Comme quoi, l'argent ne fait pas (durablement) le bonheur ... lorsqu'il vous brûle les doigts !

Dennis Rodman, hier star de la NBA, aujourd'hui ruiné et malade. Comment peut-on expliquer la trajectoire de ces sportifs passant de la lumière à l'ombre en quelques années ? Que faut-il faire ? Encadrer leur rémunération ou mieux les accompagner ?

Hier star de la NBA, riche à millions grâce à de juteux contrats signés successivement avec les Pistons, Spurs, Bulls, Lakers et les Mavericks (rien que ça !), l’avocate de Dennis Rodman a annoncé dernièrement que son client serait ruiné et frappé par la maladie. Grandeur et décadence pour celui qui fut intronisé au Hall of Fame, 12 août 2011. A en croire Sports Illustrated, Dennis Rodman est loin d’être une exception. Près de 60% des anciens joueurs de NBA seraient ruinés cinq ans après leur retraite sportive. Attention, ne croyez pas qu’il ne s’agisse là que des excès du système américain ! Bien d’autres sportifs dans le monde ont connu, connaissent et connaîtront des situations aussi extrêmes et dramatiques, ce qui devraient nous amener à nous questionner sur les causes du problème. C’est désormais un fait, les compétitions sportives sont devenues des spectacles générant l’intérêt de « Mr et Mme Toutlemonde », donc mécaniquement les diffuseurs et les annonceurs. Par conséquent, la valeur marchande de l’événement sportif n’a cessé de croire et il est pour le moins logique et juste que l’individu sportif en tire profit. Et pourtant, le revenu d’un seul contrat de ces stars du sport business suffirait théoriquement à les mettre à l’abri du besoin. C'est bien là tout le paradoxe pour ces sportifs parfois millionnaires très jeunes, donc vulnérables voire sous influence, le plus souvent sans "grand frère" les aidant la tête sur les épaules. Au risque d’être caricatural, la plus part de ces « victimes » du système ont logiquement aligné (à l’excès) leur niveau de consommation sur leur niveau de rémunération, sans réellement anticiper ce que l’on a coutume d’appeler « la petite mort », à savoir la retraite … accompagnée d’un effet ciseau : réduction sensible du des revenus, mais imposition toujours élevée auquel s’ajoute fréquemment le poids des pensions alimentaires, car nombreux sont les sportifs ayant divorcé (parfois plusieurs). Dans le cas de Dennis Rodman, c’est plus de 800.000 $ qu’il doit désormais à sa troisième femme, au titre notamment de la prestation compensatoire et de la pension alimentaire pour ses deux enfants, calculées sur son passé de millionnaire.

Cyniquement, on pourrait se dire : « finalement, ils gagnent trop d'argent, trop tôt, nous n'avons qu'à limiter leurs revenus ». Quelque part, la proposition de François Hollande de taxation à 75% au-delà du million de revenus peut s’apparenter à ce type de réflexion qui ouvrerait alors d’autres questions : quel doit être le salaire « plafond », dans l’intérêt du sportif ? Mais alors, ne faudrait-il pas alors limiter la rémunération d’autres professions ? Plus simple et moins politique, surtout en cette période d’élections, on peut aussi imaginer une solution qui consisterait en une élévation généralisée (parce que certains le font déjà) du niveau de compétence et de service des agents de sportifs, en termes d'accompagnement. Encadrer/règlementer encore plus cette profession est déjà une idée qui circule à Bruxelles. A l’instar de la profession d’architecte par exemple, dont la responsabilité traverse les âges voire même les générations, pourquoi ne responsabiliserait-on pas ces agents de sportif sur le long terme, pour les inviter à aller au delà du "cash immédiat" généré par un gros transfert, où l’intérêt économie peut supplanter l’intérêt sportif ? En commanditant plusieurs études portant sur la profession d’agents, la Commission Européenne a ouvert le débat, reste à savoir ce que le Parlement Européen souhaitera en faire ...

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