Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre d'inscrits baisse de 1%

Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre d'inscrits baisse de 1% Le nombre de demandeurs d'emploi recule de 1% sur un mois, à 3 471 800. Le taux de chômage recule de 0,4 point sur trois mois, à 9,3%.

Le nombre de chômeurs de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, repart à la baisse en avril, avec -1%, à 3 471 800, après une forte hausse en mars (+1,3%), la plus forte hausse depuis juillet 2012 (+1,2%). Le nombre de demandeurs d'emploi recule également sur un an (-1,3%), soit la 13e baisse d'affilée. Cela représente 36 300 inscrits de moins qu'en mars 2017 et 46 400 de moins qu'en avril 2016. Dom inclus, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A s'élève à 3 727 600 en avril 2017. Il est en recul de 1% sur un mois et de 1,2% sur un an. Pour l'ensemble des catégories et dans la France entière, le nombre de chômeurs atteint 6 589 600 (+0,3% sur un mois et + 2,2% sur un an).

Les chômeurs en France

Le nombre de chômeurs en France métropolitaine depuis 1996. © JDN

Dans le détail, en proportion, ce sont les moins de 25 ans qui profitent le plus de la baisse du chômage en avril, avec -1,2% par rapport à mars, soit 5 900 inscrits de moins. Les 25-49 ans sont ceux qui, à l'inverse, en bénéficient le moins, avec un recul de -1% "seulement", soit, en nombre, 20 700 demandeurs d'emploi de moins qu'un mois plus tôt. Sur un an, les chômeurs de 50 ans et plus sont les seuls à voir leur nombre augmenter, avec +3,7%, à 911 300 inscrits, quand les moins de 25 ans enregistrent une diminution de leur nombre de 6,3% soit 31 700 jeunes chômeurs en moins.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

La répartition des demandeurs d'emploi français par catégorie. © JDN

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, les chômeurs de catégorie D, y compris ceux qui ne sont pas tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi (en raison d'un stage, d'une formation, d'une maladie, etc.), y compris les demandeurs d'emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle, sont ceux qui profitent le plus de la baisse du chômage en avril, avec -2,6%. Les chômeurs de catégorie C, ceux qui ont exercé une activité réduite de plus de 78 heures par mois et sont obligés d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi, sont ceux qui pâtissent de la plus forte hausse, avec +3,8%, à 1 335 100.

Le chômage en France, selon la durée

Les demandeurs d'emploi en France selon leur ancienneté. © JDN

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 147% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 418 500 inscrits en avril 2017. Il est stable sur un mois et en recul de 1,9% sur un an, soit 46 900 inscrits en moins.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" est, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Les motifs d'inscription à Pôle Emploi. © JDN

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 0,7% sur un mois, à 542 300 en avril 2017 (+4,7% sur un an). 19,6% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD augmentent de 1,3% sur un mois, à 106 500 en avril 2017 (-3,9% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique reculent sur un mois (-4,7%), à 12 100 fin avril, et sur un an (-10,4%).  Les premières entrées progressent sur un mois (+5,3%) et sur un an (+6,1%).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Le taux de chômage en France métropolitaine depuis 1975. © JDN

Au premier trimestre 2017, le taux de chômage en France connaît un recul de 0,4 point sur trois mois. Il s'élève désormais à 9,3% de la population active, soit 2,67 millions de personnes au chômage au sens du BIT. Le chiffre est également en forte baisse sur un an puisqu'au premier trimestre 2016, il atteignait 9,9%. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 9,6% de la population active contre 10,2% un an plus tôt.

Les moins de 25 ans restent de loin les premiers touchés par le chômage (21,8%). Le chiffre est toutefois en baisse par rapport au quatrième trimestre 2016 (23,3%). Il est également en contraction par rapport au premier trimestre 2016, date à laquelle le taux de chômage de cette catégorie culminait à 24,4%. C'est au quatrième trimestre 2012 que le taux de chômage des jeunes était le plus élevé puisqu'il touchait 25,4% de cette population.

Chez les 50 ans et plus, le taux de chômage s'établit à 6,6%, un chiffre stable par rapport au quatrième semestre 2016 et en légère baisse par rapport au premier trimestre 2017 (6,7%).

Avec un taux de chômage de 9,4%, les femmes sont légèrement plus touchées que les hommes (9,2%). Au quatrième trimestre 2016, les hommes étaient plus touchés que les femmes par le chômage (9,8% contre 9,5%).

Le nombre de chômeurs par département

En avril 2017, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en avril 2017
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 25 000 Indre-et-Loire 28 300
Aisne 36 200 Isère 57 600
Allier 17 200 Jura 9 800
Alpes-de-Haute-Provence 9 900 Landes 19 600
Alpes-Maritimes 68 300 Loire 37 000
Ardèche 17 200 Loire-Atlantique 58 400
Ardennes 16 300 Loiret 35 100
Ariège 9 500 Loir-et-Cher 14 100
Aube 20 300 Lot 8 000
Aude 23 700 Lot-et-Garonne 16 000
Aveyron 10 000 Lozère 2 300
Bas-Rhin 55 500 Maine-et-Loire 37 100
Bouches-du-Rhône 132 900 Manche 18 600
Calvados 32 500 Marne 28 400
Cantal 4 500 Mayenne 9 900
Charente 16 600 Meurthe-et-Moselle 37 700
Charente-Maritime 31 000 Meuse 9 000
Cher 15 700 Morbihan 32 600
Corrèze 9 800 Moselle 57 400
Corse du sud 8 100 Nièvre 8 500
Côte-d'Armor 25 700 Nord 177 300
Côte-d'Or 23 700 Oise 42 600
Creuse 5 000 Orne 12 200
Deux-Sèvres 14 500 Paris 128 900
Dordogne 20 600 Pas-de-Calais 85 900
Doubs 26 300 Puy-de-Dôme 30 200
Drôme 29 100 Pyrénées-Atlantiques 29 500
Essonne 57 600 Pyrénées-Orientales 33 900
Eure 30 200 Rhône 93 200
Eure-et-Loir 21 400 Saone-et-Loire 24 200
Finistère 38 500 Sarthe 26 800
Gard 49 200 Savoie 18 700
Gers 7 300 Seine-et-Marne 64 700
Gironde 86 800 Seine-Maritime 70 500
Haute-Corse 9 000 Seine-Saint-Denis 117 800
Haute-Garonne 76 300 Somme 33 600
Haute-Loire 9 100 Tarn  20 200
Haute-Marne 8 100 Tarn-et-Garonne 15 600
Haute-Pyrénées 12 800 Territoire de Belfort 7 900
Hautes-Alpes 7 000 Val-de-Marne 73 800
Haute-Saône 11 000 Val-d'Oise 70 700
Haute-Savoie 36 400 Var 58 400
Haute-Vienne 16 900 Vaucluse 37 500
Haut-Rhin 41 100 Vendée 24 800
Hauts-de-Seine 77 400 Vienne 16 700
Hérault 80 400 Vosges 19 900
Ille-et-Villaine 41 600 Yonne 15 700
Indre 10 600 Yvelines 62 300

En avril 2017, c'est dans l'Aveyron que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+4,8% par rapport à février). A l'inverse, la Nièvre enregistre la plus forte réduction du nombre de demandeurs d'emploi (-1,1%).

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 177 300 en avril, un chiffre en baisse sur un mois (-2%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'inscrits diminue aussi par rapport à mars (+1,6%), à 132 900 personnes. Paris arrive en 3e position avec 128 900 inscrits dénombrés fin avril, soit une baisse de 1% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre diminue de 12% dans le premier et de 4% dans le deuxième et le dernier. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2016.

Au 4e trimestre 2016, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,3%), l'Hérault (13,9%) et l'Aisne (13,7%). Dans le premier, le taux de chômage recule de 0,1 point sur trois mois et est stable sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent le Cantal et la Lozère (6,2%) ainsi que la Mayenne (6,6%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,7% en France métropolitaine au quatrième trimestre 2016. A noter que le taux de chômage a diminué de 0,1 point sur un trimestre dans ces trois départements.

Le chômage sous les différents présidents de la République

chãžmage par prã©sident

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est sous Nicolas Sarkozy que les chiffres du chômage ont été les meilleurs. En janvier 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%. C'est 2,9 points de moins qu'au quatrième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 976 900 dans la métropole, soit 44% de moins qu'en mars 2017.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

 Tous les indicateurs économiques

Indicateur économique / CDD