Les 50 entreprises les plus puissantes du monde

Entreprises les plus puissantes Une poigné de firmes multinationales s'accaparent la majeure partie des richesses produites par les entreprises.

 

Une poignée de multinationales domine le monde. Ce constat n'est pas le fruit d'un groupe d'extrême gauche adepte de la théorie du complot mais d'une étude très avancée de trois chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zürich.

Ces derniers ont établi les liens capitalistiques entre les acteurs économiques mondiaux, à partir d'une base de 43 000 entreprises actives en 2007 sur les cinq continents. Ils en ont déduit la part du chiffre d'affaires global directement ou indirectement contrôlé par chaque entreprise.

Leur verdict est sans appel : un "noyau" de 147 multinationales contrôle 40% du chiffre d'affaires engendré par les entreprises au niveau mondial. "En allant plus loin, cela signifie que 0,7% des entreprises mondiales contrôle 80% des richesses", explique James B. Glattfelder, qui a dirigé l'étude. Barclays, en tête du classement, gèrerait à elle seule 4,05% du chiffre d'affaires mondial. La notion de "contrôle" peut être définie comme "la capacité pour un actionnaire d'imposer son point de vue sur les autres actionnaires". Les groupes en tête de classement appartiennent pour la plupart au secteur financier : la banque britannique Barclays, le fonds d'investissement américain Capital Companies, ou la compagnie d'assurances française Axa. Logique, dans la mesure où ces entreprises disposent de toute la palette des instruments financiers que les investisseurs utilisent.

"La concentration du pouvoir n'est pas forcément un problème en soi", expliquent les auteurs, qui écartent toute idée "d'entente" ou de "conspiration". En revanche, les interconnexions étroites qui existent entre ces firmes peuvent, elles, avoir des conséquences désastreuses. "Quand une société vacille, cela se propage à toutes les autres".

 

Méthodologie

L'étude "The network of global corporate control" a été publié en septembre 2011 dans la revue ScienceNews. Elle s'appuie sur une liste de 43 060 entreprises qui détiennent au moins 10% de capital dans d'autres entreprises situées à l'étranger. Les chercheurs ont ensuite élaboré un algorithme prenant en compte la part du capital détenue par l'entreprise, les participations indirectes (à travers des intermédiaires financiers), le seuil de détention d'actions permettant de remporter une décision, le chiffre d'affaire généré par l'entreprise contrôlée, etc. Ils ont ensuite établi un ratio de richesse "contrôlé" par chaque acteur économique pour établir ce classement d'entreprises.

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