Taux de chômage et chômeurs en France : le point en septembre 2014

Chômage et chômeurs en France Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A augmente de 0,8% en juillet. Le taux de chômage est, lui, stable par rapport au 4e trimestre 2013, à 9,7%.

Conformément à ce qu'avaient prédit Manuel Valls et François Rebsamen, le ministre du Travail, en début de semaine, les chiffres du chômage de juillet, publiés ce mercredi 27 août, par le ministère du Travail ne sont pas bons.

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, en France métropolitaine atteint même un nouveau record : il s'élève à 3 424 400 en juillet 2014. Pour le neuvième mois consécutif, ce nombre est en hausse, avec +0,8% sur un mois (26 100 inscrits supplémentaires). Sur un an, il progresse de 4,3% (156 000 chômeurs de plus qu'en juillet 2013).

Au total, fin juillet 2014, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établit à 5 083 800 en métropole (5 386 600 Dom compris). Ce nombre est en hausse de 0,8% (+40 600 chômeurs) sur un mois et de 5% sur un an.

Une situation qui, selon le ministère du Travail, "traduit une croissance nulle dans la zone Euro comme en France (+0,0% de PIB en France comme en zone euro au second trimestre 2014)".

Interrogé sur France Info le samedi 30 août, François Rebsamen a parlé "d'échec" à propos des chiffres du chômage publiés depuis le début du quinquennat de François Hollande. Il s'est dit toutefois "persuadé que la politique que nous [le gouvernement] menons est adaptée à la situation économique".

Les chômeurs en France

Tous âges confondus, les plus touchés par cette nouvelle progression du chômage sont les inscrits qui ont entre 25 et 49 ans : leur nombre augmente de 0,8% sur un mois, à 2 091 700 en juillet 2014 (+16 500 inscrits) et de 3,4% sur un an (+69 400).

Par rapport à juillet 2013, seuls les demandeurs d'emploi de catégorie A de moins de 25 ans tirent leur épingle du jeu : ils voient leur nombre diminuer de 1,8% (soit 10 100 chômeurs de moins). A l'inverse, les inscrits de 50 ans et plus sont les plus impactés sur un an, avec un nombre en hausse de 11,6%, ce qui représente pas moins de 82 400 inscrits supplémentaires par rapport à juillet 2013.

En nombre absolu, ce sont les hommes de 25 à 49 ans qui pâtissent le plus (+10 800 inscrits par rapport à juin 2014). En nombre, toujours, aucune diminution n'est observée sur un mois, toutes catégories d'âge et de sexe confondues alors qu'en juin, un recul du nombre de chômeurs de moins de 25 ans avait été enregistré (-0,3% sur un mois).

Les chômeurs en France, selon la catégorie

En juillet 2014, c'est le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie C, c'est-à-dire ceux qui exercent une activité réduite de plus de 78 heures par mois, qui a le plus augmenté : +1,3% sur un mois, soit 13 000 inscrits supplémentaires (+8,4% sur un an).

Le chômage en France selon la durée

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les chômeurs d'emploi en France métropolitaine selon l'ancienneté d'inscription à Pôle Emploi.Tags: DELD, demandeurs d'emploi de longue durée, demandeurs d'emploi moins de 3 mois, demandeurs d'emploi de 3 à 6 mois, demandeurs d'emploi de 6 à 12 mois, chômeurs anciennetéAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine : +119,3% depuis juin 2008, pour atteindre 2 140 800 inscrits en juin 2014. Sur un an, il progresse de 9,8%, soit 191 100 personnes supplémentaires.

Lors de la conférence sociale des 7 et 8 juillet derniers, François Hollande a fait comprendre qu'il partait en croisade contre le chômage de longue durée et l'a même érigé en "cause nationale".

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C progressent de 1,7% sur un mois, à 504 800 en juillet 2014. 23% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD sont en hausse de 2,7% sur un mois, à 116 400 en juillet 2014 (-6,8% sur un an). Les inscriptions pour licenciement économique, elles, reculent de 6,3% sur un mois, à 13 400 en juillet (+6,3% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les chiffres du premier trimestre 2014 montrent une stabilité du taux de chômage sur un trimestre, à 9,7% en métropole, et une baisse de 0,2 point par rapport au premier trimestre 2013.

Si l'on inclut les Dom, le taux de chômage s'établit à 10,1% de la population active au premier trimestre 2014. Il reste lui aussi stable sur trois mois. Sur un an, il recule de 0,2 point.

Dans le détail, les moins de 25 ans sont toujours les premières victimes du chômage, avec un taux à 23% en métropole (+0,6 point sur un trimestre) malgré une baisse de 1,9 point sur un an. Les 50 ans et plus voient également leur taux de chômage chuter, mais dans des proportions plus modestes : -0,1 point sur un an (+0,3 point sur un trimestre), à 6,7%.

Pour le septième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,4% (un chiffre en recul de 0,2 point sur un trimestre) contre 10% (+0,3 point).

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au premier trimestre 2014.

 

Au 1er trimestre 2014, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage restent les Pyrénées Orientales (14,6%), l'Hérault (14,3%) et l'Aisne (13,7%). Dans le premier, le taux de chômage progresse de 0,1 point sur trois mois. Il diminue d'autant sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent le Cantal (6,5%), la Mayenne (6,6%) et la Lozère (5,9%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 9,7% en France métropolitaine au 1er trimestre 2014. A noter que, dans ces trois zones, le taux de chômage a même légèrement reculé sur douze mois.

Le nombre de chômeurs par département

En juillet 2014, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

En juillet 2014, c'est dans l'Aube que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé (+8,1% sur un mois). A l'inverse, les Hautes-Alpes enregistrent à nouveau la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -11,4% entre juin et juillet 2014.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 168 500 en juillet 2014, soit 3 000 de plus qu'un mois plus tôt (+1,8%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi est le plus élevé, Paris. Là aussi, le nombre d'inscrits progresse sur un mois (+4,5%), à 132 200 personnes, soit 5 700 de plus qu'en juin. Les Bouches-du-Rhône montent sur la troisième marche de ce triste podium, avec 125 300 inscrits recensés en juillet 2014 (+3% par rapport à juin 2014).

La Lozère, le Cantal et la Creuse restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre augmente de 5,3% dans le premier, de 2,3% dans le deuxième et de 2% dans le dernier. A noter qu'entre juin et juillet 2014, seuls 5 départements enregistrent une baisse du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A : il s'agit des Hautes-Alpes (-11,4%), de la Savoie (-6,4%), des Landes (-2,3%), des Pyrénées-Orientales (-0,7%) et de la Somme (-0,3%).

Le chômage sous les différents présidents de la République

chômage par président
Evolution du chômage en France métropolitaine depuis le 1er trimestre 1996. © JDN

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3 points de moins qu'au dernier trimestre 2013. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 69% de moins qu'en février 2014.

 

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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