Taux de chômage et chômeurs en France : quasi stable en juin

Chômage et chômeurs en France Le nombre de chômeurs est quasi stable sur un mois fin juin. Le taux de chômage, lui, diminue de 0,1 point, à 10% au 1er trimestre 2015 en France métropolitaine.

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, en France métropolitaine, est resté quasi stable sur un mois, à 3 553 500 en juin 2015 (soit 1 300 inscrits de plus qu'en mai).

Une stabilité qui aurait pu virer à la hausse sans la mise à disposition de Pôle Emploi à partir de juin 2015 "de données administratives plus complètes lui permettant de mieux connaître les demandeurs d'emploi en formation, en service civique ou en contrat aidé dans l'insertion par l'activité économique", selon les précisions du ministère du Travail dans un communiqué accompagnant la diffusion des résultats. Sans ce transfert de demandeurs d'emploi en catégories A, B, C vers les catégories D et E, le nombre d'inscrits en catégorie A aurait été plus élevé de 10 000 et celui des inscrits en catégories A, B, C de 24 800.

Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A est en hausse de 4,7% (+158 200 chômeurs).

Au total, fin juin 2015, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établit à 5 397 400 en métropole (5 703 000 Dom compris). Ce nombre est en baisse de 0,3% sur un mois (-16 800) et en hausse de 7,1% sur un an (+355 900).

Les chômeurs en France

Chart: Les chômeurs en France métropolitaine (milliers)Description: Les demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine depuis janvier 1996.Tags: Chômage, chômeurs, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Les 50 ans ou plus voient leur nombre progresser de 0,6% sur un mois (+5 000 inscrits) et de 8,5% sur un an (+ 66 500), à 852 900 en juin 2015. Le chômage des jeunes diminue quant à lui pour la première fois après 4 mois de hausse. Les moins de 25 ans profitent ainsi d'une baisse de 1,1% (-6 200). Sur un an, en revanche, ils sont 1,8% de plus (soit + 9 600), à 545 300. 

Les chômeurs de catégorie A âgés de 25 à 49 ans voient leur nombre croître de 0,1% sur un mois (+2 500) et de 4% sur un an (+82 100).

En nombre absolu, toutes catégories d'âge et de sexe confondues, ce sont les femmes de 50 ans ou plus qui pâtissent le plus de la progression du chômage en juin (3 500 demandeurs de plus par rapport à mai 2015). A l'inverse, les hommes de 50 ans ou plus affichent la plus faible hausse (+1 800 personnes). 

Les femmes de 25 à 49 ans affichent quant à elles la plus forte baisse (7 500 demandeurs de moins par rapport à mai 2015).

Les chômeurs en France, selon la catégorie

Toutes catégories confondues, c'est le nombre de demandeurs d'emplois de catégorie D, sans emploi et non immédiatement disponibles, qui progresse le plus (+2,8% par rapport à mai).

Au total, fin juin 2015, le nombre de chômeurs s'élève à 6 073 600 toutes catégories confondues en France métropolitaine.

Le chômage en France, selon la durée

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de 143,4% depuis juin 2008, pour atteindre 2 377 700 inscrits en juin 2015. Sur un an, il grimpe de 10,8%, soit 232 700 personnes supplémentaires (+0,5% sur un mois).

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

Le 9 février dernier, le ministre du Travail a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le chômage de longue durée. Parmi elles, la mise en place d'un droit, dès mars 2015,  à une "formation qualifiante gratuite" pour tous les chômeurs ayant un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF). François Rebsamen a également annoncé la mise en place de deux contrats de professionnalisation. L'un, baptisé "nouvelle carrière", s'adressera aux demandeurs d'emploi bénéficiant d'une "longue expérience professionnelle" et devant "adapter leurs compétences", ce dès le premier semestre 2015. Le contrat "nouvelle chance" sera, lui, dédié aux chômeurs très éloignés de l'emploi.

Les motifs du chômage en France

Chart: Les inscriptions sur les listes de Pôle emploi cat. A, B, C (France métropolitaine)Description: Les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C, selon le motif d'inscription, en France métropolitaine.Tags: Causes chômage Motifs inscription Pôle emploi Entrées listes Pôle emploi Chômage FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

En France métropolitaine, les entrées sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C diminuent de 0,5% sur un mois, à 487 800 en juin 2015. 22,1% de ces inscriptions ont été causées par des fins de contrat à durée déterminée. Les entrées pour fin de CDD sont en baisse de 1,4% sur un mois, à 112 900 en juin 2015 (-2,8% sur un an). Les inscriptions pour licenciement économique, elles, reculent de 4,7% sur un mois, à 12 300 fin juin (-11,5% sur un an). Les premières entrées baissent quant à elles de 9,7% par rapport à mai (+1,8% sur un an).

A noter que la catégorie "Autres cas" regroupe les motifs suivants : fin d'activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Chart: Le taux de chômage en France métropolitaine (%)Description: Le taux de chômage en France depuis le premier trimestre 1975, selon l'âge et le sexe.Tags: Chômage, Chômeur, FranceAuthor: JDNcharts powered by iCharts

Au premier trimestre 2015, le taux de chômage diminue de 0,1 point par rapport au quatrième trimestre 2014 pour s'établir à 10% en France métropolitaine, soit 2,9 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Outre-mer compris, le taux de chômage atteint 10,3% de la population active. Un taux, là aussi, en baisse de 0,1 point par rapport à fin 2014.

Un recul surtout porté par la diminution du taux de chômage chez les 50 ans et plus. Chez les 25 – 49 ans, il reste stable. Chez les moins de 25 ans, il progresse de 0,2 point par rapport à fin 2014.

Si l'on inclut les Dom, le taux de chômage s'établit à 10,3% de la population active. Il recule de 0,1 point sur trois mois (+0,1 point par rapport à début 2014).

Dans le détail, les moins de 25 ans restent les premières victimes du chômage, avec un taux à 24,1% en au premier trimestre 2015. Le taux de chômage chez les 50 ans et plus, lui, s'établit à 6,4%, (-0,4 point par rapport au premier trimestre 2014). Celui des 25-49 ans atteint 9,5%, en hausse (+0,4 point sur un an).

Pour le dixième trimestre d'affilée, les femmes affichent un taux de chômage inférieur à celui des hommes, à 9,6% contre 10,4% pour leurs congénères masculins.

Le taux de chômage par département

Grâce à notre carte interactive, découvrez le taux de chômage par département au quatrième trimestre 2014.

Au 4e trimestre 2014, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (15,4%), l'Hérault (14,5%) et le Gard (14,2%). Dans le premier, le taux de chômage est stable sur trois mois et progresse de 0,9 point sur un an. A l'inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas restent la Lozère (6,2%), le Cantal (6,4%) et la Mayenne (6,9%). Ces territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, qui s'établit à 10% en France métropolitaine au 4e trimestre 2014. A noter toutefois que, dans deux de ces trois zones (la Mayenne et la Lozère), le taux de chômage a augmenté entre le 4e trimestre 2013 et le 3e trimestre 2014 (+0,4 point). Il a, en revanche, légèrement reculé dans le Cantal sur la période (-0,1 point).

Le nombre de chômeurs par département

En mai 2015, le Nord, Paris et les Bouches-du-Rhône restent les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d'emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en mai 2015
DépartementNombre de chômeursDépartementNombre de chômeurs
Source : Dares et Pôle emploi
Ain 24 600 Indre-et-Loire 28 400
Aisne 36 600 Isère 58 600
Allier 17 400 Jura 10 200
Alpes-de-Haute-Provence 9 700 Landes 18 900
Alpes-Maritimes 65 100 Loire 38 200
Ardèche 16 300 Loire-Atlantique 61 900
Ardennes 17 100 Loiret 35 700
Ariège 9 400 Loir-et-Cher 14 600
Aube 20 300 Lot 7 400
Aude 24 500 Lot-et-Garonne 16 400
Aveyron 9 700 Lozère 2 300
Bas-Rhin 55 700 Maine-et-Loire 38 100
Bouches-du-Rhône 129 600 Manche 20 000
Calvados 34 100 Marne 29 000
Cantal 4 600 Mayenne 10 500
Charente 17 400 Meurthe-et-Moselle 38 500
Charente-Maritime 32 000 Meuse 9 500
Cher 15 800 Morbihan 33 700
Corrèze 9 700 Moselle 58 000
Corse du sud 7 000 Nièvre 9 200
Côte-d'Armor 26 000 Nord 172 800
Côte-d'Or 24 400 Oise 43 300
Creuse 5 200 Orne 12 500
Deux-Sèvres 14 900 Paris 132 500
Dordogne 20 700 Pas-de-Calais 91 200
Doubs 27 000 Puy-de-Dôme 30 700
Drôme 29 100 Pyrénées-Atlantiques 30 000
Essonne 56 000 Pyrénées-Orientales 32 700
Eure 31 300 Rhône 94 700
Eure-et-Loir 21 600 Saone-et-Loire 24 700
Finistère 40 300 Sarthe 28 200
Gard 49 500 Savoie 22 900
Gers 7 800 Seine-et-Marne 64 900
Gironde 85 000 Seine-Maritime 70 800
Haute-Corse 8 600 Seine-Saint-Denis 119 500
Haute-Garonne 79 600 Somme 33 600
Haute-Loire 9 400 Tarn 20 600
Haute-Marne 8 800 Tarn-et-Garonne 15 200
Haute-Pyrénées 13 500 Territoire de Belfort 8 400
Hautes-Alpes 8 300 Val-de-Marne 74 000
Haute-Saône 11 400 Val-d'Oise 70 800
Haute-Savoie 37 900 Var 56 900
Haute-Vienne 17 800 Vaucluse 36 600
Haut-Rhin 40 600 Vendée 26 600
Hauts-de-Seine 79 500 Vienne 17 600
Hérault 79 100 Vosges 21 700
Ille-et-Villaine 43 500 Yonne 16 500
Indre 10 400 Yvelines 61 600

En mai 2015, c'est en Savoie que le nombre de chômeurs de catégorie A a le plus progressé sur un mois (+15,7% par rapport à avril 2015). A l'inverse, la Corse-du-Sud enregistre une nouvelle fois la plus forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi : -13,6% entre avril et mai 2015.

C'est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 172 800 en mai 2015, soit 300 de moins qu'un mois auparavant (-0,2%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est le plus élevé, Paris, où le nombre d'inscrits augmente par rapport à avril 2015 (+0,9%), à 132 500 personnes, soit 1 200 chômeurs de plus. Les Bouches-du-Rhône montent sur la troisième marche de ce sombre podium, avec 129 600 inscrits recensés fin mai (-0,8% sur un mois).

Le Cantal, La Creuse et la Lozère restent les territoires qui comptabilisent le moins de chômeurs. Sur un mois, leur nombre recule de 0,2% dans le premier, de 0,1% dans le deuxième et stagne dans le dernier. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le chômage sous les différents présidents de la République

chômage par président
Evolution du chômage en France métropolitaine depuis le 1er trimestre 1996. © JDN

Des trois derniers présidents à avoir dirigé la France, c'est Nicolas Sarkozy qui affiche les meilleurs résultats en termes d'emploi. En mars 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%, et même depuis juin 1983. C'est 3,1 points de moins qu'au troisième trimestre 2014. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 983 500 dans la métropole, soit 74,5% de moins qu'en octobre 2014.

 

Bon à savoir

Le nombre de chômeurs en France représentés dans le premier graphique sont les demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c'est-à-dire les personnes sans emploi "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" et donc non les chômeurs de longue durée. Les données présentées concernent les demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, l'organisme en charge de la lutte contre le chômage.

La notion de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d'emploi dépend également tout un système d'aide, de droits, d'allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d'un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d'emploi. Il ne suffit donc pas d'être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d'un pays à l'autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D'abord, elle n'a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

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Indicateur économique / CDD