Taux de chômage et chômeurs en France : le point en mars 2015

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A recule de 0,5% sur un mois, à 3 481 600 fin janvier. Le taux de chômage progresse de 0,2 point sur un trimestre, à 9,9%.

Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, en France métropolitaine, a augmenté de 4,8%, à 3 481 600 en janvier 2015 (soit 159 700 demandeurs d'emploi de plus qu'en janvier 2014). En revanche, sur un mois, ce nombre diminue de 0,5% (-19 100 chômeurs). De bons résultats qui s'expliquent par une baisse des entrées sur les listes de Pôle emploi et une augmentation des sorties vers l'emploi ou la formation. 

Le dernier recul du nombre de chômeurs de catégorie A remontait à août 2014. Cette trêve était en partie imputable à la progression des cessations d'inscription pour défaut d'actualisation (+14,4% en août).

Au total, fin janvier 2015, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établit à 5 232 100 en métropole (5 530 600 Dom compris). Ce nombre est en hausse de 0,3% sur un mois (+16 100) et de 6,2% sur un an (+303 200).

A quoi s'attendre en 2015 ?

Fin novembre, l'OCDE indiquait ne pas s'attendre à une baisse du chômage en France avant 2016.

De son côté, dans sa dernière note de conjoncture, publiée en décembre 2014, l'Insee prévoit une nouvelle augmentation du taux de chômage début 2015 : il progresserait au cours des prochains trimestres, à 10,6% mi 2015 (10,2 % en métropole). "La légère hausse attendue de l'emploi ne suffirait pas à absorber la progression de la population active et le nombre de chômeurs augmenterait légèrement", estime l'Institut de la statistique.

Même son de cloche du côté de l'Unedic : dans ses prévisions financières de janvier 2015, l'organisme paritaire en charge de l'assurance chômage anticipe une aggravation du chômage en 2015 et table sur 104 000 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires en métropole.

Pour l'Organisation internationale du travail (OIT), qui a rendu publiques ses prévisions ce mardi 20 janvier, la diminution du taux de chômage en France n'interviendrait que dans deux ans. Le taux devrait passer de 9,97% en 2015 et 2016 à 9,86% en 2017. Une baisse qui se poursuivrait : en 2019, le taux de chômage dans l'Hexagone atteindrait 9,47%, selon l'organisation.

Les chômeurs en France

Tous âges confondus, ceux qui profitent le plus de la baisse du chômage en janvier sont les inscrits de moins de 25 ans : pour la troisième fois consécutive, leur nombre recule sur un mois (-1,4%), à 538 500 en janvier 2015 (-7 600 inscrits). Toutefois, sur un an, leur nombre progresse de 0,4% (+2 400).

Les chômeurs de catégorie A âgés de 25 à 49 ans voient quant à eux leur nombre diminuer de 0,6% sur un mois (-12 100) mais augmenter de 4,2% sur un an (+85 300). Le nombre de demandeurs d'emploi âgés de 50 ans ou plus, lui, croît de 0,1% en janvier (9 600 inscrits de plus qu'en décembre 2014).

En nombre absolu, toutes catégories d'âge et de sexe confondues, ce sont les hommes de 25 à 49 ans qui profitent le plus du recul du chômage en janvier (7 900 demandeurs de moins par rapport à décembre 2014). A l'inverse, les femmes de 50 ans ou plus accusent la plus forte hausse (+400).

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Le nombre de demandeurs d'emplois de catégorie C, exerçant une activité réduite de plus de 78 heures, progresse de 3,4% sur un mois, à 1 072 700 inscrits en janvier 2015.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de 132,1% depuis juin 2008, pour atteindre 2 267 500 inscrits en décembre 2014. Sur un an, il progresse de 9,3%, soit 192 700 personnes supplémentaires (+0,7% sur un mois).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février dernier, le ministre du Travail a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015,  à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). François Rebsamen a également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C diminuent de 1,9% sur un mois, à 499 800 en janvier 2015. 23% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD sont en baisse de 0,9% sur un mois, à 115 000 en janvier 2015 (-2,5% sur un an). Les inscriptions pour licenciement économique, elles, reculent de 3% sur un mois, à 12 900 fin janvier (+0,8% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Le taux de chômage en France métropolitaine retrouve son niveau du troisième trimestre 2013. Il grimpe de 0,2 point, à 9,9% en moyenne sur le troisième trimestre 2014. Si l'on inclut les Dom, le taux de chômage s'établit à 10,4% de la population active au troisième trimestre 2014. Il progresse de 0,3 point sur trois mois (-0,1 point sur un an).

Dans le détail, les moins de 25 ans sont toujours les premières victimes du chômage, avec un taux à 23,7% en métropole (+1 point sur trois mois), malgré une légère baisse de 0,1 point sur un an. Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, augmente sur un an, à 6,7%, tout comme celui observé chez les 25 - 49 ans, à 9,3%.

Pour le huitième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,7% (un chiffre en hausse de 0,3 point sur un trimestre) contre 10,1%.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au troisième trimestre 2014.

 

Au 3e trimestre 2014, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,5%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,2%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,7 point sur trois mois et de 0,6 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (5,9%), le Cantal (6,5%) et la Mayenne (6,7%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,9% en France métropolitaine au 3e trimestre 2014. A noter que, dans ces trois zones, le taux de chômage a même légèrement reculé entre le 3e trimestre 2013 et le 3 trimestre 2014.

Le nombre de chômeurs par département

En janvier 2015, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en janvier 2015
DépartementNombre de chômeursDépartementNombre de chômeurs
Source : Dares et Pôle emploi
Ain 26 600 Indre-et-Loire 31 500
Aisne 38 700 Isère 59 500
Allier 18 800 Jura 11 100
Alpes-de-Haute-Provence 10 600 Landes 23 300
Alpes-Maritimes 74 000 Loire 40 500
Ardèche 19 200 Loire-Atlantique 69 200
Ardennes 18 400 Loiret 38 300
Ariège 9 800 Loir-et-Cher 16 500
Aube 20 700 Lot 8 800
Aude 26 900 Lot-et-Garonne 18 600
Aveyron 11 000 Lozère 2 700
Bas-Rhin 59 300 Maine-et-Loire 42 900
Bouches-du-Rhône 138 000 Manche 22 300
Calvados 38 400 Marne 31 900
Cantal 5 300 Mayenne 11 300
Charente 19 300 Meurthe-et-Moselle 40 100
Charente-Maritime 37 800 Meuse 10 400
Cher 17 100 Morbihan 38 800
Corrèze 10 700 Moselle 62 700
Corse du sud 10 100 Nièvre 10 000
Côte-d'Armor 29 600 Nord 179 200
Côte-d'Or 26 300 Oise 45 800
Creuse 5 700 Orne 13 500
Deux-Sèvres 16 600 Paris 134 100
Dordogne 24 000 Pas-de-Calais 97 300
Doubs 28 800 Puy-de-Dôme 32 300
Drôme 32 100 Pyrénées-Atlantiques 33 900
Essonne 57 300 Pyrénées-Orientales 38 100
Eure 33 400 Rhône 98 700
Eure-et-Loir 23 000 Saône-et-Loire 27 500
Finistère 46 800 Sarthe 30 800
Gard 55 900 Savoie 18 500
Gers 8 400 Seine-et-Marne 66 600
Gironde 93 900 Seine-Maritime 75 400
Haute-Corse 11 400 Seine-Saint-Denis 120 500
Haute-Garonne 84 100 Somme 35 400
Haute-Loire 10 200 Tarn 21 900
Haute-Marne 9 600 Tarn-et-Garonne 16 300
Haute-Pyrénées 14 700 Territoire de Belfort 9 000
Hautes-Alpes 6 500 Val-de-Marne 74 500
Haute-Saône 12 800 Val-d'Oise 72 500
Haute-Savoie 36 900 Var 68 200
Haute-Vienne 18 900 Vaucluse 41 400
Haut-Rhin 43 900 Vendée 33 100
Hauts-de-Seine 80 500 Vienne 20 000
Hérault 88 200 Vosges 23 300
Ille-et-Villaine 47 700 Yonne 18 000
Indre 11 200 Yvelines 63 500

En janvier 2015, c'est dans les Landes que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+6,4% par rapport à décembre 2014). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent pour la deuxième fois consécutive la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -3% entre décembre 2014 et janvier 2015.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 179 200 en janvier 2015, soit 5 700 de plus qu'un mois auparavant (+3,3%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, les Bouches-du-Rhône. Là aussi, le nombre d'inscrits augmente par rapport à décembre 2014 (+2,2%), à 138 000 personnes, soit 3 000 chômeurs de plus. Paris reste sur la troisième marche de ce sombre podium, avec 134 100 inscrits recensés fin janvier (+1,4% sur un mois).

Le Cantal, La Creuse et la Lozère restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre augmente toutefois de 6% dans le premier et de 1,8% dans le deuxième (il est stable en Lozère). A noter que les données départementales sont en données brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le chômage sous les différents présidents de la République

chômage par président
Evolution du chômage en France métropolitaine depuis le 1er trimestre 1996. © JDN

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,1 points de moins qu'au troisième trimestre 2014. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 74,5% de moins qu'en octobre 2014.

 

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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