Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre d'inscrits en hausse en mars

Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre d'inscrits en hausse en mars Le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 1,3% sur un mois. Le taux de chômage recule de 0,1 point sur trois mois, à 9,7%.

Après un léger recul de 0,1% sur un mois en février, le nombre de chômeurs de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, repart à la hausse en mars, avec +1,3%, à 3 508 100, soit la plus forte hausse enregistrée depuis juillet 2012 (+1,2%). Sur un an, en revanche, le nombre de demandeurs d'emploi recule de 0,9%, enregistrant sa 12e baisse d'affilée. Cela représente 43 700 inscrits de plus qu'en février 2017 et 31 900 de moins qu'en mars 2016. Dom inclus, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A s'élève à 3 765 300 en mars 2017. Il est en recul de 0,1% sur un mois et de 3,1% sur un an. Pour l'ensemble des catégories et dans la France entière, le nombre de chômeurs atteint 6 567 000 (+0,2% sur un mois et + 1,5% sur un an).

Les chômeurs en France

Le nombre de chômeurs en France métropolitaine depuis 1996. © JDN

Dans le détail, en proportion, les 25-49 ans sont ceux qui subissent le plus la hausse du chômage sur un mois, avec +1,3%, soit 27 400 demandeurs d'emploi supplémentaires. En nombre, c'est toutefois la catégorie d'âge qui bénéficie le plus de la baisse du chômage sur un an, avec 35 100 inscrits en moins. Les femmes sont plus touchées que les hommes par la remontée du nombre de chômeurs : celui-ci augmente de 1,7% par rapport à février quand la hausse plafonne à 0,9% chez les demandeurs de sexe masculin.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

La répartition des demandeurs d'emploi français par catégorie. © JDN

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, les chômeurs de catégorie A sont les seules qui voient leur nombre augmenter par rapport à février. La plus forte baisse (-4,2%) est à mettre à l'actif de la catégorie D, qui regroupe les demandeurs d'emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi (en raison d'un stage, d'une formation, d'une maladie, etc.), y compris les demandeurs d'emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle.

Le chômage en France, selon la durée

Les demandeurs d'emploi en France selon leur ancienneté. © JDN

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 146% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 410 500 inscrits en mars 2017. Il est stable sur un mois et en recul de 2,7% sur un an, soit 67 400 inscrits en moins.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" est, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Les motifs d'inscription à Pôle Emploi. © JDN

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 0,2% sur un mois, à 527 600 en février 2017 (+5,4% sur un an). 19,7% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD diminuent de 2,4% sur un mois, à 104 100 en mars 2017 (-4,4% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique reculent sur un mois (-4,8%), à 11 900 fin mars, et sur un an (-12,8%).  Les premières entrées sont elles aussi en baisse sur un mois (-2,6%) et stables sur un an.

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En mars 2017, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en mars 2017
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 26 100 Indre-et-Loire 30 400
Aisne 36 800 Isère 59 800
Allier 17 800 Jura 10 200
Alpes-de-Haute-Provence 10 300 Landes 21 100
Alpes-Maritimes 70 600 Loire 39 100
Ardèche 18 400 Loire-Atlantique 63 800
Ardennes 16 700 Loiret 36 400
Ariège 9 700 Loir-et-Cher 15 100
Aube 20 600 Lot 8 300
Aude 24 200 Lot-et-Garonne 17 100
Aveyron 10 900 Lozère 2 500
Bas-Rhin 56 800 Maine-et-Loire 39 400
Bouches-du-Rhône 137 100 Manche 19 900
Calvados 34 500 Marne 29 400
Cantal 4 600 Mayenne 10 700
Charente 17 600 Meurthe-et-Moselle 39 500
Charente-Maritime 33 700 Meuse 9 500
Cher 16 400 Morbihan 35 000
Corrèze 9 900 Moselle 60 100
Corse du sud 8 500 Nièvre 8 700
Côte-d'Armor 27 800 Nord 180 700
Côte-d'Or 24 300 Oise 43 500
Creuse 5 200 Orne 12 700
Deux-Sèvres 15 400 Paris 131 700
Dordogne 21 300 Pas-de-Calais 89 800
Doubs 27 000 Puy-de-Dôme 31 200
Drôme 30 700 Pyrénées-Atlantiques 31 700
Essonne 58 500 Pyrénées-Orientales 35 500
Eure 31 800 Rhône 97 800
Eure-et-Loir 22 100 Saone-et-Loire 24 900
Finistère 42 300 Sarthe 28 500
Gard 51 200 Savoie 20 000
Gers 7 700 Seine-et-Marne 66 300
Gironde 91 400 Seine-Maritime 73 500
Haute-Corse 9 300 Seine-Saint-Denis 118 400
Haute-Garonne 80 200 Somme 34 300
Haute-Loire 9 400 Tarn  21 400
Haute-Marne 8 500 Tarn-et-Garonne 16 100
Haute-Pyrénées 13 600 Territoire de Belfort 8 100
Hautes-Alpes 7 300 Val-de-Marne 75 100
Haute-Saône 11 400 Val-d'Oise 71 700
Haute-Savoie 37 600 Var 62 000
Haute-Vienne 17 400 Vaucluse 39 100
Haut-Rhin 41 400 Vendée 27 600
Hauts-de-Seine 78 500 Vienne 17 900
Hérault 83 500 Vosges 20 900
Ille-et-Villaine 45 600 Yonne 16 100
Indre 10 900 Yvelines 63 700

En mars 2017, c'est dans l'Aveyron que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+4,8% par rapport à février). A l'inverse, la Nièvre enregistre la plus forte réduction du nombre de demandeurs d'emploi (-1,1%).

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 180 700 en mars, un chiffre en hausse sur un mois (+1,1%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'inscrits progresse aussi par rapport à février (+1,6%), à 137 100 personnes. Paris arrive en 3e position avec 131 700 inscrits dénombrés fin mars, soit une augmentation de 0,2% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre est stable dans les deux premiers et progresse de 2% dans le dernier. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au quatrième trimestre 2016, le taux de chômage en France recule de 0,1 point sur trois mois, à 9,7% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre également en baisse sur un an, avec 0,2 point de moins qu'au quatrième trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10% de la population active. Un taux lui aussi en hausse de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2016 (-0,2 point sur un an).

Les moins de 25 ans profitent de la plus forte baisse du taux de chômage (-1,7 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, les Français âgés de 50 ans ou plus connaissent eux aussi une embellie avec une baisse de 0,4 point de leur taux de chômage. Ceux âgés de 25 à 49 ans subissent de leur côté la seule hausse (+0,2 point).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Le taux de chômage en France métropolitaine depuis 1975. © JDN

Les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, et de loin, avec un taux à 23,3% au quatrième trimestre 2016 (23,8% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,7% (6,9% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9% (9,3% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au second trimestre 2016.

Après avoir fait mieux que les hommes pendant dix-sept trimestres d'affilée, les femmes affichaient au troisième trimestre 2016 un taux de chômage égal à celui des hommes. Au quatrième trimestre, elles renouent avec une meilleure performance que leurs collègues masculins avec un taux de chômage de 9,5%, contre 9,8% pour les hommes.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2016.

Au 3e trimestre 2016, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,4%), l'Hérault (13,9%) et l'Aisne (13,7%). Dans le premier, le taux de chômage augmente de 0,1 point sur trois mois et recule de 0,5 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent le Cantal (6,3%), la Lozère (6,4%) et la Mayenne (6,8%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,7% en France métropolitaine au troisième trimestre 2016. A noter que le taux de chômage a progressé dans le Cantal (+0,1 point), en Lozère (+0,1 point) et en Mayenne (+0,2 point) par rapport au 2e trimestre 2016.

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est sous Nicolas Sarkozy que les chiffres du chômage ont été les meilleurs. En janvier 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%. C'est 2,9 points de moins qu'au quatrième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 976 900 dans la métropole, soit 44% de moins qu'en mars 2017.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

 Tous les indicateurs économiques

 

Indicateur économique / CDD

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