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LA TRIBUNE DE CLAIRE PICHON
L'AUTEUR
CLAIRE PICHONDirectrice marketing, MrTed Web 2.0. et Marketing : ne cédons pas à l'effet de mode
Comme en 2000, au plus fort de la bulle Internet, les mauvaises pratiques liées à une confusion entre outils Internet et objectifs de communication font leurs réapparition avec le Web 2.0. Attention aux dérives.
(09/05/2007)
Petit retour en arrière : Rappelez vous, c'était il n'y a pas si longtemps, en l'an 2000 au plus fort de la bulle Internet : il fallait "être sur Internet", quel que soit le modèle de l'entreprise. Cette seule condition garantirait succès et richesse. Malheur à ceux qui y ont cru, et qui se sont rappelés un peu tardivement qu'il vaut mieux, avant tout, assurer la rentabilité d'un modèle.
Car Internet n'est qu'un média. Un média merveilleux, nouveau, réactif, mais un simple média. Alors qu'à l'époque, beaucoup perdaient leur temps et leur argent à parader sur les salons Internet et à participer à de grandes conférences sur la prochaine disparition du modèle "Brick and Mortar", les équipe marketing Internet des vrais visionnaires poursuivaient un seul objectif : mettre tous les produits en ligne et organiser la logistique de leurs prises de commandes sur le Web. Ce qui a généré une croissance exponentielle du chiffre d'affaires de leurs ventes en ligne. La leçon de tout ceci ? Internet n'est qu'un moyen. Moyen d'augmenter votre notoriété, moyen d'affiner votre cible, d'élargir votre réseau de distribution... les avantages sont nombreux. Mais ce n'est jamais une fin en soi. Je veux avoir un blog ! L'éclatement de la bulle a sérieusement remis les idées de tout le monde en place - et pourtant, le buzz Web 2.0 se met à refaire tourner les têtes. Il faut dire que les outils proposés par la nouvelle génération Internet sont passionnants : fluxs RSS, wikis, contenus collaboratifs, vidéos, viennent enrichir le portefeuille du responsable marketing pour son plus grand succès. Mais ces outils restent ce qu'ils sont : des moyens d'atteindre des objectifs clairement identifiés - et non des buts en eux mêmes. Pourtant, l'effet de mode inévitable déclenche de nouveau des comportements à rebours chez les annonceurs : "Je veux un blog sur le site" ou encore : "Il nous faut mettre en place un flux RSS". Là encore le moyen se confond sans discernement avec l'objectif, souvent pour le pire. Car après tout, pourquoi avoir un blog sur la vie de votre entreprise si vous n'avez personne qui souhaite s'exprimer (ou en tous les cas, personne n'ayant quelque chose d'intéressant à dire) ? Pourquoi mettre en place une vidéo en communication institutionnelle, si tout ce que vous avez à montrer est un des dirigeants de votre entreprise, mal à l'aise, lisant un communiqué de presse ? Finalement, qu'est ce que cela peut vous apporter ? Résistance et pragmatisme ! Comme il y a 7 ans, il faut que les stratèges de la communication gardent les pieds sur terre et fassent une remise à plat de leurs plans: "Quels sont mes objectifs en termes de communication en ligne ? Quels sont les outils que j'ai à ma disposition pour y parvenir ? Quels sont les coûts que je peux assumer dans ce contexte ?" Ils n'auront pas la tâche facile, d'autant plus que certaines agences un peu gourmandes n'hésitent pas à bourrer leurs projets de ces nouveaux services si appétissants, même lorsque leur valeur ajoutée finale laisse à désirer. Le bon communiquant saura donc garder la tête froide contre vents et marées, et quant il le faut garder ses ressources disponibles pour développer des services plus classiques, mais au fond plus riches, plus stratégiques et plus appropriés. .... Pourquoi ne pas commencer par un bon référencement par exemple ?
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Une bulle 2.0?
(Philippe GRANDFOND)A l'heure où les technologies du Web 2.0 sont sur toutes les lèvres, on peut parfaitement assimiler leur utilisation à un effet de mode. En dehors des petites dérives sur les projets s'y rattachant, je suis le premier à croire en une probable Bulle 2.0, tout en espérant au fond me tromper.
Le problème n'est pas tant qu'on use de ces artifices, tant qu'un budget n'explose pas inutilement. Or, face à ces coûteux projets de partage vidéo, on peut douter de la réussite de tous leurs investisseurs (10/05/2007)
Une nostalgie du marketing des années 80
(christian guignot)C'est juste et très bien vu.
Il y a toujours une nostalgie du marketing avec la folie des moyens des années 80 et début 90, après ça a été plus dur.
On voit bien que les opportunités extraordinaires offertes par la techno d'aujourd'hui font fantasmer et réveillent les paillettes ; merci pour ce très bon rappel au réalisme et au centrage sur le résultat et le pragmatisme. (11/05/2007)
Les risques d'une utilisation non controlée
(Youss)Ces réflexes se retrouvent dans de nombreuses entreprises et organisations où l'on pense la communication uniquement en terme de moyens sans avoir bâti au préalable une stratégie cohérente, un plan de communication etc. Ainsi une utilisation non controlée et passive de ces nouveaux outils peut très vite devenir dangereux pour l'entreprise qui ne les maîtrise pas, notamment en cas de crise où la gestion de la communication (en ligne) est plus que vitale. (13/05/2007)
les directions de la communication ne peuvent plus faire sans les DSI et réciproquement
(Jean-Laurent RILLY)Votre propos est juste, j'y ajouterai la nécessité de mettre les récentes évolutions de l'Internet au coeur des enjeux d'alignement IT/Métier des grands investisseurs auxquels vous faites allusion. En effet les directions de la communication ne peuvent plus faire sans les DSI et réciproquement. Le web 2.0 devient alors un terrain pour lancer des projets maitrisés en interne où l'outil technologique sert un objectif de communication (15/05/2007)
Un vivier d'idées formidables
(Yann Sauvageon)Je relativiserai le propos. Effectivement les outils web 2.0 ne doivent pas être adoptés sans réflexion préalable sur leur contribution aux objectifs du site.
Je pense pour autant qu'ils représentent un vivier d'idées formidables pour redynamiser les sites, fidéliser et améliorer la relation client.
Un exemple frappant est le site Idea Storm lancé par Dell. En reprenant le principe de Digg, Dell ouvre un espace participatif pour améliorer le service et le support. (25/05/2007)
Web 2 : Un vivier d'idées formidables
(David COHEN)D'accord avec cette réaction.
L'explosion créative Web 2.0 doit rencontrer des communicants expérimentés (ils ont vécus la bulle 1.0, ils sont veilleurs).
Leur expèrience leur permet de donner de bons objectifs (vente, fidélisation, audience, notoriété, networking...) à des médias/outils nouveaux avec la part de risque que cela comporte. Et je sais que certains outils se sont lancés sans objectifs. Le Web 2.0 est un tournant d'Internet (il y en aura d'autres)... (07/06/2007)
Les blogs sont déjà en perte de vitesse
(Stephanie Moret)Il faut aussi distinguer les préoccupations et spécifités du BtoC d'avec celles du BtoB, qui rendent certains moyens plus adaptés au premier qu'au deuxième - voir les blogs ou podcasts par ex. Il y aura évidemment un tassement voire une épuration des différents moyens mis à notre disposition, si ce n'est pas de fait une évolution ou un mélange de certains moyens jusqu'à lors bien distincts. Un process on ne peut plus classique, regardons les blogs par exemple qui sont déjà en perte de vitesse (05/06/2007)
Servir le produit
(Pierre LABORDE-BRANA)Certe, il y a plus de nouveaux blogs que de nouveaux blogueurs mais certains effets de modes entrent directement dans le référencement. Si l'utilisation de certains de ces outils doit permettre à l'entreprise de suivre le mouvement, de se différencier, d'occuper la place pour l'instant vacante, cela doit se faire avec un but précis : servir le produit. Mais pour être vu il faut être le premier, malheureusement pas forcément le meilleur. Et quand on est le premier, on est forcément vu. (15/06/2007)