en hausse sur un mois (+1,3%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, Paris, où le nombre d'inscrits progresse là aussi par rapport à juin (+4,5%), à 133 500 personnes. Les Bouches-du-Rhône arrivent en 3e position avec 130 200 inscrits dénombrés fin juilet, soit une augmentation de 3,4% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre progresse respectivement de 4,5%, 2,3% et 2%. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au second trimestre 2016, le taux de chômage en France recule de 0,3 point sur trois mois, à 9,6% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre en baisse sur un an, avec 0,5 point de moins qu'au second trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 9,9% de la population active. Un taux lui aussi en baisse de 0,3 point par rapport au premier trimestre 2016 (-0,5 point sur un an).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les moins de 25 ans connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,4 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, les Français âgés de 25 à 49 ans connaissent eux aussi une embellie avec une baisse de 0,2% de leur taux de chômage.

Les moins de 25 ans restent toutefois les premières victimes du chômage, et de loin, avec un taux à 23,7% au second trimestre 2016 (24,3% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,4% (6,6% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9% (9,3% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au 1er trimestre 2016.

Pour le dix-septième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,3% contre 10% pour leurs congénères masculins.

A quoi s'attendre d'ici la fin de l'année ? Le taux de chômage français devrait reculer de 0,4 point en 2016, à 9,8% de la population active (9,5% en métropole), selon la dernière note de conjoncture de l'Insee.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2015.

Au 3e trimestre 2015, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (16%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,4%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,5 point sur trois mois et sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,5%), le Cantal (6,7%) et la Mayenne (7,2%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 3e trimestre 2015. A noter toutefois que le taux de chômage a augmenté dans ces trois zones par rapport au 3e trimestre 2014 (respectivement +0,5 point, +0,2 point et +0,5 point).

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 2,8 points de moins qu'au deuxième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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