Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre de demandeurs d'emploi en baisse de 1,7% en mars

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi recule de 1,7% par rapport à février. Le taux de chômage recule de 0,1 point sur trois mois.

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, a reculé de 60 000 en mars 2016 par rapport à février, soit une baisse de 1,7%, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce 26 avril pour la France métropolitaine. Il faut remonter à octobre 2000 pour trouver un recul plus conséquent (-1,74% contre -1,70% fin mars 2016). Cela porte le nombre de chômeurs de catégorie A à 3 531 000, un chiffre en augmentation de 0,5% sur un an, soit 16 600 demandeurs d'emploi en plus.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C baisse de 0,2% sur un mois, à 5 454 100 chômeurs fin mars 2016 (5 756 700 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 151 400 en France métropolitaine (6 486 100 sur la France entière), en recul de 0,1% sur un mois (-7 600 inscrits) et en augmentation de 3,3% sur un an (+198 500).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Dans le détail, le nombre de chômeurs de catégorie A est en baisse de 1,7% sur un mois chez les moins de 25 ans (-6,4% sur un an) et de 2% chez les 25-49 ans (-0,2% sur un an). Soit respectivement 8 700 et 42 700 chômeurs de moins sur un mois. Le chômage recule également pour les seniors : les 50 ans ou plus observent  une baisse du nombre d'inscrits de 0,1% par rapport à février 2016 (+6,5% sur un an). Cela représente 8 600 demandeurs d'emploi en moins.

Les femmes profitent de la plus forte baisse du chômage en mars (-2% sur un mois). Les hommes observent quant à eux un recul de 1,4%. Sur un an, ce chiffre progresse de 1,3% pour les femmes et baisse de 0,2% pour les hommes.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories confondues, la plus forte baisse est à mettre à l'actif des demandeurs d'emplois de catégorie A (-1,7%), c'est-à-dire ceux qui n'exercent aucune activité. Ceux de la catégorie C, c'est-à-dire qui exercent une activité réduite de plus de 78 heures par mois, enregistrent la plus forte hausse (+3,2%, soit +37 500 inscrits).

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A,B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 154% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 483 600 inscrits en mars 2016. Sur un an, il grimpe de 7,5%, soit 172 900 personnes supplémentaires. Il reste cependant stable sur un mois.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015,  à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 0,2% sur un mois, à 508 500 en mars 2016. 21,1% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD reculent de 2,7% sur un mois, à 107 500 en mars 2016 (-8,3% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique grimpent sur un mois (+3%), à 13 700 fin mars, et sur un an (+3,8%). Les premières entrées reculent elles de 1,4% par rapport à février (+15,5% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Au quatrième trimestre 2015, le taux de chômage en France diminue de 0,1 point sur trois mois, à 10% en métropole, soit 2,9 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Il reste stable sur un an. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10,3% de la population active. Un taux en baisse de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2015 (-0,2 point sur un an).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les moins de 25 ans connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,3 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, il baisse de 0,1 point pour les 25-49 ans et les plus de 50 ans.

Les moins de 25 ans restent de loin les premières victimes du chômage, avec un taux à 24% au quatrième trimestre 2015 (24,6% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,9% (7,1% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9,3% (9,6% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au 4e trimestre 2014.

Pour le quinzième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,4% contre 10,5% pour leurs congénères masculins.

A quoi s'attendre au 1er semestre 2016 ? L'Insee prévoit une légère baisse du taux de chômage à 9,9% (-0,1 point), selon sa dernière note de conjoncture. Il passerait ainsi sous la barre symbolique des 10% en métropole. L'institution explique cette embellie par une hausse de l'emploi (+63 000 postes) plus forte que celle de la population active (+50 000).

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2015.

Au 3e trimestre 2015, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (16%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,4%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,5 point sur trois mois et sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,5%), le Cantal (6,7%) et la Mayenne (7,2%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 3e trimestre 2015. A noter toutefois que le taux de chômage a augmenté dans ces trois zones par rapport au 3e trimestre 2014 (respectivement +0,5 point, +0,2 point et +0,5 point).

Le nombre de chômeurs par département

En mars 2016, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en mars 2016
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 26 300 Indre-et-Loire 30 000
Aisne 37 600 Isère 59 200
Allier 18 200 Jura 10 600
Alpes-de-Haute-Provence 9 900 Landes 20 800
Alpes-Maritimes 71 700 Loire 39 600
Ardèche 18 600 Loire-Atlantique 63 300
Ardennes 17 300 Loiret 37 100
Ariège 9 600 Loir-et-Cher 15 500
Aube 20 400 Lot 8 500
Aude 25 300 Lot-et-Garonne 17 900
Aveyron 10 600 Lozère 2 600
Bas-Rhin 58 200 Maine-et-Loire 39 900
Bouches-du-Rhône 134 400 Manche 20 600
Calvados 35 700 Marne 29 900
Cantal 4 900 Mayenne 10 400
Charente 18 200 Meurthe-et-Moselle 39 400
Charente-Maritime 34 900 Meuse 9 800
Cher 16 700 Morbihan 36 400
Corrèze 10 700 Moselle 59 300
Corse du sud 9 600 Nièvre 9 600
Côte-d'Armor 28 200 Nord 175 900
Côte-d'Or 25 700 Oise 44 200
Creuse 5 500 Orne 13 200
Deux-Sèvres 15 600 Paris 132 100
Dordogne 22 600 Pas-de-Calais 92 300
Doubs 27 900 Puy-de-Dôme 31 700
Drôme 31 400 Pyrénées-Atlantiques 31 600
Essonne 58 700 Pyrénées-Orientales 36 900
Eure 32 400 Rhône 97 400
Eure-et-Loir 22 400 Saone-et-Loire 26 400
Finistère 43 200 Sarthe 29 200
Gard 53 300 Savoie 16 900
Gers 8 200 Seine-et-Marne 66 300
Gironde 91 200 Seine-Maritime 74 700
Haute-Corse 10 900 Seine-Saint-Denis 121 800
Haute-Garonne 81 600 Somme 35 300
Haute-Loire 10 000 Tarn  21 200
Haute-Marne 8 800 Tarn-et-Garonne 16 500
Hautes-Pyrénées 13 700 Territoire de Belfort 8 500
Hautes-Alpes 6 200 Val-de-Marne 75 500
Haute-Saône 11 300 Val-d'Oise 73 100
Haute-Savoie 36 300 Var 64 000
Haute-Vienne 18 600 Vaucluse 40 500
Haut-Rhin 43 400 Vendée 28 500
Hauts-de-Seine 80 300 Vienne 18 900
Hérault 84 600 Vosges 21 800
Ille-et-Villaine 45 200 Yonne 16 900
Indre 11 200 Yvelines 64 200

En mars 2016, c'est en Vendée que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus reculé sur un mois (-11,8% par rapport à février). A l'inverse, la Seine-Saint-Denis enregistre la plus faible baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -1,9% entre février et mars 2016.

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,2 points de moins qu'au deuxième trimestre 2015. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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