Taux de chômage et chômeurs en France : baisse des demandeurs d'emploi en juillet

Chômage et chômeurs en France Le nombre de chômeurs diminue de 0,1% sur un mois fin juillet. Le taux de chômage, lui aussi, recule de 0,1 point, à 10% au 1er trimestre 2015 en France métropolitaine.

Bonne nouvelle pour le gouvernement en cette rentrée 2015 : le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, en France métropolitaine, est en baisse sur un mois, à 3 551 600 en juillet 2015 (soit 1 900 inscrits de moins qu'en juin).

"Cette tendance est en cohérence avec les résultats obtenus au plan économique : la croissance repart (elle a augmenté de 0,7% au premier semestre) et les entreprises créent à nouveau des emplois (27 000 créations nette sur la même période)", explique le communiqué de presse accompagnant la diffusion des résultats.

Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A progresse de 3,9% (+134 800 chômeurs).

Au total, fin juillet 2015, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établit à 5 412 500 en métropole (5 717 800 Dom compris). Ce nombre est en hausse de 0,3% sur un mois (+15 100) et de 6,6% sur un an (+336 300).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les 50 ans ou plus sont les seuls à ne pas profiter de la diminution du chômage en juillet : leur nombre progresse de 0,7% sur un mois (+6 000 inscrits) et de 8,3% sur un an (+66 000), à 858 900 en juillet 2015. Les moins de 25 ans, eux, enregistrent la plus belle embellie. A noter que le chômage des jeunes diminue pour le deuxième mois consécutif, après 3 mois de hausse, avec -0,2% par rapport à juin 2015 (-3 800). Sur un an, en revanche, le nombre de chômeurs de moins de 25 ans reste en hausse, (+0,6%, soit +3 400 personnes), à 541 500.

Le nombre de chômeurs de catégorie A âgés de 25 à 49 ans diminue quant à lui de 0,2% sur un mois (-4 100). Il reste en augmentation sur un an, avec +3,1% sur un an (+65 400).

En nombre absolu, toutes catégories d'âge et de sexe confondues, ce sont les hommes de 25 à 49 ans qui profitent le plus de la baisse du chômage en juillet (-4 700 demandeurs de moins par rapport à juin 2015). A l'inverse, les hommes de 50 ans ou plus affichent la plus forte hausse (+3 100 personnes).

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories confondues, la plus forte hausse est, pour la deuxième fois consécutive, à mettre à l'actif des demandeurs d'emplois de catégorie E, non tenus d'effectuer des actes positifs de recherche d'emploi (parce qu'ils sont bénéficiaires d'un contrat aidé, par exemple ou disposent du statut de créateur d'entreprise) (+2,1% par rapport à mai).

Au total, fin juillet 2015, le nombre de chômeurs s'élève à 6 095 800 toutes catégories confondues en France métropolitaine.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de 145% depuis juin 2008, pour atteindre 2 392 200 inscrits en juillet 2015. Sur un an, il grimpe de 10,4%, soit 225 000 personnes supplémentaires (+0,6% sur un mois).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février dernier, le ministre du Travail a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015,  à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). François Rebsamen a également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C progressent de 3,9% sur un mois, à 506 800 en juillet 2015. 22,6% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD sont en hausse de 1,4% sur un mois, à 114 500 en juillet 2015 (-2,4% sur un an). Les inscriptions pour licenciement économique, elles, augmentent de 4,9% sur un mois, à 12 900 fin juillet (-2,3% sur un an). Les premières entrées baissent quant à elles de 8,7% par rapport à juin (-4,3% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Au premier trimestre 2015, le taux de chômage diminue de 0,1 point par rapport au quatrième trimestre 2014 pour s'établir à 10% en France métropolitaine, soit 2,9 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10,3% de la population active. Un taux, là aussi, en baisse de 0,1 point par rapport à fin 2014.

Un recul surtout porté par la diminution du taux de chômage chez les 50 ans et plus. Chez les 25 – 49 ans, il reste stable. Chez les moins de 25 ans, il progresse de 0,2 point par rapport à fin 2014.

Si l'on inclut les Dom, le taux de chômage s'établit à 10,3% de la population active. Il recule de 0,1 point sur trois mois (+0,1 point par rapport à début 2014).

Dans le détail, les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, avec un taux à 24,1% en au premier trimestre 2015. Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,4%, (-0,4 point par rapport au premier trimestre 2014). Celui des 25-49 ans atteint 9,5%, en hausse (+0,4 point sur un an).

Pour le dixième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,6% contre 10,4% pour leurs congénères masculins.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au premier trimestre 2015.

Au 1er trimestre 2015, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,5%), l'Hérault (15,5%) et le Gard (14,3%). Dans le premier, le taux de chômage est stable sur trois mois et progresse de 0,7 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,3%), le Cantal (6,4%) et la Mayenne (6,9%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 1er trimestre 2015. A noter toutefois que, dans deux de ces trois zones (la Lozère et la Mayenne), le taux de chômage a augmenté entre le 1er trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015 (+0,5 point dans le premier et +0,2 point dans le second). Il a, en revanche, légèrement reculé dans le Cantal sur la période (-0,1 point).

Le nombre de chômeurs par département

En juillet 2015, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en juillet 2015
DépartementNombre de chômeursDépartementNombre de chômeurs
Source : Dares et Pôle emploi
Ain 25 000 Indre-et-Loire 28 900
Aisne 35 900 Isère 58 800
Allier 17 200 Jura 10 100
Alpes-de-Haute-Provence 9 100 Landes 17 600
Alpes-Maritimes 63 500 Loire 38 900
Ardèche 16 000 Loire-Atlantique 63 600
Ardennes 17 000 Loiret 35 500
Ariège 9 100 Loir-et-Cher 14 800
Aube 20 100 Lot 7 400
Aude 23 500 Lot-et-Garonne 16 500
Aveyron 10 200 Lozère 2 200
Bas-Rhin 56 300 Maine-et-Loire 39 700
Bouches-du-Rhône 129 400 Manche 19 700
Calvados 33 800 Marne 29 900
Cantal 4 600 Mayenne 11 100
Charente 17 700 Meurthe-et-Moselle 38 800
Charente-Maritime 30 900 Meuse 9 500
Cher 15 800 Morbihan 33 400
Corrèze 9 800 Moselle 58 600
Corse du sud 6 100 Nièvre 9 100
Côte-d'Armor 26 200 Nord 173 500
Côte-d'Or 24 800 Oise 43 200
Creuse 5 300 Orne 12 600
Deux-Sèvres 14 500 Paris 133 700
Dordogne 20 000 Pas-de-Calais 89 700
Doubs 27 200 Puy-de-Dôme 30 400
Drôme 28 500 Pyrénées-Atlantiques 29 100
Essonne 57 000 Pyrénées-Orientales 30 600
Eure 31 400 Rhône 96 800
Eure-et-Loir 21 600 Saone-et-Loire 25 300
Finistère 40 200 Sarthe 28 400
Gard 48 900 Savoie 19 700
Gers 7 800 Seine-et-Marne 65 400
Gironde 84 800 Seine-Maritime 71 800
Haute-Corse 7 900 Seine-Saint-Denis 119 200
Haute-Garonne 80 500 Somme 32 900
Haute-Loire 9 700 Tarn 20 500
Haute-Marne 8 700 Tarn-et-Garonne 14 900
Haute-Pyrénées 12 700 Territoire de Belfort 8 400
Hautes-Alpes 6 500 Val-de-Marne 74 500
Haute-Saône 11 600 Val-d'Oise 70 700
Haute-Savoie 35 600 Var 55 100
Haute-Vienne 17 900 Vaucluse 36 600
Haut-Rhin 40 800 Vendée 25 800
Hauts-de-Seine 80 200 Vienne 17 600
Hérault 77 500 Vosges 21 500
Ille-et-Villaine 44 600 Yonne 16 300
Indre 10 300 Yvelines 62 800

En juillet 2015, c'est dans l'Aube que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+7% par rapport à juin 2015). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent une nouvelle fois la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -12% entre juin et juillet 2015.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 173 500 en juillet 2015, soit 3 000 de plus qu'un mois auparavant (+2%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, Paris, où le nombre d'inscrits augmente, là aussi, par rapport à juin 2015 (+3%), à 133 700 personnes, soit 4 200 chômeurs de plus. Les Bouches-du-Rhône montent sur la troisième marche de ce sombre podium, avec 129 400 inscrits recensés fin juillet (+2% sur un mois).

Le Cantal, la Creuse et la Lozère restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre est en hausse de 2% dans les deux premiers et stagne dans le dernier. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le chômage sous les différents présidents de la République

chômage par président
Evolution du chômage en France métropolitaine depuis le 1er trimestre 1996. © JDN

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,1 points de moins qu'au troisième trimestre 2014. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 74,5% de moins qu'en octobre 2014.

 

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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