Alain Staron (Veolia) "Une vingtaine de collectivités françaises sont déjà clientes de notre offre smart city"

Le directeur de la stratégie, des offres et des partenariats digitaux de la multinationale tricolore des services collectifs dit "crouler" sous les demandes de solutions intelligentes.

Alain Staron est directeur de la stratégie, des offres et des partenariats digitaux chez Veolia. © Veolia

JDN. Que propose concrètement Veolia aux collectivités avec Urban X, son offre tout-en-un dédiée à la smart city ?

Alain Staron. Cela se décompose en trois éléments qui peuvent être commandés séparément : Urban Board, Urban Namics et Urban Pulse. Vendu sous la forme d'un abonnement, Urban Board est un cockpit global de la ville intelligente qui, en un seul tableau de bord, résume et anime toutes les données produites par les installations de la commune ou de l'agglomération, comme la qualité de l'air et de l'eau ou l'état du trafic routier et des transports en commun. Tout est paramétrable en fonction des envies des autorités locales et nous pouvons y intégrer les data d'autres entreprises, sur l'éclairage intelligent, par exemple, voire celles d'entreprises concurrentes. Nous sommes les premiers à analyser le sentiment de la population en y ajoutant des statistiques à partir des avis laissés sur les réseaux sociaux. L'idée est d'aider notre client à s'attaquer en priorité aux principaux problèmes rencontrés par ses citoyens.

"Nous avons déployé notre système smart water WaterNamics à Lille, Lyon et dans une dizaine de nos centres régionaux"

Urban Namics permet de gérer au mieux les infrastructures en suivant tous les paramètres - consommation énergétique, flux, vieillissement, consommation clientèle... - et de faire de la maintenance prédictive en récupérant les données des capteurs du réseau. Sa composante principale est WaterNamics, notre système smart water que nous avons notamment déployé à Lille, Lyon et dans une dizaine de nos centres régionaux. Là-bas, le système est connecté aux demandes de travaux par exemple, pour éviter d'abîmer une canalisation quand il faut creuser. Urban Pulse, enfin, est une application mobile dédiée aux citadins, pour les informer et les faire participer à la vie municipale.

Qui sont vos partenaires sur ces solutions ?

Sur Urban Board nous travaillons avec des partenaires comme le français Lacroix City pour l'éclairage public intelligent et le chinois Huawei, qui travaille notamment sur la vidéoprotection connectée. Notre solution d'hypervision des réseaux d'eau WaterNamics a été créée avec IBM. Pour l'app Urban Pulse, nous intégrons les start-up locales, notamment, comme les spécialistes de la réservation de parking à l'avance ou de dernière minute Zenpark et GoPark à Lyon et à Nantes. VoulezVousDiner met aussi en relation les habitants qui souhaitent accueillir des touristes à leur table avec les voyageurs, par exemple.

Pourquoi vous lancer sur ce marché ?

"Nous sommes les mieux placés pour emmener nos clients vers la smart city car les infrastructures liées à nos métiers sont les plus répandues"

C'est une prolongation naturelle de notre activité. Nous gérons depuis des années des infrastructures parmi les plus sensibles qui existent et nous avons une certaine légitimité par rapport à des entreprises totalement vierges sur ce secteur. Nous sommes les mieux placés pour emmener nos clients vers la smart city car les infrastructures liées à nos métiers sont les plus répandues : il n'y a pas de ville sans réseau d'eau et la propreté est partout un enjeu majeur.

Par ailleurs, nous avons été parmi les pionniers des compteurs connectés, que nous avons lancés en 2001, et de la smart water, avec la création du premier centre d'hypervision WaterNamics en 2015. Nous en avons aujourd'hui 10 et nous en ouvrirons plusieurs dizaines cette année. Globalement, nous gérons plus de 4 millions d'objets connectés en France.

Combien de clients comptez-vous aujourd'hui pour votre offre Urban X ?

Nous avons une vingtaine de collectivités clientes en France de l'une ou l'autre des solutions de la gamme Urban X. La solution Urban Namics a été choisie par Lille et Lyon, notamment, mais aussi en Angleterre, à Tideworth, et dans un pays plus lointain que je ne peux pas citer pour le moment. En France, il y aura cette année une dizaine de villes supplémentaires et nous allons mettre Urban Namics à la disposition d'autres régies qui n'auraient pas les moyens ou l'envergure internationale de Veolia pour mettre en place par elles-mêmes une offre de ce type.

"En France, il y aura cette année une dizaine de villes supplémentaires clientes de notre offre smart city"

L'app Urban Pulse est quant à elle déjà disponible dans 14 grandes villes de France. Huit villes ont pour l'instant opté pour la version de base gratuite et six ont payé pour une version évoluée. Royan (Charente-Maritime), par exemple, a choisi de connecter l'information sur ses plages avec la qualité des eaux de baignade, les webcams et le signalement des méduses. Nice a demandé la détection des nuages de pollen en temps réel pour offrir la possibilité aux allergiques de les anticiper et de prendre leur médicament avant d'en subir les effets secondaires.

Comment voyez-vous le marché de la smart city se développer ?

A notre niveau, nous observons un réel enthousiasme. Nous n'avons même pas terminé de structurer notre offre et d'en faire la promotion que nous croulons déjà sous les demandes. Nous avons actuellement plusieurs dizaines de salariés dédiés à cette gamme de produits et plusieurs centaines de collaborateurs partenaires qui se concentrent sur ce sujet. Si ces prémisses se confirment, il nous faudra accélérer l'acculturation digitale de nos équipes et en compléter les talents pour poursuivre la transformation digitale de l'entreprise, que nous conduisons à partir des évolutions des technologies, des usages et des marchés.

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