Taux de chômage et chômeurs en France : le point en mai 2015

Chômage et chômeurs en France Le nombre d'inscrits de catégorie A augmente de 0,4% sur un mois, à 3 509 800 fin mars. Le taux de chômage progresse de 0,1 point sur un trimestre, à 10% au 4e trimestre 2014.

[Mise à jour le 26/05 à 11h00] Les chiffres du chômage d'avril seront disponibles ce lundi 1er juin, à 18 heures.

L'embellie tant attendue n'a pas eu lieu. Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, en France métropolitaine, a augmenté de 0,4% sur un mois, à 3 509 800 en mars 2015 (soit 15 400 inscrits de plus). Sur un an, ce nombre est en hausse de 4,9% (+ 163 400 chômeurs).

Au total, fin mars 2015, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établit à 5 290 500 en métropole (5 590 600 Dom compris). Ce nombre est en hausse de 0,5% sur un mois (+28 000) et de 6,7% sur un an (+334 200).

A quoi s'attendre en 2015 ?

Fin novembre 2014, l'OCDE indiquait ne pas s'attendre à une baisse du chômage en France avant 2016.

Même son de cloche du côté de l'Unedic : dans ses prévisions financières de janvier 2015, l'organisme paritaire en charge de l'assurance chômage anticipe une aggravation du chômage en 2015 et table sur 104 000 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires en métropole.

Pour l'Organisation internationale du travail (OIT), qui a rendu publiques ses prévisions fin janvier, la diminution du taux de chômage en France n'interviendrait que dans deux ans. Le taux devrait passer de 9,97% en 2015 et 2016 à 9,86% en 2017. Une baisse qui se poursuivrait : en 2019, le taux de chômage dans l'Hexagone atteindrait 9,47%, selon l'organisation. La Commission européenne, elle, anticipe un taux de chômage de 10,3% en 2015 et de 10% en 2016, dans ses prévisions publiées début mai.

Quid de l'Insee ? Dans sa note de conjoncture d'avril 2015, l'institut de la statistique prévoit une nouvelle hausse du taux de chômage au premier trimestre 2015. Il pourrait s'élever à 10,6% mi-2015 (métropole + Dom). Un niveau qui n'avait pas été atteint depuis fin 1997. De son côté, le nombre de chômeurs progresserait légèrement.

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Tous âges confondus, ceux qui souffrent le plus de la hausse du chômage en mars sont les moins de 25 ans : leur nombre progresse de 1% sur un mois (+5 200 inscrits) et de 1,5% sur un an (+8 000), à 542 300 en mars 2015. Une progression du chômage des jeunes qui intervient après quatre mois de baisse consécutifs.

Deuxième classe d'âge la plus touchée, les inscrits de 50 ans ou plus. Leur nombre augmente de 0,3% (+3 600) par rapport à février 2015 et de 8,6% par rapport à mars 2014 (+65 800).

Les chômeurs de catégorie A âgés de 25 à 49 ans voient quant à eux leur nombre croître de 0,3% sur un mois (+6 600) et de 4,4% sur un an (+89 600).

En nombre absolu, toutes catégories d'âge et de sexe confondues, ce sont une fois de plus les hommes de 25 à 49 ans qui pâtissent le plus de la progression du chômage en mars (4 400 demandeurs de plus par rapport à février 2015). A l'inverse, les femmes de 50 ans ou plus affichent la plus faible hausse (+1 400).

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories confondues, c'est le nombre de demandeurs d'emplois de catégorie C, exerçant une activité réduite de plus de 78 heures, qui progresse le plus, avec +1,4% sur un mois, à 1 096 700 inscrits en mars 2015.

Au total, fin mars 2015, le nombre de chômeurs s'élève à 6 014 300 toutes catégories confondues en France métropolitaine.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de 136,4% depuis juin 2008, pour atteindre 2 308 800 inscrits en mars 2015. Sur un an, il progresse de 10,1%, soit 212 500 personnes supplémentaires (+1,1% sur un mois).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février dernier, le ministre du Travail a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015,  à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). François Rebsamen a également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C augmentent de 1,9% sur un mois, à 503 900 en mars 2015. 23,3% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD sont en hausse de 1,4% sur un mois, à 117 300 en mars 2015 (-0,7% sur un an). Les inscriptions pour licenciement économique, elles, diminuent de 3% sur un mois, à 13 100 fin mars (-8,4% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Le taux de chômage en France métropolitaine retrouve son niveau du deuxième trimestre 2013. Il grimpe de 0,1 point sur un trimestre, à 10% en moyenne au dernier trimestre 2014. La hausse atteint 0,4 point sur un an. Sur trois mois, l'augmentation la plus forte est à mettre à l'actif des 25 – 49 ans, dont le taux de chômage croît de 0,2 point. Sur un an, en revanche, les plus touchés sont les moins de 25 ans.

Si l'on inclut les Dom, le taux de chômage s'établit à 10,4% de la population active. Il progresse de 0,1 point sur trois mois (+0,3 point sur un an).

Dans le détail, les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, avec un taux à 23,7% en métropole fin 2014 (stable sur trois mois). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,8%, (+0,4 point par rapport au quatrième trimestre 2013). Celui des 25-49 ans atteint 9,5%, en hausse (+0,4 point sur un an).

Pour le neuvième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,7% contre 10% pour leurs congénères masculins.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au quatrième trimestre 2014.

Au 4e trimestre 2014, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,4%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,2%). Dans le premier, le taux de chômage est stable sur trois mois et progresse de 0,9 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,2%), le Cantal (6,4%) et la Mayenne (6,9%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 4e trimestre 2014. A noter toutefois que, dans deux de ces trois zones (la Mayenne et la Lozère), le taux de chômage a augmenté entre le 4e trimestre 2013 et le 3e trimestre 2014 (+0,4 point). Il a, en revanche, légèrement reculé dans le Cantal sur la période (-0,1 point).

Le nombre de chômeurs par département

En mars 2015, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en mars 2015
DépartementNombre de chômeursDépartementNombre de chômeurs
Source : Dares et Pôle emploi
Ain 25 500 Indre-et-Loire 29 900
Aisne 38 000 Isère 58 100
Allier 18 100 Jura 10 400
Alpes-de-Haute-Provence 9 900 Landes 21 200
Alpes-Maritimes 70 400 Loire 39 100
Ardèche 18 100 Loire-Atlantique 64 400
Ardennes 17 600 Loiret 37 100
Ariège 9 600 Loir-et-Cher 15 600
Aube 20 500 Lot 8 300
Aude 26 100 Lot-et-Garonne 17 600
Aveyron 10 500 Lozère 2 600
Bas-Rhin 57 400 Maine-et-Loire 40 100
Bouches-du-Rhône 134 800 Manche 20 900
Calvados 36 600 Marne 30 400
Cantal 5 000 Mayenne 10 800
Charente 18 400 Meurthe-et-Moselle 39 100
Charente-Maritime 35 200 Meuse 10 000
Cher 16 500 Morbihan 36 000
Corrèze 10 400 Moselle 60 300
Corse du sud 9 500 Nièvre 9 700
Côte-d'Armor 27 800 Nord 176 300
Côte-d'Or 25 600 Oise 44 600
Creuse 5 500 Orne 13 000
Deux-Sèvres 15 700 Paris 132 100
Dordogne 23 000 Pas-de-Calais 94 600
Doubs 27 800 Puy-de-Dôme 31 500
Drôme 31 100 Pyrénées-Atlantiques 32 000
Essonne 57 200 Pyrénées-Orientales 36 300
Eure 32 200 Rhône 96 100
Eure-et-Loir 22 200 Saone-et-Loire 26 200
Finistère 43 000 Sarthe 29 500
Gard 53 300 Savoie 17 400
Gers 8 100 Seine-et-Marne 65 800
Gironde 90 500 Seine-Maritime 72 600
Haute-Corse 10 900 Seine-Saint-Denis 120 300
Haute-Garonne 81 500 Somme 34 300
Haute-Loire 9 800 Tarn 21 300
Haute-Marne 9 000 Tarn-et-Garonne 16 100
Haute-Pyrénées 14 400 Territoire de Belfort 8 700
Hautes-Alpes 6 200 Val-de-Marne 74 200
Haute-Saône 12 000 Val-d'Oise 71 700
Haute-Savoie 35 400 Var 64 500
Haute-Vienne 18 500 Vaucluse 39 700
Haut-Rhin 42 400 Vendée 29 800
Hauts-de-Seine 80 200 Vienne 19 000
Hérault 84 400 Vosges 22 500
Ille-et-Villaine 44 800 Yonne 17 100
Indre 10 800 Yvelines 61 900

En mars 2015, c'est dans les Hautes-Pyrénées que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+2,1% par rapport à février 2015). A l'inverse, la Vendée enregistre la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -7,2% entre février et mars 2015.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 176 300 en mars 2015, soit 1 900 de moins qu'un mois auparavant (-1,1%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône. Là aussi, le nombre d'inscrits diminue par rapport à février 2015 (-1,9%), à 134 800 personnes, soit 2 600 chômeurs de moins. Paris reste sur la troisième marche de ce sombre podium, avec 132 100 inscrits recensés fin mars (-1,9% sur un mois).

Le Cantal, La Creuse et la Lozère restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre recule de 3,5% dans le premier, de 2% dans le deuxième et de 3,7% dans le dernier. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le chômage sous les différents présidents de la République

chômage par président
Evolution du chômage en France métropolitaine depuis le 1er trimestre 1996. © JDN

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,1 points de moins qu'au troisième trimestre 2014. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 74,5% de moins qu'en octobre 2014.

 

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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Indicateur économique / CDD