Smart city : qui profite de la manne européenne ?

Smart city : qui profite de la manne européenne ? L'UE a distribué 210 millions d'euros depuis 2014 pour des expérimentations de ville intelligente. Des projets sélectionnés par un complexe système de votes.

Horizon 2020. Le nom du programme est sans équivoque : la Commission européenne se donne encore trois ans pour se doter, notamment, d'un maximum de villes intelligentes via l'appel à projets Smart Cities and Communities. Pour cela, elle a déjà dépensé 210 millions d'euros via son Innovation and Networks Executive Agency (INEA), qui sélectionne dans ce cadre plusieurs projets chaque année depuis 2014.

9 projets ont été financés depuis 2014 dans le cadre de l'appel Smart Cities and Communities, soit 53 villes impliquées

9 ont déjà été financés et chacun d'entre eux regroupe au moins trois villes de différents pays membres. Objectif : mener des expérimentations sur les briques essentielles de la ville intelligente, à savoir les smart grids, les technologies de l'information et de la communication, la smart data et les nouvelles mobilités, et en partager les résultats.

3 de ces projets, tous sélectionnés en 2016, concernent des villes françaises : Bordeaux, Lyon et Nantes. Dans le cadre de Sharing Cities, Bordeaux a obtenu avec Burgas, Londres, Lisbonne, Milan et Varsovie un financement de 25 millions d'euros de la part de l'INEA pour un budget total de 28 millions. Contrairement à ses deux compatriotes, elle a le statut de "fellow city", car elle est moins avancée que les "lighthouse cities", les meneuses, comme ici Lisbonne, Londres et Milan.

Lyon est quant à elle coordinatrice de Smarter Together et mène avec Munich et Vienne ce projet doté par l'Europe de 25 millions d'euros pour une enveloppe totale de 29 millions. 5 autres agglomérations les ont suivies. Nantes, enfin, a créé avec Helsinki et Hambourg mySMARTlife, qui met un accent plus particulier sur les smart grids. 18 millions d'euros leur ont été attribués, dont 4 millions rien que pour Nantes.

Bordeaux, Lyon et Nantes sont impliqués dans des projets européens de ville intelligente depuis 2016

Au total, en trois ans, 53 villes sur tout le Vieux continent sont déjà impliquées dans Smart Cities and Communities. Pour les sélectionner, l'INEA compte sur une base de 80 000 experts à laquelle elle soumet les candidatures : "Les votants que nous choisissons chaque année parmi eux sont issus de toutes les spécialités et de toutes les nationalités. En plus de vérifier qu'ils ont bien toutes les compétences nécessaires pour évaluer chaque dossier, nous faisons en sorte d'équilibrer le panel en fonction de leurs origines géographiques, de leurs domaines de compétences et de leur sexe, et nous nous assurons qu'il y ait chaque année un turnover", explique un expert de l'institution européenne contraint à l'anonymat. L'INEA établit ensuite un classement en fonction du nombre de votes et finance les projets les mieux classés jusqu'à épuisement du budget annuel.

"En 2017 nous espérons financer 3 à 5 projets à hauteur de 12 à 18 millions d'euros chacun"

En 2017, pour le quatrième appel à projets qui vient de s'achever, 69,5 millions d'euros seront investis. "Grâce à cette somme nous espérons financer 3 à 5 projets à hauteur de 12 à 18 millions d'euros chacun", avance l'INEA.

Cette année, l'agence chargée de l'innovation à la Commission européenne mettra l'accent sur les quartiers à faible consommation énergétique et l'intégration de l'électromobilité aux réseaux locaux, grâce à des technologies de vehicle-to-grid par exemple. Elle attend aussi des villes qu'elles présentent des projets menés main dans la main avec le privé et qu'elles intègrent notamment les dernières innovations des géants de l'informatique : "Nous attendons qu'elles utilisent des plateformes ICT (Information and communications technology, autrement dit des centres de supervision connectés, ndlr) et que ces dernières soient interopérables et ouvertes."

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