Taux de chômage et chômeurs en France : le nombre de demandeurs d'emploi en hausse en février

Chômage et chômeurs en France Le nombre d'inscrits de catégorie A augmente de 0,4% sur un mois, à 3 494 400 fin février. Le taux de chômage progresse de 0,1 point sur un trimestre, à 10% au 4e trimestre 2014.

Mauvaise nouvelle pour le gouvernement à l'entre-deux tours des élections départementales : le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, en France métropolitaine, a augmenté de 0,4% sur un mois, à 3 494 400 en février 2015 (soit 12 800 inscrits de plus), après une baisse en janvier. Sur un an, ce nombre est en hausse de 4,6% (+ 152 700 chômeurs).

Au total, fin février 2015, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établit à 5 262 500 en métropole (5 561 000 Dom compris). Ce nombre est en hausse de 0,6% sur un mois (+30 400) et de 6,5% sur un an (+320 700).

Les chômeurs en France

Tous âges confondus, ceux qui souffrent le plus de la hausse du chômage en février sont les inscrits de 50 ans ou plus : leur nombre progresse de 0,7% sur un mois (+ 5 500 inscrits) et de 9,1% sur un an (+68 800).

A l'inverse, le nombre de chômeurs de moins de 25 ans est en baisse sur un mois pour la quatrième fois consécutive, à 537 100 inscrits fin février 2015 (-0,3%). Leur nombre est toutefois en légère hausse sur un an (+0,1%).

Les chômeurs de catégorie A âgés de 25 à 49 ans voient quant à eux leur nombre augmenter de 0,4% sur un mois (+8 700) et de 4,1% sur un an (+83 200).

En nombre absolu, toutes catégories d'âge et de sexe confondues, ce sont les hommes de 25 à 49 ans qui pâtissent le plus de la progression du chômage en février (6 100 demandeurs de plus par rapport à janvier 2015). A l'inverse, les femmes de moins de 25 ans affichent la plus forte baisse (-1 500).

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories confondues, c'est le nombre de demandeurs d'emplois de catégorie B, exerçant une activité réduite de moins de 78 heures, qui progresse le plus, avec +1,4% sur un mois, à 687 000 inscrits en février 2015.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de 133,9% depuis juin 2008, pour atteindre 2 284 800 inscrits en février 2015. Sur un an, il progresse de 9,5%, soit 198 400 personnes supplémentaires (+0,8% sur un mois).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février dernier, le ministre du Travail a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015,  à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). François Rebsamen a également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C diminuent de 1% sur un mois, à 494 600 en février 2015. 22,4% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD sont en hausse de 0,6% sur un mois, à 115 700 en février 2015 (-2,9% sur un an). Les inscriptions pour licenciement économique, elles, augmentent de 4,7% sur un mois, à 13 500 fin février (-0,7% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Le taux de chômage en France métropolitaine retrouve son niveau du deuxième trimestre 2013. Il grimpe de 0,1 point sur un trimestre, à 10% en moyenne au dernier trimestre 2014. La hausse atteint 0,4 point sur un an. Sur trois mois, l'augmentation la plus forte est à mettre à l'actif des 25 – 49 ans, dont le taux de chômage croît de 0,2 point. Sur un an, en revanche, les plus touchés sont les moins de 25 ans.

Si l'on inclut les Dom, le taux de chômage s'établit à 10,4% de la population active. Il progresse de 0,1 point sur trois mois (+0,3 point sur un an).

Dans le détail, les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, avec un taux à 23,7% en métropole fin 2014 (stable sur trois mois). Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,8%, (+0,4 point par rapport au quatrième trimestre 2013). Celui des 25-49 ans atteint 9,5%, en hausse (+0,4 point sur un an).

Pour le neuvième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,7% contre 10% pour leurs congénères masculins.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2014.

 

Au 3e trimestre 2014, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,5%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,2%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,7 point sur trois mois et de 0,6 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (5,9%), le Cantal (6,5%) et la Mayenne (6,7%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,9% en France métropolitaine au 3e trimestre 2014. A noter que, dans ces trois zones, le taux de chômage a même légèrement reculé entre le 3e trimestre 2013 et le 3 trimestre 2014.

Le nombre de chômeurs par département

En février 2015, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en février 2015
DépartementNombre de chômeursDépartementNombre de chômeurs
Source : Dares et Pôle emploi
Ain 26 300 Indre-et-Loire 30 900
Aisne 38 700 Isère 59 500
Allier 18 700 Jura 10 900
Alpes-de-Haute-Provence 10 400 Landes 22 700
Alpes-Maritimes 73 100 Loire 40 300
Ardèche 18 900 Loire-Atlantique 67 600
Ardennes 18 100 Loiret 37 800
Ariège 9 800 Loir-et-Cher 16 200
Aube 20 800 Lot 8 700
Aude 26 700 Lot-et-Garonne 18 300
Aveyron 10 900 Lozère 2 700
Bas-Rhin 59 400 Maine-et-Loire 42 000
Bouches-du-Rhône 137 400 Manche 21 800
Calvados 38 000 Marne 31 200
Cantal 5 100 Mayenne 11 300
Charente 18 900 Meurthe-et-Moselle 39 900
Charente-Maritime 36 900 Meuse 10 300
Cher 16 800 Morbihan 37 900
Corrèze 10 700 Moselle 62 000
Corse du sud 10 100 Nièvre 9 900
Côte-d'Armor 29 000 Nord 178 200
Côte-d'Or 26 200 Oise 45 700
Creuse 5 700 Orne 13 400
Deux-Sèvres 16 300 Paris 134 600
Dordogne 23 800 Pas-de-Calais 96 500
Doubs 28 300 Puy-de-Dôme 32 200
Drôme 32 000 Pyrénées-Atlantiques 33 300
Essonne 57 700 Pyrénées-Orientales 37 500
Eure 33 000 Rhône 98 600
Eure-et-Loir 22 800 Saone-et-Loire 27 200
Finistère 45 400 Sarthe 30 400
Gard 55 100 Savoie 18 000
Gers 8 400 Seine-et-Marne 67 000
Gironde 92 600 Seine-Maritime 74 200
Haute-Corse 11 400 Seine-Saint-Denis 121 400
Haute-Garonne 83 300 Somme 34 900
Haute-Loire 10 100 Tarn 21 700
Haute-Marne 9 400 Tarn-et-Garonne 16 200
Haute-Pyrénées 14 100 Territoire de Belfort 8 800
Hautes-Alpes 6 200 Val-de-Marne 75 100
Haute-Saône 12 500 Val-d'Oise 72 700
Haute-Savoie 36 300 Var 67 200
Haute-Vienne 18 700 Vaucluse 40 900
Haut-Rhin 43 500 Vendée 32 100
Hauts-de-Seine 81 000 Vienne 19 800
Hérault 87 000 Vosges 22 900
Ille-et-Villaine 46 900 Yonne 17 600
Indre 11 000 Yvelines 62 900

En février 2015, c'est dans le Val-de-Marne que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+0,8% par rapport à janvier 2015). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent pour la troisième fois consécutive la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -4,6% entre janvier et février 2015.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 178 200 en février 2015, soit 1 000 de moins qu'un mois auparavant (-0,6%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône. Là aussi, le nombre d'inscrits diminue par rapport à janvier 2015 -0,4%), à 137 400 personnes, soit 600 chômeurs de moins. Paris reste sur la troisième marche de ce sombre podium, avec 134 600 inscrits recensés fin février (+0,4% sur un mois).

Le Cantal, La Creuse et la Lozère restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre recule de 3,8% dans le premier et stagne dans les deux autres. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le chômage sous les différents présidents de la République

chômage par président
Evolution du chômage en France métropolitaine depuis le 1er trimestre 1996. © JDN

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,1 points de moins qu'au troisième trimestre 2014. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 74,5% de moins qu'en octobre 2014.

 

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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