Taux de chômage et chômeurs en France : hausse des demandeurs d'emploi en juin

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 0,2% par rapport à mai. Le taux de chômage est stable sur trois mois.

Le gouvernement espérait une embellie. Il n'en est rien. Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, a progressé de 0,2% sur un mois, à 3 525 700 en juin, selon les chiffres dévoilés par la Dares et Pôle emploi ce mardi 26 juillet pour la France métropolitaine, soit 5 400 chômeurs supplémentaires. A noter toutefois que ce chiffre est en recul de 0,7% sur un an, ce qui représente 24 600 demandeurs d'emploi en moins.

En France métropolitaine, toujours, le nombre d'inscrits de catégories A, B et C augmente lui aussi par rapport à mai (+0,1%), à 5 434 600 chômeurs fin juin 2016 (5 733 900 Dom Inclus). Toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 6 169 600 en France métropolitaine (6 503 000 pour la France entière), en hausse de 0,3% sur un mois (+18 000 inscrits) et de 1,8% sur un an (+107 700).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Dans le détail, en proportion, ce sont les jeunes de moins de 25 ans qui sont les plus touchés par la hausse du chômage de catégorie A en juin. Leur nombre augmente de 0,8% sur un mois (-5,7% sur un an), soit 4 000 chômeurs en plus. Viennent ensuite les 50 ans ou plus, qui accusent une progression de 0,2% sur un mois (-1,2% sur un an), soit 1 400 personnes supplémentaires. Le nombre de demandeurs d'emploi chez les 25-49 ans, lui, est stable par rapport à mai 2016.

Toutes catégories d'âge et de sexe confondues, la plus forte augmentation est à mettre à l'actif des chômeuses de moins de 25 ans. Leur nombre est en hausse de 0,9% sur un mois (+2 100). A l'inverse, leurs aînées de 25 à 49 ans sont les seules à profiter d'une baisse du chômage de catégorie A en juin, avec un recul de -0,1% par rapport à mai 2016 (1 000 personnes de moins).

A noter que, ce mois-ci, ce sont les hommes qui pâtissent de la plus forte hausse du chômage (+0,2%) tandis que le nombre de demandeuses d'emploi de catégorie A ne progresse, lui, "que" de 0,1%.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues, la plus forte hausse est une nouvelle fois à déplorer pour les chômeurs de catégorie D (+3,2%), c'est-à-dire ceux qui ne sont pas immédiatement disponibles et qui ne sont pas tenus d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 148% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 429 200 inscrits en juin 2016. Sur un an, il grimpe de 2,3%, soit 55 200 personnes supplémentaires. A noter toutefois que ce chiffre recule pour la troisième fois consécutive sur un mois (-0,9%, après -0,6% en mai et -0,7% en avril).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février 2015, le ministre du Travail avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015, à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). Alors ministre du Travail, François Rebsamen avait également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C reculent de 1,9% sur un mois, à 563 500 en juin 2016. 21% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD diminuent de 0,8% sur un mois, à 118 000 en juin 2016 (+6% sur un an).

Les inscriptions pour licenciement économique baissent sur un mois (-9,5%), à 13 400 fin juin. Sur un an, en revanche, elles progressent de 8,9%. Les premières entrées, elles, sont en hausse sur un mois comme sur un an, avec respectivement + 13% et +24,9%.

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le nombre de chômeurs par département

En juin 2016, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en juin 2016
Département Nombre de chômeurs  Département Nombre de chômeurs 
Ain 25 000 Indre-et-Loire 28 000
Aisne 35 500 Isère 56 800
Allier 16 800 Jura 9 900
Alpes-de-Haute-Provence 9 300 Landes 18 800
Alpes-Maritimes 63 200 Loire 36 600
Ardèche 16 100 Loire-Atlantique 59 200
Ardennes 16 200 Loiret 35 300
Ariège 9 200 Loir-et-Cher 14 100
Aube 19 100 Lot 7 400
Aude 22 700 Lot-et-Garonne 16 400
Aveyron 9 700 Lozère 2 200
Bas-Rhin 54 600 Maine-et-Loire 37 100
Bouches-du-Rhône 125 900 Manche 18 900
Calvados 32 400 Marne 27 000
Cantal 4 300 Mayenne 10 100
Charente 16 200 Meurthe-et-Moselle 36 800
Charente-Maritime 29 600 Meuse 9 100
Cher 15 700 Morbihan 32 400
Corrèze 9 700 Moselle 55 000
Corse du sud 6 200 Nièvre 8 700
Côte-d'Armor 25 700 Nord 168 700
Côte-d'Or 23 600 Oise 41 900
Creuse 5 100 Orne 12 300
Deux-Sèvres 14 200 Paris 127 700
Dordogne 19 500 Pas-de-Calais 86 600
Doubs 26 200 Puy-de-Dôme 29 500
Drôme 28 200 Pyrénées-Atlantiques 28 900
Essonne 56 100 Pyrénées-Orientales 31 500
Eure 30 800 Rhône 92 500
Eure-et-Loir 21 400 Saone-et-Loire 24 300
Finistère 39 300 Sarthe 26 800
Gard 47 400 Savoie 20 900
Gers 7 600 Seine-et-Marne 63 400
Gironde 82 200 Seine-Maritime 71 400
Haute-Corse 7 600 Seine-Saint-Denis 117 100
Haute-Garonne 76 400 Somme 33 300
Haute-Loire 9 100 Tarn  20 000
Haute-Marne 8 300 Tarn-et-Garonne 14 900
Haute-Pyrénées 12 800 Territoire de Belfort 7 900
Hautes-Alpes 7 300 Val-de-Marne 72 700
Haute-Saône 10 600 Val-d'Oise 69 700
Haute-Savoie 36 200 Var 54 200
Haute-Vienne 17 200 Vaucluse 36 200
Haut-Rhin 39 600 Vendée 25 100
Hauts-de-Seine 76 800 Vienne 17 200
Hérault 76 300 Vosges 20 100
Ille-et-Villaine 42 100 Yonne 15 600
Indre 10 500 Yvelines 62 300

En juin 2016, c'est en Haute-Marne que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+1% par rapport à mai). A l'inverse, la Corse du Sud enregistre une nouvelle fois la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -10% entre mai et juin 2016.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 168 700 en juin 2016, un chiffre en baisse sur un mois (-1%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, Paris, où le nombre d'inscrits recule là aussi par rapport à mai (-1%), à 127 700 personnes. Les Bouches-du-Rhône arrivent en 3e position avec 125 900 inscrits dénombrés fin juin, soit une baisse de 2% sur un mois.

A l'opposé de l'échelle, la Lozère, le Cantal et la Creuse restent les trois territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre est stable dans le premier et il baisse respectivement de 4% et 2% dans les deux suivants. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage en France

Au premier trimestre 2016, le taux de chômage en France est stable sur trois mois, à 9,9% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Un chiffre en baisse sur un an, avec 0,1 point de mois qu'au premier trimestre 2015. Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10,2% de la population active. Un taux qui reste lui aussi stable par rapport au troisième trimestre 2015 (-0,2 point sur un an).

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les 50 ans et plus connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,2 point sur trois mois). Dans les autres catégories d'âge, sur trois mois, il progresse de 0,3 point pour les moins de 25 ans et de 0,1 point pour les Français âgés de 25 à 49 ans.

Les moins de 25 ans restent de loin les premières victimes du chômage, avec un taux à 24,2% au premier trimestre 2016 (24,8% Dom inclus). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,5% (6,7% dans la France entière). Celui des 25-49 ans atteint 9,3% (9,6% Outre-Mer inclus), soit 0,2 point de moins qu'au 1er trimestre 2015.

Pour le seizième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,4% contre 10,3% pour leurs congénères masculins.

A quoi s'attendre au 1er semestre 2016 ? L'Insee prévoit une légère baisse du taux de chômage à 9,9% (-0,1 point), selon sa dernière note de conjoncture. Il passerait ainsi sous la barre symbolique des 10% en métropole. L'institution explique cette embellie par une hausse de l'emploi (+63 000 postes) plus forte que celle de la population active (+50 000). Le taux de chômage français devrait reculer de 0,4 point en 2016, à 9,8% de la population active (9,5% en métropole) en fin d'année, selon la dernière note de conjoncture de l'Insee.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2015.

Au 3e trimestre 2015, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (16%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,4%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,5 point sur trois mois et sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,5%), le Cantal (6,7%) et la Mayenne (7,2%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 3e trimestre 2015. A noter toutefois que le taux de chômage a augmenté dans ces trois zones par rapport au 3e trimestre 2014 (respectivement +0,5 point, +0,2 point et +0,5 point).

Le chômage sous les différents présidents de la République

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Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,2 points de moins qu'au deuxième trimestre 2015. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 80% de moins qu'en août 2015.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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