Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre de demandeurs d'emploi progresse de 0,3% en mai

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 0,3% par rapport à avril. Le taux de chômage est stable sur trois mois.

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, a progressé de 9 200 en mai 2016 par rapport à avril, soit une hausse de 0,3%, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce 24 juin pour la France métropolitaine. Cette augmentation fait suite à un recul remarqué de 0,6% le mois précédent. Cela porte le nombre de chômeurs de catégorie A à 3 520 300, un chiffre en baisse de 1% sur un an, soit 34 400 demandeurs d'emploi en moins.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C augmente de 0,6% sur un mois, à 5 428 300 chômeurs fin mai 2016 (5 726 400 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 151 600 en France métropolitaine (6 484 200 sur la France entière), en hausse de 0,9% sur un mois (+51 900 inscrits) et en augmentation de 1,5% sur un an (+88 700).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Dans le détail, le nombre de chômeurs de catégorie A est en augmentation de 0,9% sur un mois chez les moins de 25 ans (-7,6% sur un an) et de 0,3% chez les 25-49 ans (-1,3% sur un an). Soit respectivement 4 400 et 5 700 chômeurs de plus sur un mois. Le chômage recule en revanche pour les seniors : les 50 ans ou plus observent une baisse du nombre d'inscrits de 0,1% par rapport à avril 2016 (+4,2% sur un an). Cela représente 900 demandeurs d'emploi en moins.

Les femmes pâtissent de la plus forte hausse du chômage en mai (+0,4% sur un mois). Les hommes observent quant à eux une augmentation de 0,2%. Sur un an, ce chiffre baisse de 0,4% pour les femmes et de 1,5% pour les hommes.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories confondues, la plus forte hausse est à mettre à l'actif des demandeurs d'emplois de catégorie D (+4,9%), c'est-à-dire qui ne sont pas immédiatement disponibles et non tenus d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi . Ceux de la catégorie B, c'est-à-dire qui ont exercé une activité de 78 heures ou moins au cours du mois et qui sont tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, enregistrent la seule baisse (-0,8%, soit -6 000 inscrits).

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 151% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 451 100 inscrits en mai 2016. Sur un an, il grimpe de 3,6%, soit 85 100 personnes supplémentaires. Un chiffre en recul de 0,6% sur un mois, soit 14 600 demandeurs d'emploi de moins.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 4,4% sur un mois, à 532 400 en mai 2016. 21% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD progressent de 2,6% sur un mois, à 111 900 en mai 2016 (-4,3% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique grimpent sur un mois (+3,7%), à 14 100 fin mai, et augmentent nettement sur un an (+3,7%). Les premières entrées reculent elles de 4,8% par rapport à avril (+2,5% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En mai 2016, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A. Paris passe devant les Bouches-du-Rhône en mai 2016 avec 128 700 demandeurs d'emploi, soit 700 de plus que dans les Bouches-du-Rhône.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en mai 2016
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 25 500 Indre-et-Loire 28 200
Aisne 36 300 Isère 58 300
Allier 17 100 Jura 9 900
Alpes-de-Haute-Provence 9 600 Landes 19 100
Alpes-Maritimes 64 800 Loire 37 400
Ardèche 16 800 Loire-Atlantique 59 400
Ardennes 16 100 Loiret 35 800
Ariège 9 400 Loir-et-Cher 14 200
Aube 20 300 Lot 7 600
Aude 23 600 Lot-et-Garonne 16 800
Aveyron 9 800 Lozère 2 200
Bas-Rhin 55 400 Maine-et-Loire 37 400
Bouches-du-Rhône 128 000 Manche 19 200
Calvados 32 700 Marne 28 100
Cantal 4 500 Mayenne 10 200
Charente 17 000 Meurthe-et-Moselle 37 500
Charente-Maritime 31 100 Meuse 9 100
Cher 16 000 Morbihan 32 900
Corrèze 9 800 Moselle 56 100
Corse du sud 6 900 Nièvre 9 000
Côte-d'Armor 25 900 Nord 170 500
Côte-d'Or 24 200 Oise 42 100
Creuse 5 200 Orne 12 300
Deux-Sèvres 14 800 Paris 128 700
Dordogne 20 200 Pas-de-Calais 87 800
Doubs 26 300 Puy-de-Dôme 30 200
Drôme 29 000 Pyrénées-Atlantiques 29 600
Essonne 56 800 Pyrénées-Orientales 33 400
Eure 31 100 Rhône 93 700
Eure-et-Loir 21 600 Saone-et-Loire 25 000
Finistère 39 900 Sarthe 27 400
Gard 48 500 Savoie 22 700
Gers 7 800 Seine-et-Marne 64 200
Gironde 84 800 Seine-Maritime 71 700
Haute-Corse 8 100 Seine-Saint-Denis 118 200
Haute-Garonne 78 000 Somme 33 700
Haute-Loire 9 300 Tarn  20 100
Haute-Marne 8 200 Tarn-et-Garonne 15 500
Haute-Pyrénées 13 400 Territoire de Belfort 8 000
Hautes-Alpes 8 100 Val-de-Marne 73 600
Haute-Saône 10 800 Val-d'Oise 70 400
Haute-Savoie 38 000 Var 55 800
Haute-Vienne 17 500 Vaucluse 37 200
Haut-Rhin 40 500 Vendée 25 500
Hauts-de-Seine 77 800 Vienne 17 600
Hérault 78 400 Vosges 20 500
Ille-et-Villaine 42 800 Yonne 16 000
Indre 10 600 Yvelines 62 200

En mai 2016, c'est en Savoie que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+19,5% par rapport à avril). A l'inverse, la Corse du Sud enregistre la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -13,8% entre avril et mai 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 170 500 en mai 2016, un chiffre stable sur un mois. Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, Paris, où le nombre d'inscrits régresse par rapport à avril (-0,6%), à 128 700 personnes, soit 800 chômeurs de moins. Les Bouches-du-Rhône arrivent en 3e position avec 128 000 inscrits dénombrés fin mai, soit une baisse de 1,4% sur un mois.

La Lozère, le Cantal et la Creuse restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre baisse respectivement de 8,3% et 4,3% dans les deux premiers et reste stable pour le troisième. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au premier trimestre 2016, le taux de chômage en France est stable sur trois mois, à 9,9% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre en baisse sur un an, avec 0,1 point de mois qu'au premier trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10,2% de la population active. Un taux qui reste lui aussi stable par rapport au troisième trimestre 2015 (-0,2 point sur un an).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les 50 ans et plus connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,2 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, il progresse de 0,3 point pour les moins de 25 ans et de 0,1 point pour les Français âgés de 25 à 49 ans.

Les moins de 25 ans restent de loin les premières victimes du chômage, avec un taux à 24,2% au premier trimestre 2016 (24,8% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,5% (6,7% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9,3% (9,6% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au 1er trimestre 2015.

Pour le seizième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,4% contre 10,3% pour leurs congénères masculins.

A quoi s'attendre au 1er semestre 2016 ? L'Insee prévoit une légère baisse du taux de chômage à 9,9% (-0,1 point), selon sa dernière note de conjoncture. Il passerait ainsi sous la barre symbolique des 10% en métropole. L'institution explique cette embellie par une hausse de l'emploi (+63 000 postes) plus forte que celle de la population active (+50 000). Le taux de chômage français devrait reculer de 0,4 point en 2016, à 9,8% de la population active (9,5% en métropole) en fin d'année, selon la dernière note de conjoncture de l'Insee.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2015.

Au 3e trimestre 2015, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (16%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,4%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,5 point sur trois mois et sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,5%), le Cantal (6,7%) et la Mayenne (7,2%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 3e trimestre 2015. A noter toutefois que le taux de chômage a augmenté dans ces trois zones par rapport au 3e trimestre 2014 (respectivement +0,5 point, +0,2 point et +0,5 point).

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,2 points de moins qu'au deuxième trimestre 2015. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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