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LA TRIBUNE DE PIERRE GATTAZ
L'AUTEUR
PIERRE GATTAZPrésident, FIEN La nouvelle France industrielle entre libéralisme et volontarisme industriel
Il y a près de 2 000 ans, Sénèque disait : « Il n’y a pas de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va ». Après l’élection présidentielle de 2007, la France doit maintenant trouver les nouveaux moteurs de sa croissance et pour cela développer ce qui a le plus manqué dans cette campagne : une vision du futur économique.
(01/06/2007)
La société hyper industrielle se construit aujourd'hui ...
En Corée (taux de chômage 3.5%), 95 % de la population sera bientôt équipée de réseaux à très haut débit, grâce à des plans nationaux ambitieux tels que « IT 839 » (8 services, 3 réseaux, 9 technologies), promu par le ministère de l'information et de la communication. En Chine, de vraies politiques industrielles sont en marche depuis 20 ans, couronnées de succès, l'objectif étant d'acquérir l'autonomie voire le leadership planétaire dans des secteurs jugés stratégiques (agro-alimentaire, énergie, télécoms, spatial, électronique, automobile, ...) Les États-unis dont l'environnement social et fiscal est « le plus libéral qui soit », n'hésitent pas à financer massivement, à travers des « agencies », « departments » ou « initiatives », la R&D dans tous les domaines. Citons parmi tant d'autres la Défense (134 Mrds$ en 2006), le Homeland Security (5 Mrds$ ), le Networking and Information Technology (2,3 Mrds $), la National Nanotechnology Initiative (1,8 Mrds $), ou encore le National Institute for Health (100 M$ par an sur 3 ans). Enfin en France même, il est extraordinaire de voir comment le général de Gaulle, suivi du président Pompidou, avait engagé, il y a 50 ans, une vraie politique industrielle, visionnaire pour la France dans des secteurs aussi divers que le nucléaire, l'aéronautique, les télécoms, le ferroviaire, l'armement, le spatial. Les objectifs étaient clairement identifiés, adossés à des marchés intérieurs et des infrastructures indispensables au développement du pays. Des centaines de milliers d'emplois qualifiés avaient été créés, ainsi que des pôles d'excellence industriels et techniques encore mondialement reconnus quarante ans plus tard ! Cette vision a entraîné le marché, qui a tiré l'économie, qui a créé richesses et emplois. Remettre le bateau à flot ...
Il faut enfin continuer et encourager la réforme du système de recherche français débuté en 2005. Ce qui a été fait était nécessaire mais reste encore insuffisant. ...et lui donner un cap : une politique de grands programmes ciblés qui permettra de réduire la dette Au delà du développement de la compétitivité structurelle, la France doit Autant de projets qui induisent inévitablement la mise en oeuvre de produits, systèmes, infrastructures, services et technologies révolutionnaires. La Filière Électronique et Numérique française est capable de les concevoir, de les fabriquer en partie et de les exporter, générant ainsi une nouvelle croissance. Cette nouvelle vision économique et industrielle doit être une mission prioritaire de ce nouveau cycle présidentiel. Idéalement, cette démarche devra être initiée au niveau de l'Union Européenne, mais la France pourra en prendre l'initiative et montrer la voie, comme elle a su le faire dans le passé. Cette vision permettra de redonner une ambition à notre pays et un sens à nos actions collectives. Elle seule permettra de retrouver une place de leadership industriel et technologique, de retrouver une fierté nationale, et surtout de créer de nouvelles richesses et de nouveaux emplois dans les communautés de chercheurs, universitaires et industriels qui y seront associés, pour les jeunes et pour les seniors.
ESPACE AUTEUR
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La France n'a pas de stratégie
(Bernard ODIER)Bravo, totalement d'accord.
On peut se demander pourquoi est ce que nos hommes (et femmes) politiques n'ont aucune vision économique de long terme. En fait, la France n'a pas de stratégie: c'est assez préoccupant. J'ai une autre citation, qui est peut être plus ancienne que Senèque. (01/06/2007)
La nouvelle France industrielle entre libéralisme et volontarisme industriel
(arch)pour rendre nos entreprises compétitives et arrêter l'hémorragie des délocalisations, il faut :
- soit diminuer les charges (voire l'Espagne)
- soit augmenter les taxes d'importation pour les pays d'Europe à faible coût de m.o.,
et surtaxer tout ce qui vient des pays à faible. (coût de m.o. Hors Europe.)
Maintenant prétendre que la France mène une politique libérale... est une utopie !, la France devient (hélas) un pays de Libertés Surveillées. (04/06/2007)
Un projet plutôt que des plaintes
(Anonyme)Ca fait 20 ans que tout le monde le dit (depuis le dossier de la 'fuite des cerveaux' sous Giscard puis Mitterand). Je suis d'accord pour dire que la répétition est la clef de la pédagogie, mais est il encore utile de le rappeller.
J'aimerai tant voir la maturation d'un projet sérieux (qui tenterait au moins de faire renouer la France avec l'équilibre) plutot que des plaintes. (11/06/2007)
Plus de stratégies économiques
(brandu)Il y a déjà longtemps que les états n'ont plus de stratégies économiques. Ce sont les grands groupes qui proposent les actions nouvelles qu'ils savent mettre en oeuvre. Ils demandent aux états d'assurer les commandes en organisant divers remboursements sous forme de déductions fiscales ou envoi de chèques. Les états participent aussi en édictant des normes de sécurité qui obligent à l'achat de matériels. (11/06/2007)